Mardi 17 novembre 2009
Une face B des Wild Beasts ? J'en connais qui se damneraient.



Un bonheur n'arrivant jamais seul, "on" nous apprend qu'un album solo de Fyfe Dangerfield est en route - et un autre des Guillemots derrière.



A part ça : relecture d'épreuves de Big Fan ces jours-ci (on touche au but), Les Mendelson 3 / premier jet rendu hier (on ne touche pas encore exactement tout à fait vraiment au but réel et définitif à mon avis), plongée finale dans Après (...) et, bientôt, ré-écriture d'un one-shot Albin/Wiz étrange dont j'espère pouvoir vous dire plus prochainement.



Je découvre avec une joie effarée que Pacôme Thiellement est le fils de son père (qui est très gentil, comme en témoigne sa récente critique d'Or not to be au sujet de laquelle dont je n'arrive plus à retrouver le lien d'içelle ). Effarée, la joie.



Angers aujourd'hui, Cluses après-demain : c'est la semaine de la bougeotte et des causeries dans les classes.



Mais ça pourrait être pire : je pourrais être en train de lire ça :

http://www.decitre.fr/gi/61/9782742786961FS.gif
Par F/.
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Lundi 16 novembre 2009
... et qui veulent des infos up-to-date, je suis aussi sur twitter.
Par F/.
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Lundi 16 novembre 2009
Par F/.
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Samedi 14 novembre 2009
http://pics.livejournal.com/twoflower/pic/00022wcz
Par F/.
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Vendredi 13 novembre 2009
http://www.bagodwa.com/blog/wp-content/uploads/45/bonnet.jpg

Il faut, pour commencer, se féliciter chaudement que Les orphelins de Naja (Mango) de Nathalie Le Gendre et Je suis ta nuit (Intervista) de Loïc Le Borgne aient finalement été réintégrés dans la sélection du Prix des Ados de la ville de Rennes, suite à une volte-face du Conseil général, de la Ville et du CRDP qui les avaient précédemment écartés. Ladite sélection, qui comporte dix romans, étant effectuée par les ados eux-mêmes, la mise à l'index des deux titres pré-cités constituait une atteinte inadmissible à l'esprit même du prix et, affirmons-le, témoignait à l'égard des votants d'un bien surprenant mépris. Aux collèges, maintenant, de jouer. L'ambiance risque d'être intéressante.



Rappel : la Loi de 1949 (Vincent Auriol, quand même) sur les publications pour la jeunesse stipule, dans son article 2, que "les publications visées à l'article 1er ne doivent comporter aucune illustration, aucun récit, aucune chronique, aucune rubrique, aucune insertion présentant sous un jour favorable le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche ou tous actes qualifiés crimes ou délits ou de nature à démoraliser l'enfance ou la jeunesse, ou à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques." Le principal problème, évidemment, réside ici dans l'emploi du verbe "démoraliser". Appliquée à la lettre, l'injonction pourrait permettre de faire disparaître de la circulation un saisissant pourcentage des romans jeunesse actuellement publiés en France. La reformuler ne serait pas un luxe ; la faire disparaître purement et simplement me paraît inconcevable.



La page facebook consacrée à "l'affaire" soulève d'emblée deux épineux problèmes, de par sa formulation même : le mot "censure", employé ici dans une acception forcément négative (personne ne songerait, par exemple, à contester le rôle positif d'une commission de censure interdisant l'accès d'un film pornographique à une certaine classe d'âge) et la dénomination "prix Ado", qui ne renvoie à rien ni à personne en particulier. Les deux problèmes sont liés. Ils renvoient le lecteur à ses instincts infantiles. En ignorant les nuances et les précisions les plus élémentaires, les supporters de la cause, aussi juste soit-elle, stigmatisent un adversaire aux contours mal définis, quitte à affiner par la suite - si on y pense. En niant la nécessité de ces précisions, ils pratiquent l'amalgame facile type "bon sens près de chez vous" et font le lit d'un anti-intellectualisme primaire dont des scientifiques tels que Korzybski ont démontré depuis longtemps le réel danger. En 2007, certains auteurs de SF, inquiets de la probable victoire de Nicolas Sarkozy, se sont plu à présenter ce dernier comme un immonde dictateur, avec le succès que l'on sait. J'en parle d'autant plus facilement que je suis tombé dans le panneau, comme un bleu. On ne m'y reprendra plus  : attaquer l'ennemi à la massue, c'est courir le risque de s'écrabouiller les orteils. Construire une argumentation rationnelle basée sur des faits avérés, en revanche, demande du temps et des efforts importants. Ne cherchons pas plus loin.


 
Demander aux facebookiens de choisir, en substance, entre la liberté (ou la démocratie, ou n'importe quel mot sympatoche) et l'obscurantisme, c'est non seulement les prendre pour des imbéciles uniquement capables de réagir en mode binaire, mais ôter toute chance à un débat de se tenir - débat dont les implications auraient pourtant été autrement passionnantes. Qui décide de quoi, dans ce prix ? Qui finance quoi ? Qui a le contrôle sur qui ? Pourquoi laisser passer un livre en première sélection si c'est pour le retirer ensuite ? Quel est le rôle du diocèse ? Des librairies ? Des collèges ? De quelle façon les ados seront-ils mis au courant de ce qui s'est passé ? Sur quels critères se base-t-on pour affirmer qu'un livre est de nature, ou pas, à choquer les convictions et les sensibilités, à générer des doutes chez les jeunes ou des protestations des familles ? Doit-on seulement s'en soucier ? De tout cela, visiblement, les adminsitrateurs de la page n'ont que faire. C'est leur droit. C'est bien dommage. Les livres ont été réintégrés, merci de votre soutien, liberté, liberté chérie et maintenant, circulez.


 
Toujours sur la même page, Xavier Dollo, libraire à Rennes (et par ailleurs auteur, et garçon éminemment sympathique) laisse éclater une saine colère : L'inspection académique a donc purement et simplement écarté ces deux titres choisis PAR LES JEUNES LECTEURS. La raison ? L'un écorne un peu plus une image déjà écornée d'une institution religieuse bien connue (et qui tire les ficelles des marionnettes du Prix Ado). Stop, arrêt sur image. Ici, de deux choses l'une : soit Nathalie et Loïc sont d'accord avec ça - et si c'est le cas, je ne vois pas au nom de quel principe ils peuvent ne serait-ce qu'envisager de laisser leur livre en sélection - soit ils ne le pensent pas et dans ce cas, pourquoi ne pas le dire ? D'autant que Xavier en remet une couche un peu plus loin : Parce que, oui, nous vivons dans un pays qui refuse l'ouverture d'esprit, qui nie la diversification et le dialogue... alors, nous voulons faire de nos enfants des Sourds/Muets/Aveugles ; désormais, nous devons juste leur apprendre qu'ils vivent dans un monde de Bisounours, dans lequel le Mal n'existe pas, dans lequel les Hommes et les Femmes sont tous des gentils qui se câlinent à longueur de journée... bref, faisons de nos enfants des légumes !
Prenons mon petit cas personnel : au cours de huit dernières années, j'ai écrit, pour cinq éditeurs jeunesse différents, un livre où des gens meurent dans des chambres à gaz, deux autres où des ados se suicident, un troisième mettant en scène un personnage homosexuel fumant de l'herbe - j'ai écrit des scènes de torture explicite, des scènes de sexe et de beuverie, des scènes d'explosions nucléaires, j'ai fustigé Dieu, j'ai mis en scène Adolf Hitler, j'ai présenté des fillettes mordant dans un rat vivant, des personnages mourant de cancers, des personnages perdant la raison suite à des douleurs psychiques trop intenses et bizarrement, la Police de la Pensée n'a toujours pas débarqué : ils ne doivent pas avoir les codes.



"Dans l'enseignement catholique, nous apprend le site de Ouest France, c'est le livre de Nathalie Le Gendre qui a posé question : « il est de nature à percuter les jeunes dans leur perception du monde des adultes et de l'Église, » explique Jean-Loup Leber, directeur départemental de l'enseignement catholique." Et "percuter" serait un problème ? Voilà qui est intéressant. Et le directeur de poursuivre : « Ce roman renvoie à l'idée d'une Eglise où la pratique de la pédophilie est courante [assertion assez absurde : on est dans un monde de science-fiction]. La question est quelle vision du monde on propose aux jeunes de moins de 14 ans ? J'ai laissé le choix aux collèges privés d'y prendre part, à condition que les jeunes soient très accompagnés dans leur lecture, ou de participer de manière non institutionnelle, à partir d'une sélection de neuf romans. » Le plus embêtant, dans cette affaire, c'est que monsieur Leber semble penser que les enseignants et les documentalistes, en temps normal, n'accompagnent pas les ados dans leur lecture. Autre souci : les collèges privés et les collèges publis ne vont pas participer de la même manière au prix (de toute façon, on voit mal par ailleurs quel contrôle pourra être exercé sur ledit accompagnement).
Bref : une mauvaise blague, de celles qui ne font pas rire, mais dont les auteurs sont fiers quand même. A suivre ?


Par F/.
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Vendredi 13 novembre 2009
Il y aurait beaucoup à écrire sur The Box : un film monstre, boursouflé, parfois maladroit, souvent sublime, accompagné d'une musique de Win Butler à la Bernard Herrmann assez somptueuse. Richard Kelly serait-il le fils caché (et cinéphile) des frères Wachowski et de David Lynch ?
J'ai regardé The Box dans un état de tension permanent, fait assez inhabituel chez moi.
Le temps me manque hélas pour en raconter plus. Disons : Donnie Darko avec du fric, et tout ce qu'implique ce fric. Disons aussi : un film intensément générationnel.
Richard Kelly est un sale gosse, dans le meilleur sens du terme. Une sacrée promesse pour les années à venir.



Pierre Bottero : un hommage sera tenu au salon du livre jeunesse de Montreuil, dimanche 29 de 14h à 15h (plage horaire initiallement dévolue à son pas de deux avec Erik Lhomme).
La salle sera trop petite, raison de plus pour venir.
Par F/.
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Mercredi 11 novembre 2009
Un autre livre ressort en poche :

Par F/.
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Mardi 10 novembre 2009
Nuit de merde, semaine poisseuse, 300 mails en retard, gastralgie récurrente : je me noie dans le boulot.
Belle soirée hier quand même, chez les Moorcock : exactement ce dont j'avais besoin. Derrière son portable, Linda nous surveille. Il est 8 heures, elle dépose une assiette de crackers sur la table basse : "c'est parce qu'on travaille bien ?" demande Mike. "Non, c'est pour que vous arrêtiez de prononcer les mots "alligator géant". Plus tard, l'un des deux chats vient renifler mon cahier de notes puis se love entre les jambes du maître de maison. "He probably thinks he's helping", dis-je. Mike sourit : "I really think he is." Au restaurant, L & M me parlent des Hells Angels, de la période moto de Mike, de sa période 70's chevelu, de Hawkind, de Lemmy de Motorhead, de leur rencontre, de Wall-E, d'Agadir, des Pixies. Quel couple merveilleux. Quels gens superbes et tendres. Nous avons fini de travailler sur le synopsis du premier roman, le reste se fera par mail : les Moorcock repartent bientôt pour le Texas et ne reviendront qu'au printemps, je les ai serrés dans mes bras, dans les mails de Mike, "love" a remplacé "as ever." Une grande joie pour finir : les Moorcock ont enfin trouvé un appartement à Paris. Les choses vont être beaucoup plus simples maintenant.



Mais évidemment, je ne cesse de penser à Pierre, à la brutalité stupide de sa disparition, à sa femme et à ses filles, à tous ces livres qui ne seront jamais écrits.
Il n'y a pas moyen de réfléchir à ça.
Par F/.
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Lundi 9 novembre 2009
J'apprends il y a quelques instants la disparition de Pierre Bottero. Un putain d'accident de moto à la con. Le genre de truc qu'on refuse en bloc. C'est pas qu'on ne peut pas le croire : c'est qu'on ne peut pas. Un ami s'en va, un complice, un monsieur au talent immense et un type, pour de bon, que tout le monde adorait. Qui a déjà trouvé une chose méchante à dire sur Pierre ? Je sais, ça fait cliché. Mais demandez autour de vous. Impossible. Pierre était la gentillesse et la classe incarnées. Des centaines de milliers de livres vendus, une humilité sans faille, un maître pour nous tous. Nous nous voyions très peu mais il faisait partie de ces gens que vous pouviez retrouver après six mois ou un an sans nouvelles et avec lesquels vous pouviez plaisanter comme si vous veniez de les quitter cinq minutes auparavant. Il devenait venir à Montreuil, où l'attendaient des cohortes de fans. Ah, les files d'attente devant ses livres, qui n'arrivaient même pas à nous rendre jaloux ! J'étais heureux de ce qui lui arrivait. Il va laisser un vide impossible à combler. Quelques souvenirs : il y a onze mois à la Réunion - lui sur notre terrasse, à boire une bière, la veille du départ. Ses chemises blanches, son humour délicieux, ses sourires continuels. Jamais vu un type sourire autant, je crois. Nullement avare de conseils. "Ne va pas à tel salon. C'est des nuls." Un jour, il nous avait indiqué un petit trou d'eau, derrière des falaises de basalte, un endroit que personne ne connaissait : piscine d'eau de mer en plein soleil, totalement isolée à l'abri des déferlantes. Comment avait-il trouvé ça ? Une autre fois, nous avions plongé ensemble. Je m'étais ouvert le ventre sur une branche de corail. On est sortis, je pissais le sang. Sourire de Pierre à ma femme : "bof, il s'est fait attaquer par un requin." Même pas le coeur de boire un coup à sa santé. So long, copain.
Par F/.
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Samedi 7 novembre 2009

"The cult author who visited the famous Librairie Scylla five years ago is now back to see us. The signing can not last longer than the announced two hours, we will ask you to limit signings to one book per person [une recommandation contestée par Linda Moorcock en personne, qui affirme que vous pouvez apporter autant de bouquins que vous le souhaitez. Oh, well, nous verrons bien]". En attendant, c'est bien aujourd'hui que ça se passe, à 17 heures (et des poussières). Ainsi que le précise Mike sur son site : "We should be there easily by 5 but if not will be only a little late. [...] My friend and collaborator Fabrice Colin should be with me, too! Also there's a chance that the legendary Cpt Fromental will also be with us ! "Cult" ? Always sounds a bit like A. Crowley. Virgins sacrificed nightly at twelve. Eight slabs, no waiting." Entre autres merveilles, Jean-Luc Fromental est l'éditeur de La Genèse illustrée par Crumb et récemment publiée par Denoël Graphic. Viendez en masse.

http://www.ilmc.com/20/images/stories/ILMC20_Images/crumb.jpg

Par F/.
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