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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

en avant la musique

Publié le 24 Novembre 2014 par F/.

en avant la musique

Deux films musicaux ce week-end. Dans Frank, de Lenny Abrahamson, Jon, un jeune songwriter solitaire, intègre presque par hasard un groupe de rock complètement foutraque (les Flaming Lips de The Terror, à côté, c'est les One Direction), mené par l'énigmatique Frank, affublé d'une tête de personnage de cartoon dont il ne se sépare jamais. Frank est cinglé, les autres membres du groupe (l'une des filles est jouée par la grandiose Maggie Gyllenhaal) présentent tous un désordre psychotique grave et tout ce joli petit monde part bientôt enregistrer un album en Irlande, dans une maison de campagne complètement paumée. Crise créative, disputes incessantes, menaces larvées, suicide - tout y passe mais Jon s'accroche. Il veut savoir ce qui se passe sous la grosse tête de Frank, génie autiste tout entier habité par sa musique. Largement inspiré de la vie de Chris Sievey, qui possédait en la personne de Frank Sidebottom un avatar macrocéphale, mais aussi, dans une moindre mesure, par celle de Daniel Johnston, Frank est l'un des films les plus étranges qu'il m'ait récemment été donné de voir. Mélancolique, hérissé plus qu'émaillé d'effrayants morceaux de bravoure, y compris musicaux (on navigue entre les Doors et Godpseed), il laisse une impression d'émerveillement et de tristesse durable.

On ressent des émotions comparables, quoique subtilement différentes, au visionnage de Searching for Sugar Man, qui raconte comment des fans sud-africains se sont lancés sur la trace de Sixto Rodrigues, génie pop 70's que certains producteurs n'hésitent pas à comparer à Dylan - musicien totalement oublié aux USA mais jouissant, en Afrique du sud, d'une popularité équivalente à celle d'Elvis Presley. Là-bas, on pense que Sixto est mort sur scène, et qu'il était très connu dans son pays. Je ne vous raconte pas la fin, elle vaut son pesant d'or. L'histoire n'est peut-être pas tout à fait aussi incroyable que ses protagonistes veulent bien le dire, la musique de Sixto Rodriguez, si elle tutoie souvent les cimes, n'est peut-être pas aussi fabuleuse que le prétendent certains (ses deux albums contiennent au moins une demi-douzaine de pépites, cependant) mais le film, superbement monté, alternant interviews, extraits vintage, clips improvisés et rêveurs, est un vrai morceau de bravoure qui m'a plusieurs fois mis les larmes aux yeux. Sixto, à sa façon, est aussi cinglé que Frank, tout aussi étrange et tout aussi beau.

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juko 24/11/2014 10:31

ce dilemme entre cinglé/créatif totalitaire et relations avec l'entourage m'a toujours personnellement beaucoup questionné