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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

fondu au noir

Publié le 7 Décembre 2014 par F/.

fondu au noir

Tout est trucage : Woody Allen pleure l'inexistence de la magie. Ses derniers films (et ses dernières interviews) sont non seulement assez déprimants - après tout, c'est sa marque de fabrique - mais aussi dépourvus, à de rares exceptions près, de l'humour pétillant, de la verve tongue-in-cheek tour à tour féérique et féériquement geignarde qui en faisaient tout le sel. Le problème de Magic in the moonlight, son dernier film, c'est qu'au delà de sa lourdeur et de ses clichés, il se résume à une démonstration par l'absurde : la proclamation affligée, via le personnage joué par Colin Firth, d'un existentialisme athée à laquelle le réalisateur n'oppose, de façon très caricaturale, que l'imbécilité des crédules. Le Cap d'Antibes en 1928, c'était les Murphy, les Fitzgerald, Picasso et bien d'autres - , une ère tragique et sublime, un crépuscule sophistiqué baigné d'or et de blue smoke. De ce bouillonnement, Woody Allen n'a tiré que quelques cartes postales falotes, quelques tirades sans conviction, et les acteurs traînent leur peine le long d'une histoire cousue de fil blanc. Si l'amour gagne à la fin (on le sait dès le titre), c'est une victoire à la Pyrrhus, morne et désenchantée, une défaite en soi. Le jazz fatigue, les étoiles sont rares. Nous continuons de regarder les films du vieux singe de Brooklyn par habitude, avec l'espoir de plus en plus ténu que la mémoire lui reviendra un jour : la vraie magie se niche dans l'art.

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