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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

london calling

Publié le 17 Avril 2015 par F/.

london calling

C'est l'histoire d'une femme qui prend le train chaque jour. 8h04, Ashbury-Euston. C'est l'été, l'air est moite. Rachel - elle s'appelle Rachel - observe les maisons de banlieue lorsque le train est à l'arrêt. L'une d'elle, tout particulièrement, attire son attention ; elle abrite une sorte de jeune couple idéal. Rachel regarde, imagine. Ce que sont ces gens, ce qu'ils font. Elle s'invente une histoire, comble les trous, embellit les détails. Jusqu'au jour où un autre homme arrive et enlace la jeune femme. Jusqu'au jour où la jeune femme disparaît. Rachel, c'est vous, c'est moi, Rachel, c'est l'ingénue ballotée, la curieuse jamais satisfaite, celle à qui l'on ment, celle qui veut savoir : une lectrice compulsive qui serait prête à tout pour entrer dans l'histoire.

J'ai commencé La Fille du train un soir, je l'ai fini le lendemain alors que j'avais autre chose à faire, je l'ai dévoré, à vrai dire, dans un état de fébrilité tout à fait anormale, comme le moine du Nom de la Rose qui ne peut s'empêcher de tourner les pages enduites de poison parce que sa curiosité est plus forte que sa raison. Le roman de Paula Hawkins est un piège, une mécanique redoutable dont on s'évertuera en vain à percer le secret. Il fait de vous un voyeur. Il fait de vous un grand lecteur malade. Aux États-Unis, depuis sa sortie il y a quelques semaines, il occupe la première place des ventes et ne laisse personne s'approcher. Deux millions d'exemplaires en ont déjà été écoulés, Spielberg a acheté les droits, etc. Tiendrait-on là le nouveau Gone Girl ? Il y aurait beaucoup à écrire, sans doute, sur ce que ce fulgurant succès révèle de la psyché occidentale. N'étant pas sociologue, je ne le ferai pas. Je ne sais qu'une chose. L'imagination est un petit carnivore insatiable que l'on peut rendre complètement cinglé en agitant devant sa cage des morceaux de viande de plus en plus appétissants. Puis en ne lui donnant plus rien. Plus en le gavant soudainement. Puis en lui retirant tout d'un coup. Que vous le vouliez ou non, ce carnivore fait partie de vous. En règle générale, il est difficile de prendre les blurbs du genre "si vous ouvrez ce livre, vous ne le refermerez plus avant de l'avoir terminé" au sérieux. Mais toute règle, on le sait, recèle une exception. Avec La Fille du train, Paula Hawkins invente le livre sadique. Le lecteur étant, par essence, un grand masochiste qui s'ignore, je peux vous promettre des heures d'un plaisir incomparablement coupable.

Ça sort dans deux semaines. Chez Sonatine évidemment.

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Léa Touch Book 03/07/2015 21:43

J'ai beaucoup aimé ce livre, il sort de la norme des polars habituels :)