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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

vers l'infini et au-delà

Publié le 19 Juin 2015 par F/.

vers l'infini et au-delà

"Où sont vos plaisanteries maintenant ? vos escapades ? vos chansons ? et ces éclairs de gaieté qui faisaient rugir la table de rires ? Quoi ! plus un mot à présent pour vous moquer de votre propre grimace ?" C'est dans les entrailles de la scène 1 de l'acte V du Hamlet de Shakespeare que feu David Foster Wallace a déniché le titre de son magnum opus, Infinite Jest (L'Infinie comédie en VF), commencé "plus ou moins" en 1986 et publié dix ans plus tard chez Little, Brown - un roman monstre dont la traduction française, annoncée depuis une bonne décennie, arrive enfin en septembre. Lucides, les éditions de l'Olivier ont commencé par envoyer aux journalistes les épreuves des 200 premières pages (le livre final devrait en compter 7 fois plus). J'y ai retrouvé la tirade mirifique qui m'avait tant plu au moment de la sortie américaine : "Dieu semble avoir un mode de gestion laxiste dont je ne suis pas fan" - bref. Faute de mieux, je copie/colle le résumé de ce roman irréductible qui relève moins, à mes yeux, d'un improbable exercice méta-fictionnel que d'une ode hystérique et gargantuesque à la fiction elle-même, à l'essence même du personnage ("fiction's about what it is to be a fucking human being", répétait Wallace, qui a par ailleurs fini par se pendre) - la pochade mortellement sérieuse d'un Pynchon hilarant et dépressif qui n'aurait jamais eu la chance ou le malheur de voir se consumer les sixities : "Le lieu : l'Amérique du Nord (les U.S.A., le Canada et le Mexique ont fusionné pour former une fédération.) L'époque : le futur proche. La Société du spectacle a gagné, et la population hébétée par la télévision, les loisirs et la consommation à outrance ne songe plus qu'à se distraire. Le décor : une académie de tennis et un centre de désintoxication. Les personnages principaux: la famille Incandenza, qui rappelle la fameuse famille Glass des romans de Salinger, avec ses parents excentriques et ses enfants, géniaux - dont Hal, adolescent tennisman surdoué. Mais aussi un groupe de séparatistes québécois, « Les Assassins en Fauteuil Roulant », entrés en résistance. Ils convoitent une arme redoutable : une vidéo clandestine créée par le père Incandenza, L'infinie comédie, qui suscite chez ceux qui la regardent une addiction mortelle. Que dire de plus ? Ce livre risque de semer une infinie pagaille lors de la rentrée littéraire : les journalistes qui décideront de le lire sérieusement (j'en avais moi-même avalé 600 pages en V.O. il y a des années, avant d'abandonner pour je ne sais plus quelle raison - après quoi je m'étais envoyé le reste de sa production publiée en français chez les amis du Diable Vauvert) pourront difficilement se consacrer au reste, et il ne s'agit pas seulement d'une question de temps. Quand vous revenez d'un voyage sur la lune, est-ce que vous avez vraiment envie de refaire de la trottinette tout de suite ?

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