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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

bercé de tant d'insouciance

Publié le 4 Septembre 2015 par F/.

bercé de tant d'insouciance

Personne ou presque n'en parlera aujourd'hui - jour doublement tragique, où l'Occident semble redécouvrir pêle-mêle la guerre, l'horreur de ses causes et l'ignominie de ses conséquences - mais il y a tout juste cinquante ans, le 4 septembre 1965, Albert Schweitzer rendait son dernier soupir à Lambaréné (aujourd'hui au Gabon) à l'âge respectable de 90 ans. Théologien protestant affublé d'une moustache légendaire, musicien émérite, philosophe raisonné et, surtout, médecin sans répit, Schweitzer est né dans le magnifique et fort touristique village de Kaysersberg, à la limite supérieure du Haut-Rhin. C'est ainsi, moi qui traîne souvent dans la région, que j'ai fait en mon temps la connaissance de ce bâtisseur d'hôpital tropical forcément déroutant qui finançait ses "œuvres" africaines en donnant des récitals d'orgue en Europe, fut l'ami personnel d'Albert Einstein, se vit couronner par le prix Nobel de la Paix en 1952 mais que certaines figures locales, à commencer par le cinéaste camerounais Bassek Ba Kobhio, ne tenaient pas en très haute estime, dénonçant, nous apprend Wikipédia, son côté "autoritaire, paternaliste et méprisant." J'avoue que la facette "Tintin au Congo" de la personnalité d'Albert Schweitzer m'est à peu près inconnue : un bon tiers de sang alsacien coulant dans mes veines, mon sens critique est globalement anesthésié et surtout, je n'ai jamais, mea culpa, pris le temps de me pencher sérieusement sur la question épineuse du colonialisme bien pensant dont semble, en partie du moins, relever l'engagement du monsieur. A la lecture des Souvenirs de mon enfance, republiés ces jours-ci par Albin Michel et issus de séances psychanalytiques zurichoises remontant à 1923, j'ai néanmoins (re)découvert un humaniste déterminé, animé par de constants idéaux de bonté, et portant sur son enfance un regard qu'on devine empli de reconnaissance. "Le grand secret, explique ce cher Albert, consiste à traverser la vie avec une âme intacte." Ces chroniques de jeunesse, de la petite enfance à l'entrée dans l'âge adulte, exsudent des fragrances de passé enfui, idéalisé ; elles sont celles, surtout, d'un homme en perpétuelle recherche, perpétuelle reconstruction. Alors certes, la simplicité des convictions quasi angéliques de Schweitzer peut prêter parfois à sourire, mais le sourire n'est jamais loin de se muer en méditation rêveuse : aujourd'hui, après tout, on a BHL. Comme le chantait Noel Gallagher, "Where dit it all go wrong" ?

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