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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

givrés ?

Publié le 13 Janvier 2011 par F/.

L'emballement médiatique accompagnant la sortie d'un roman est, quand il existe, fatalement limité dans le temps - quelques semaines tout au plus pour un ouvrage jeunesse, ce qui n'est déjà pas si mal. Ce bouillonnement éphémère ne pourra, par la suite, être révitalisé que par une très hypothétique adapation cinématographique. En attendant, et comme pas mal de gens vous lisent, et comme pas mal de gens écrivent sur ce qu'ils lisent, un certain nombre de lecteurs n'aiment pas ce que vous faites. C'est statistique, c'est plutôt bon signe et personne ne vous force non plus à parcourir les critiques de la blogosophère (les critiques de la presse, elles, sont forcément laudatives, sans quoi elles n'existent pas). Parfois, vous tombez des nues : on me reproche, sur un blog, d'employer des mots parfois compliqués. J'espère que "dictionnaire" n'en fait pas partie. A contrario : si tout le monde vous félicite pour votre livre, c'est que personne ne le lit - personne en-dehors de vos parents et du cercle de vos fans habituel, s'entend, en admettant qu'un tel cercle existe. Cet univers est mal foutu. Tout ça pour dire que j'ai promis hier, si les ventes de Bal de givre à New York atteignaient un certain pallier (que je ne révélerai pas ici, mais des gens le connaissent, et je suis suffisamment idiot pour m'accrocher à ce genre de serments), de ne plus me couper les cheveux pendant un certain temps. Voilà, soeurs et frères de misère, où mène la consommation excessive d'alcool de nos jours. Nous vivons une bien triste époque.

 

 


 

 

Un petit livre merveilleux, un trésor à chérir, une lumière dans le brouillard : Les mêmes yeux que Lost, de Pacôme Thiellement, aux éditions Léo Scheer. L'auteur y déploie une érudition magique et fantasque pour expliquer en quoi la non-résolution de la plupart des intrigues "concrètes" de la série participe de son sujet même et place in fine le spectateur au coeur d'un dispositif libérateur. Vous n'avez pas vu Lost, pas aimé, pas terminé ? Donnez-lui une seconde chance. "Il s'agit toujours de savoir comment, à nouveau, raconter l'histoire." A la ville, Pacôme Thiellement est ce qu'on appelle un garçon formidable - plus proche du Vrai Père NoëlTM que de Michel Houellebecq, pour faire court. Il ne gémit pas, ne s'arrache pas les cheveux, ne vous explique pas que c'était mieux avant : il claque des doigts, et votre cerveau s'ouvre comme une fleur. Son livre coûte 15 euros mais il en vaut évidemment bien plus. Avec un peu de chance, et c'est tout le mal que je vous souhaite, vous ressortirez transfiguré de sa lecture.

 

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something for the week-end

Publié le 10 Janvier 2011 par F/.

Samedi matin : nous visitons un appartement tout près du Canal St Martin. Les enfants son ravis - il y a des pièces partout, des recoins, parfait pour jouer à cache-cache. La somme demandée, évidemment, suffirait à éponger la dette du Mozambique sur dix ans mais, hé, c'est Paris, quoi. Nous quittons les lieux. "Bon, ça ne va pas du tout," déclare ma femme. J'opine silencieusement. De toute façon, je suis nul en appartements. Pour nous consoler, nous allons manger dans un restaurant coréen. Voilà qui est fort punk de notre part. Quelques heures plus tôt, une amie chère m'avait envoyé un bouquin 10/18 sur les Parisiens. C'est tellement nous que c'en est presque écoeurant : nous sommes des clichés sur pattes, des archétypes ambulants, des méta-bobos en mal d'une illusoire singularité. La seule façon d'échapper à l'image que nous dégageons et qui nous emprisonne en retour, la seule façon de casser le moule, disons, à la Gurdjieff, ce serait de voter Marine Le Pen. Et encore. Le lendemain ? Nous allons au marché, bien sûr. Le primeur bio est pris d'assaut par les quadragénaires. Comme j'ai lu Faut-il manger des animaux ? de Jonathan Safran Foer (que j'essaie, à sa demande et sans succès, de joindre depuis deux jours via Skype) et que la réponse est, globalement, non, ou alors seulement des animaux très chers, nous ne nous arrêtons même pas devant le charcutier. Dans l'adaptation ciné imaginaire de mon existence, le Surmoi est interprété par un Jean-Claude Van Damme goguenard,  payé à vie. La veille au soir, d'autres copains nous ont confié qu'en raison de bilans de santé un peu inquiétants, ils allaient arrêter les conneries. J'avais l'impression, quant à moi, que nous les avions à peine commencées.

 

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Et maintenant quelque chose de complètement différent - enfin, il me semble. Tous les matins à 9h, sur RTL, il y a Laissez-vous tenter, présenté par Vincent Parizot. Et demain, Stéphane de Pasquale va causer de Bal de givre à New York. Et donc par conséquent en vertu de quoi : il y aura quarante exemplaires signés à gagner. Ouaip. Ce même mardi : chronique et interview de votre serviteur dans 20 minutes. Pour ceux qui l'ignorent, qui ne prennent pas le métro ou qui ne veulent pas se tacher les doigts, sachez que 20 minutes est disponible en téléchargement pdf sur le site dédié, amen.

 

 

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montre-moi ton truc

Publié le 7 Janvier 2011 par F/.

Il y aurait peut-être un article à écrire sur les chanteurs malades - je veux dire, physiquement malades. Je vous avais déjà parlé de Bradford Cox il y a peu, et de son affection génétique, indirectement responsable de quelques-uns des plus beaux albums de la décennie écoulée ; il va peut-être falloir désormais compter avec le Canadien John O'Regan, invisible de ce côté-ci de l'Atlantique dans les bilans de fin d'année et dont la métamorphose quasi idéologique (du rock indé au beat eighties minimaliste et martial) s'est accomplie en grande partie, semble-t-il, dans la solitude d'un lit d'hôpital. La vidéo du bien-nommé Show me your stuff (morceau hélas absent de l'album) est, comme toutes celles de son incarnation Diamond Rings, un véritable acte de courage - ainsi qu'un rapide coup d'oeil jeté aux commentaires homophobes de certains philistins de youtube devrait vous en convaincre, alors même que le parti-pris glam outrancier de l'artiste s'inscrit de toute évidence dans un sillon tracé, de Bowie à Lady Gaga, depuis des décennies déjà - et en éclipserait presque ce qui fait la force de la chanson : aisance mélodique et vocale insolente, précision rythmique chirurgicale, sens implacable de l'anthem et de la dérision. Les convertis se pencheront sans tarder sur les autres clips disponibles et découvriront, avec Special Affections, l'histoire d'un freak qui voulait devenir Depeche Mode à lui tout seul et qui, l'espace de quelques titres, y serait plus que parvenu.

 

 


Sinon, je suis allé voir Somewhere. C'est un film sur l'ennui d'être une star et, effectivement, la réalisatrice a l'air de pas mal se faire chier. Heureusement, elle compte bien plus d'amis que son personnage principal : son père, son frère, son cousin, son mec, son ex - ce qui permet au halo de hype qui l'entoure depuis ses débuts de faire encore passer auprès de certains critiques un manque évident d'inspiration pour une sorte de spleen mondain censé souligner, on l'imagine, la déréliction de l'époque. La meilleure scène, curieusement, est celle qu'accompagne le fabuleux You only live once des Strokes en version accoustique. Ailleurs, hélas, peu de musique, et il faut vraiment être amoureux de Los Angeles comme je le suis pour trouver le moindre intérêt aux pérégrinations de Stephen Dorff (Elle Fanning, évidemment, est renversante, mais elle serait renversante dans un documentaire sur les burritos). La bande-son serait-elle le véritable secret des films de Sofia Coppola ? Quand défile le générique de fin, avec le Smoke in your eyes de Bryan Ferry dont on pressent qu'il nous fera reconsidérer les 98 minutes écoulées avec une mansuétude attendrie, on n'est pas loin d'en être convaincu.

 

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tied to the nineties

Publié le 6 Janvier 2011 par F/.

La température extérieure étant remontée au-dessus de -18°C, je peux de nouveau courir et écouter plein de trucs idiots des années 90. Marrant comme certains morceaux vieillissent mal et comment d'autres, qu'on avait plus ou moins négligés, se révèlent tenir la route. Madchester : Charlatans, Inspiral Carpets, Soupdragons : ouch, pas très bon, tout ça. Les premiers Blur, les premiers Pulp, les premiers Oasis : yummy. Et comme par hasard, ces gens-là sont restés. D'un autre côté, je me suis envoyé pour la première fois depuis une quinzaine d'années un morceau des a priori indignes et insignifiants Black Grapes, et, très franchement, je suis bien content d'avoir replongé. Je renvoie ceux qui ne connaissent pas les Black Grapes et leurs joyeux prédécesseurs aux pages wikipedia de Shaun Ryder et du très improbable et destroy Bez, pur rebut déglingué de l'entertainment pysché d'alors, et dont les frasques continuent aujourd'hui de défrayer la chronique : vous verrez qu'on sait encore rigoler en Albion, et se battre dans les pubs.

 

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2012 - 1

Publié le 3 Janvier 2011 par F/.

D'après une récente étude, personne au monde n'envoie autant de SMS de bonne année que les habitants de notre beau pays. Et personne, pareillement, n'est plus pessimiste qu'eux quant au déroulement de l'année 2011 en général. Conclusion : soit les Français sont adeptes de la pensée magique, soit ils sont un peu cons. Compliqué, hein ? Personnellement, en bon punk mondain trop super cool adepte de la rebellitude nihiliste la plus exacerbée, j'ai décidé, cette année encore, de faire l'impasse sur les cartes de voeux ineptes et les mails à la guimauve, et je ne puis que vous engager vivement à me rendre la pareille : votre bilan carbone en sortira grandi et nous resterons bons amis. Mes conseils pour janvier ? Relisez Ada ou l'ardeur, réécoutez Roy Orbison et arrêtez de bouffer n'importe quoi. 

 

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