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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

je vais bien, ne t'en va pas, il fait beau ce soir

Publié le 28 Avril 2011 par F/.

Je m'étais fait le serment un peu débile de ne plus écrire sur ce blog tant qu'un album au moins écoutable n'aurait pas pointé pas le bout de son nez, et puis est arrivée tUnE YarDs et son fabuleux w h o k i l l, auquel vous pouvez jeter des cailloux, voire une oreille (oui, c'est le jour des expressions corporelles imagées) pas plus loin qu'ici si vous voulez mieux comprendre le sens mystérieux de l'expression alive and kicking ou à tout le moins connaître l'extase fragile des grandes et vivifiantes découvertes.

 


 

Ma semaine alsacienne fut studieuse et à peine interrompue par une virée au musée Unterlinden de Colmar (et quelques autres escapades un tantinet moins avouables) où se tient jusque je ne sais plus quand une chouette exposition sur le paysage pittoresque alsacien dans la peinture de pfffew-encore-avant-ça, laquelle m'a notamment valu de découvrir le tableau suivant dont je vous laisse deviner l'auteur, tant il est vrai que j'en restai moi-même pantois :

 

http://www.musees-franchecomte.com/gallery_images/site_1/124/777/dore-300.jpg

 


 

Puis, avant la désormais traditionnelle réunion de travail mercredicale avec mes copains du cinéma pour ce truc dont il serait ridiculement présomptueux d'évoquer maintenant ne seraient-ce que les contours, je suis parti, nanti de mon éditrice rousse préférée et d'une autre Bénédicte (il y en a quatre au Fleuve Noir, c'est un détail dont il vaut mieux prendre connaissance), vers le pays du pastis-terrasse et de la librairie sous-pyramidale, j'ai nommé Montpellier, pour un déjeuner d'agrément avec l'excellent Olivier de Sauramps qui nous a appris (attention, spoiler) que nous allions tous mourir mais qu'en attendant, rien ne nous empêchait de manger des cuisses de grenouilles et d'acheter compulsivement quelques polars angelinos.

 


 

L'ai-je précisé ? J'ai enfin vu Les Petits mouchoirs. L'emploi de l'adverbe ne devrait pas vous faire croire que j'étais impatient : seulement curieux, disons, de savoir sur quel versant de la fracture culturelle critiques-bobos-aigris / fans énamourés j'allais devoir planter mon drapeau. Eh bien, je n'ai pas été déçu. Voilà : c'est l'histoire d'un type qui a paumé son scénario dans le taxi et qui a pris goût au fric et à l'assentiment formel d'un certain public chroniquement accro à la médiocrité, et qui a visiblement décidé que ça lui suffirait et qu'il pourrait toujours se consoler des quelques inévitables critiques vachardes rebondissant sur le métal chromé de son attachée de presse en consultant une légion de commentaires allociné/hallucinés du type - je copie-colle le dernier en date - "Un film vraiment bien qui nous fait d'abord rire et ensuite pleurer. Les personnages sont peu être parfois un peu caricaturé mais ils nous font passé un bon moment" ou, plus prosaïquement, en taquinant quelques balles neuves avec son banquier. Le Guillaume pré-cité, donc, emmène sa meuf et ses potes dans une maison de vacances et laisse tourner sa caméra, je ne veux pas croire qu'il s'y soit pris autrement. Sur une serviette du Restauroute locale, quelques idées baveuses ont été prises en note : on appelle ça, je crois, des lignes de force. On trouve de tout dans Les Petits mouchoirs : un gay super crédible, de petites mesquineries drôlatiques, des Parisiens contractuellement surmenés, des bons mots en pagaille, un homme bourru mais authentique, des difficultés, des belettes dans les murs, d'autres difficultés (la vie, en effet, n'est pas simple), ainsi qu'une tendresse pas mal authentique affleurant à ses heures perduessous la tendre satire authentique, et on se dit que c'est cool quand même l'été au Cap-Ferret, ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui dira le contraire, seulement, achtung ! il faut profiter dare-dare de la laïfe parce qu'après arrivent la rupture, les grandes décisions, le stress contractuellement parisien et, éventuellement, la mort, si vous n'avez vraiment pas de bol. En résumé : c'était palpitant, j'ai appris plein de machins sur l'amitié et la Dune du Pyla, et je reprendrais bien du fromage.

 


 

A présent qu'a sonné la fin de cette bénéfique séance d'auto-interruption, je ne puis que vous recommander d'écouter (seulement) le premier titre du nouveau TV on the radio, (seulement) le cinquième titre du nouveau Metronomy, (seulement) le deuxième titre du nouveau Architecture in Helsinki, et rien du tout, hélas, du nouveau Guillemots, si vous voulez garder intacte dans votre coeur l'image d'un groupe qui, l'espace d'un album, a bien failli sauver la pop anglaise.

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a writer's life

Publié le 17 Avril 2011 par F/.

Alsace : une pause de quelques jours qui n'en est pas une puisque j'écris, j'écris, j'écris. Sur ma table de travail : 21st century houses, 150 of the World's best, Police procedure and investigation, le Box-Office de Charles Fleming, et quelques romans connus prenant pour cadre Los Angeles. Le matin, lever 7h, écriture dans la joie. Les autres se lèvent deux/trois heures plus tard. Le petit-déjeuner, repas le plus important de la journée, peut aller se faire foutre, comme il le fait globalement depuis vingt-cinq ans. 10h30, pause : je monte un vaisseau Star Wars lego avec mon fils. Puis j'écris encore, nous déjeunons, j'écris encore, et nous partons nous promener dans la forêt. Apéro à 20h30. Le ciel est calme, immaculé, des cigognes passent au-dessus du jardin déployées comme des anges, et la ligne bleue des Vosges, derrière le clocher du village, n'a jamais été aussi verte. Je pourrais écrire dix romans, ici, mais ce serait mieux pour moi que pour vous, hypothétiques lecteurs, et c'est l'une des raisons pour lesquelles, 350 jours par an, je regagne Paris.

 

http://www.ttscherwiller.com/Vue_village_scherwiller.jpg

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gloss, galettes, albatros et rêves de gloire

Publié le 12 Avril 2011 par F/.

Il y a quelques jours, ma femme s'est envoyé le dernier épisode de Sex & the city. Elle n'était pas vraiment triste : juste un peu déçue, semble-t-il, que ça s'arrête. En ce qui me concerne, cette série, regardée en split-spirit (une partie de cerveau vaguement disponible, l'autre rivée au PC) se situe à mi-chemin entre la galéjade post-urbaine folklorique et la grosse merde réac déjà datée au moment de sa diffuson. Les filles passent, on l'aura compris, six saisons à parler de cul mais, en définitive, finissent avec le mec qu'elles avaient choisi au départ et, si possible, un enfant, ou un désir d'enfant, ou l'espoir d'une vie bien rangée parce que bon, quand même. Tout le monde est hétéro, bien sûr, tout le monde est blanc, et tout le monde a bien compris qu'il fallait se calmer. Profitez-bien de la trentaine, paraissent nous dire les scénaristes en substance, parce qu'après, paf, rideau, et en rang deux par deux siouplaît. Ce à quoi nos aimables gourgandines para-dépressives s'empressent d'obtempérer. Bref, c'est récréatif, il y a New York, personne n'a de problèmes de fric, et vous pouvez tout à fait regarder ça en vous faisant les ongles - cette connerie a quand même dû nous quitter trois ou quatre flacons de vernis - et je lui lance un 4/10 du bout des doigts parce que je suis gentil (NB : tout commentaire féminin revendicateur sera impitoyablement oblitéré, merci de votre compréhension).

 


 

On dirait bien que cette année est celle des albums de trop : le nouveau TV on the radio est franchement mou du genou, le nouveau Fleet Foxes paraît aussi chiant à la première écoute que son prédécesseur, le nouveau Strokes, bon, enfin, voilà, quoi - la nouvelle galette des Kills est loin d'être bouleversante, le nouveau Metronomy est bien mais par intermittence seulement, et le peu que j'ai entendu du nouveau Guillemots me fout carrément les chocottes. Ah si : j'aime bien le nouveau Explosions in the sky, et Elbow reste une valeur sûre, même si c'est un disque qui s'apprivoise. Je fonde, naturellement, de grands espoirs sur le nouveau Wild Beasts, d'autant que j'ai déjà acheté les places de concert mais je vous le dis, amis lecteurs : si c'est de la merde, je pars me réfugier dans les années 60.

 

 


 

They had made a movie about us : hier soir, nouvelle réunion au sommet avec mes amis des années à venir. Nous parlons caméras, Cannes, casting et créativité, que des trucs en "c" comme "ça alors, ce projet pourrait bien aboutir, finalement". Je vous tiens au courant.

 


 

Un très chouette bouquin de SF que je suis en train de lire, et les dieux savent que ça ne m'arrive pas souvent : Rêves de gloire, de Roland C. Wagner. Roland, pour ceux qui ne le connaissent pas, est l'un des rares incorruptibles de la science-fiction française (c'est aussi le premier type au monde à avoir parlé de mon premier livre). Son dernier opus est un roman solide, grisant, émouvant : de la carrément bonne came, amha, et j'espère que des fans renchériront ici-même.

 

http://www.scifi-universe.com/upload/medias/romans/R%C3%AAves%20de%20Gloire.jpg

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d'un pont à l'autre

Publié le 11 Avril 2011 par F/.

Dimanche soir étiré jusqu'à deux heures du mat' avec l'excellent Pacôme T., qui a laissé deux de ses merveilleux bouquins magic-pop sur ma table basse juste avant de partir : pas de plus saine (et de plus éreintante) façon de commencer la semaine.

 

 


Message personnel à Sylvie, d'Hérouville, où je me trouvais en fin de semaine dernière en compagnie de la pétillante Carina R. : c'était parfait, ne change rien, rendez-vous dans trois ans.

 

http://img.over-blog.com/600x450/0/53/47/88/hsc-chateau-d--eau-gros-plan.jpg

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ceci n'est pas un flim

Publié le 7 Avril 2011 par F/.

Deux jours à Caen en collège avec Carina Rozenfeld, qui culmineront, espère-t-on en haut lieu, lors d'une soirée ouverte au public à Hérouville. Lirai-je un extrait du Elric dont je suis en train de corriger les épreuves ? Le suspense est à sa comble, chers petits pangolins. Quoi qu'il en soit, Caen est une ville où je me rends toujours avec plaisir, le dynamisme de la région, en matière de littérature jeunesse, n'étant plus à démontrer.

 


Cut : ça avance. D'après mes savant calculs, la V1 devrait être présentable à la mi-juin. Je me suis rendu compte hier soir, non sans satisfaction - non, aussi, sans une pointe de candeur assumée, comme si quelque instance supérieure et barbue, perdu au coeur d'une galaxie poudreuse, avait validé mes choix d'un claquement de doigts - que j'avais sélectionné exactement les mêmes options narratives que celles des deux romans pris pour référents dans cette brave entreprise, à savoir Les Visages et Lunar Park. Comme dans le roman de Jesse Kellerman, les chapitres du passé sont écrits au présent 3e personne, et les chapitres du présent écrits au passé 1ere personne. Comme dans le roman de Bret Easton Ellis, c'est le passé composé - temps de la parano rétrospective, peut-être - qui est préféré au passé simple. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire que le truc est sur les bons rails.

 

http://www.cartoons-cadeaux.com/datas/galerie/clap-cinema.JPG

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ne lisez pas ces livres si vous êtes stupide

Publié le 4 Avril 2011 par F/.

En direct de Bruxelles, pour une journée de conférences organisée par le Centre de Littérature Jeunesse locale, et je dois dire que je suis ravi, même si le constat général se révèle, à première vue, plutôt sombre. L'intervention assez magistrale du sociologue Christophe Evans - soit un intervenant muni, pour une fois, de chiffres et de données, et non d'a-priori et d'affects comme tout un chacun - valait à elle seule le déplacement, rejoignant, ainsi que je l'ai précisé ensuite, certaines de mes convictions : non, le e-book et ses dérivés ne constituent pas, en France du moins, la plus grande menace pour l'avenir du livre jeunesse (et du livre en général) - il peut même se révéler une chance, en dépit du fait que les propositions actuelles manquent singulièrement de peps et d'envergure (voir mon post oula-oup de la semaine dernière). Le principal problème est celui-ci : la proportion de jeunes lecteurs est en baisse parce que rien, au niveau des pouvoirs publics, n'est fait pour encourager les jeunes à lire. Les récentes attaques portées contre le salon de Montreuil, la disparition, faute de subventions, de plusieurs structures associatives, les menaces pesant sur d'autres et, surtout, la volonté délibérée d'écarter la littérature jeunesse "vivante" du champ des institutions scolaires, malgré la résistance et l'énergie d'innombrables professeurs et documentalistes, aboutit à un clivage de plus en plus important entre, d'une part, une poignée de très gros lecteurs issus des classes socio-culturelles les plus favorisées et, de l'autre, une majorité de non-lecteurs absolus, qu'un contact forcé et prolongé avec Madame de Sévigné ou Emile Zola, nonobstant les qualités et les mérites évidents des sus-dits, achève, si besoin était, de détourner à jamais de la lecture. La bonne santé apparente du secteur est un leurre. Ecarter Harry Potter et consorts des écoles, aujourd'hui, c'est faire la démonstration par l'absurde que les jeunes ne lisent pas. Les collégiens préfèrent Ewilan de Bottero à Zadig de Voltaire, soit, et alors ? Le monde n'est-il pas déjà assez compliqué comme ça ? Et surtout, les lecteurs de fantasy de quatorze ans ne liront-ils jamais de classiques demain ? C'est absurde, j'en suis la preuve vivante. (Dans ce contexte, d'ailleurs, soutenir que l'Ipad 2 va changer les habitudes de lecture des jeunes les plus défavorisés est assez hors-sujet, et me paraît presque plus méprisant que naïf). Il est urgent que les auteurs jeunesse, ceux qui interviennent dans les collèges notamment, comprennent ce qui est en train de jouer ici et maintenant, et en quoi leur action peut également, doit également être politique. Notre rôle ne saurait se limiter à la promotion de nos oeuvrettes personnelles. Notre rôle doit être d'expliquer aux élèves qui ne lisent pas quelles puissances insidieuses oeuvrent dans l'ombre, et pour leur préparer quel genre d'avenir. Les non-lecteurs d'aujourd'hui sont les moutons de demain, comme l'expliquait Sophie Cherer : consommateurs sur-endettés, classes chroniquement dominées, cibles rêvées de la pub, de la politique des partis et des bourrages de crâne en règle. Inutile de se demander pourquoi nos dirigeants, ou ceux qui aspirent à le devenir, se préoccupent si peu de qui se trame aujourd'hui, en termes de liberté personnelle, sur les réseaux sociaux. Continuez d'alimenter vos statuts facebook de considérations météorologiques, culinaires et festives, chers collégiens : quelqu'un s'occupe du reste.

 

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Mais nous n'allons pas baisser les bras pour autant : que les documentalistes, bibliothécaires, libraires ou enseignants qui me lisent en soient bien convaincus. Les ados sont loin d'être des crétins, ils ont même tendance à être plus intelligents qu'avant. S'ils ne savent pas lire les cartes, c'est qu'on a omis, sciemment, de les leur distribuer. A nous d'inventer un nouveau type de jeu, et nous aurons le temps d'être tristes ou défaitistes quand il n'y aura plus de combats de ce type à mener (autant dire qu'on risque d'être encore joyeux longtemps, par ici).

 


 

Tout ça ne doit pas nous faire oublier que Les Etranges Soeurs Wilcox vient de remporter le prix Chimères dans la catégorie collège. Dans un monde logique et parfait, cette distinction aurait évidemment dû revenir à la merveilleuse Douane Volante de mon copain François Place. Mais ne jouons pas les pisse-vinaigre, et un grand merci aux votants : les prix de lecteurs comptent toujours énormément pour moi.

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