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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

l'écrivain et les autres

Publié le 9 Décembre 2011 par F/.

Arrivé aux 2/3 des Mille automnes de Jacob de Zoet (merci le train jusqu'à Beauvais. Merci aux gens qui sont venus, d'ailleurs). Non, ça ne me ressemble pas vraiment de parler autant d'un livre avant de l'avoir terminé. Mais soyons clair : ça ne m'arrive pas très souvent non plus de reposer un roman l'espace de quelques secondes pour simplement sourire, partagé entre jalousie vaine, admiration inconditionnelle et quelque chose qui ressemble à de la gratitude. L'inventivité permanente de ce texte, à la fois sombre thriller, traité de corruption commerciale, roman d'amour fou, recueil de haikus, encyclopédie scientifique et fable philosophique, tient véritablement du prodige. C'est Umberte Eco écrit par Nabokov en gros, un alliage inoxydable de génie et de générosité presque enfantine, et je suis très heureux de revoir David Mitchell mercredi prochain - nous en reparlerons, of course.

 

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Lu sur dans les commentaires du blog du CDI de Pékin, où je suis intervenu il y a deux mois : "Mes impressions sur Fabrice Colin sont : il a l’air vieux et sympathique par contre ce qui ne m’a pas plu ce sont ses livres, je ne les trouve pas intéressants." Je devrais imprimer ça et le coller au-dessus de mon bureau. Ah non c'est vrai : je n'ai pas de bureau.

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bref, c'est jeudi

Publié le 8 Décembre 2011 par F/.

Je serai à Beauvais (médiathèque Saint-Lucien) ce soir à 18h pour une causerie consacrée à la fantasy - plus de détails ici.

 


 

Hier, une amie éditrice nantaise chère à mon coeur dormait à la maison. Nous avons eu - allez savoir pourquoi - une brève discussion à propos des morts absurdes/choquantes/délirantes dont nous avions eu vent. Voilà, voilà. Et moi qui pensais que les scénaristes de 6FU forçaient un peu le trait.

 


 

Ouah. Les frangins Farrelly sortent un nouveau, euh, film ?

 


 

Eric Besson en aurait marre de la politique : on appelle ça un effet-miroir, je crois.

 


 

J'ai envie d'acheter des livres. Vous me conseillez quoi ?

 

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cette petite conne de littérature jeunesse

Publié le 7 Décembre 2011 par F/.

A part ça, et via l'excellente Pascale Maret, je suis récemment tombé sur ceci - un grand moment de culture populaire, puisqu'on en parle, qui enfonce non sans panache un mur du çon il est vrai déjà fort ébranlé, l'année dernière, par les très constructifs coups de boutoir d'un François Busnel au sommet de sa forme. Je me permets, au cas où la perspective de vous infliger ce triste pensum vous arracherait d'avance quelques légitimes bâillements, de copier/coller un passage particulièrement savoureux : "Ainsi, pendant une vingtaine d’années, il fallait donner à dose homéopathique les Perrault, Caroll et autres La Fontaine pour abreuver jusqu'à plus soif nos ouailles de Vignod, des Chair de Poule ou encore de l’inénarrable Harry Potter, tous producteurs ou production à la page des temps modernes dont l’unique but est de faire vendre. Cannibales, ils ont tout dévoré sur leur passage, des professeurs leur consacrant plusieurs semaines de travail à grands coups de séquences, quand les auteurs ne venaient pas à prix d’or monnayer leur notoriété en improvisant des "rencontres" avec les élèves, tels des camelots." Je pourrais gloser sur la syntaxe approximative, commenter le propos, décortiquer les arguments, signaler en passant à l'auteur que le nom de ce Carroll qu'il semble tenir en si haute estime s'écrit avec deux "r" ou qu'il n'existe pas de "Vignod" à notre répertoire des camelots - Arrou-Vignod, peut-être ? Bah, quelle importance ? - mais il me semble que ce serait accorder à ces ratiocinations fatiguées et fatigantes, déjà mille fois lues et entendues ailleurs (le rap contre Du Bellay, ce genre) un crédit bien immérité. A ce point d'ignorance mesquine et d'étroitesse d'esprit, un sourire entendu, accompagné d'une petite tape sur l'épaule, devrait amplement suffire. Alala, c'était mieux avant, n'est-ce pas ? Le respect se perd, etc. En tout cas, et à considérer le pedigree politique du monsieur, on sait désormais ce qui nous attend si François Bayrou accède un jour au pouvoir. LOL, comme l'écriraient ces abrutis de jeunes s'ils connaissaient un peu leur alphabet. A présent, les enfants, si vous voulez bien m'excuser, ma camionnette de VRP m'attend : j'ai une notoriété à monnayer.

 

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doppelgänger (à propos du livre d'Anne-Laure Bondoux)

Publié le 7 Décembre 2011 par F/.

Lu il y a peu L'autre moitié de moi-même de Anne-Laure Bondoux, copine et consoeur - le récit d'une panne d'écriture majeure (j'allais écrire "magique", il faudrait peut-être que je paie une bière à mon subconscient un de ces quatre) liée évidemment à un problème existentiel. On a envie, déjà, et même si on n'a jamais traversé pareille expérience, de réconforter l'auteur - de lui dire que c'est plutôt bon signe, non ? de ne plus arriver à écrire lorsque votre quotidien déraille et que les fondations s'effondrent : signe, au moins, que le coeur s'abreuvait à la juste source.

Il faut le savoir : la question "où trouvez-vous vos idées ?" reste l'une des plus posées en milieu scolaire et Anne-Laure, tout comme moi, a dû l'entendre mille fois déjà. C'est une question à laquelle il est impossible de répondre en toute innocence. Nos idées, elles viennent de nous, bien sûr, de nous en face du monde, mais il faut être entier pour restituer le réel, il faut être solide, parce que personne n'aime se regarder dans un miroir fêlé. Voilà, il me semble, le sujet du livre d'Anne-Laure : ce roman que nous échouons à écrire, ce roman mort-né, il essaie de nous sauver, au fond, de nous faire recracher la boue sous laquelle nous voulons l'ensevelir. Mais il nous tuera s'il ne nous rend pas plus fort. Dire que j'ai aimé L'Autre moitié... serait un peu délicat, l'emploi de ce terme me gêne, ce serait comme reconnaître qu'une maladie a été agréable. Le livre m'a travaillé, en revanche, interrogé, creusé, même, et c'est sans doute tout ce qui importe. De façon assez inattendue et tandis que j'étais parvenu, plus ou moins volontairement, à tenir l'émotion à distance pendant l'essentiel de ma lecture, c'est le petit cahier de fin qui (pour reprendre un mot cher à Holden Caulfield) m'a tué : le petit cahier avec ses photos à peine légendées et ses fulgurants parallèles. Si vous aimez les livres d'Anne-Laure (je n'ai lu que Les Larmes de l'assassin mais il m'habite encore), si vous les aimez, oserais-je dire, et ce n'est qu'une intuition, pour de bonnes et vraies raisons, ce texte-ci vous éclairera et vous aveuglera un peu. Ce que tous les livres devraient faire.

 

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gladiator

Publié le 7 Décembre 2011 par F/.

L'encéphalopathie traumatique chronique, ça vous dit quelque chose ? A moi non plus ça ne parlait guère, avant que je ne me penche sur une série d'articles consacrés à cette pathologie sympatoche à partir de recherche sur la série Boss, à ceci près que le héros de Boss, ci-devant maire de Chicago, est pour sa part atteint de démence à corps de Lewy. Bref, ambiance doctissimo ce matin et ambiance terreur moderne aussi, dès lors qu'on commence à jeter un oeil à la liste des victimes supposées. L'ETC c'est quand, à force de prendre des coups dans la tête, vous oubliez la vie, devenez dépressif, devenez suicidaire - l'ETC en somme, c'est quand vous ne marquez plus de buts, quand plus personne ne vous regarde à la télé. La mort égrainée ici, cette fixation sur la mort, le désastre, un enchaînement implacable de malheurs et de drames, me rappelle d'étrange façon l'atroce et splendide litanie du Wisconsin Death Trip de Michael Lesy, diamant noir de la contre-culture mortifère qui dessine, à force de listes, de fatalisme et de recensions strictes, une figure du Mal quasi inédite. L'ETC est un mal de notre siècle : le flingue qu'on sort pour se défendre du malheur, c'est souvent vers soi-même qu'on le tourne.

 

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10 preuves irréfutables de la mort de la SF

Publié le 6 Décembre 2011 par F/.

Mais non, voyons. Bon, je suis retourné à Montreuil hier, SLPJ journée pro, mais il s'est dit tellement de trucs horribles qu'on m'a fait promettre de garder le silence. Bref : je suis rentré, j'ai écouté Josh T. Pearson, et mon coeur s'est brisé pour la seconde fois. Intéressante, quand même, la vie du monsieur : de Lift To Experience, coupable d'un album mythique des années 2000, à une crêperie de la rue Saint-Ambroise (je résume, le reste est sur internet), notre écorché barbu a bel et bien traversé un aride désert, des plaines poussiéreuses du Texas aux portes de Jerusalem. Le problème, c'est que The Last of the country gentlemen justifiait amplement le trip.

 


 

Nous avons regardé Four lions hier, et il nous a fallu lutter contre le sommeil. L'argument ? Quatre vagues musulmans anglais/décérébrés fomentent un attentat plus vague encore. Le Djihad, mec, ouais, ça déchire ! On trouve de tout dans Four Lions : des répliques intéressantes, des animaux qui explosent, deux-trois moments de solitude métaphysique et une fin tragique naviguant aux confins du rien. L'OFNI du lundi, rien de moins.

 

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Je suis toujours plongé dans le David Mitchell et je repense aux conneries de Beigbeder sur la mort du roman et je ris, franchement. FB écrit sur la littérature comme j'écrirais sur le Rotary Club : un type qui gesticule derrière la vitre en hurlant mais que personne ne remarque.

 


 

Encore rêvé de Hong Kong et / Combien ton ombre manquait / Traits au charbon sous la nuit dense / Une jungle brune d'avant le monde / Cent pas, mille langues / En quête d'une clé / Ta bouche, brutale / Le trésor de ton âme.

 


 

Parfois, je me demande si ce blog n'est pas un peu abscons (Abscon sans "s" étant une commune du Nord (59). Je viens de découvrir ça, et ça n'arrange rien à mon cas.) Assurément, je devrais chanter les beautés graciles de l'automne, tricoter des trucs pour mon petit neveu, dispenser quelque recette de cupcake partiellement inédite et m'intéresser un peu plus à la politique.

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baroque (1998)

Publié le 5 Décembre 2011 par F/.

Partout, l’impossible trouve à paraître : dans ces places effondrées, submergées, où l’eau s’enroule en tourbillons de mercure, dans ces musées abandonnés, cathédrales silencieuses où les toiles s’effacent et coulent sur les murs, dans ces églises noyées de ténèbres où des Christ aux paupières closes dérivent entre les travées, les débris de la foi, ses vestiges, dans ces berceaux en forme d’esquifs où des nouveau-nés voient les rêves défunts de leurs parents plus défunts encore s’inscrire au plafond en troublantes arabesques, dans ces baignoires trop blanches où le sang bouillonne et envahit bientôt l’entière et pleine demeure, dans ces livres ouverts, flottant, offerts où les mots détachés frissonnent et permutent, dans ces jardins sous-marins où des cadavres se déploient, doigts tendus, toges en corolle, dans les yeux d’une jeune fille couchée au fond de sa barque, un tableau serré contre son sein, repensant, tout sourire, à celui qu’elle a aimé et qui gît désormais à six mètres sous elle, dans cette page de Michelet qui, en chaque exemplaire de ce monde, voit au même instant cette phrase unique, Le grand Pan est mort ! partir en flammes et cesser d’être, dans les piaillements joyeux d’un enfant agenouillé au centre d’un cercle de jeunes nymphes dorées psalmodiant des chants d’ailleurs, trente-six étages au-dessus du sol, dans ces graphes tracés sur les hauts murs, glissant le long de la pierre, quêtant-suppliant une dimension troisième, dans ces tours de la Défense s’effondrant l’une après l’une après l’une après l’autre en une symphonie muette de verre, de béton, de déluge, dans l’œil effaré d’un jeune faucon venu s’abîmer au ras des flot à l’ombre de Notre-Dame, dans les claudications de ce jeune homme, enfin, ce maudit aux boucles noires arraché à son sommeil, ce fou sans avenir qui titube, qui tend les bras vers le tableau accroché au-dessus de son lit sans cesser de reculer et s’arrête pour finir, dos au balcon, puis bascule dans le vide avec, sur la bouche le goût de ses lèvres et, dans le coffre de son cœur, le souvenir de son visage tragique, de cette flamme soufflée par un vent d’automne, The Lady of Shalott, 1888 , John William Waterhouse, alors adieu, adieu Gabriel ! et que les dieux nous prennent en pitié.

 

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arcadia ego trip

Publié le 4 Décembre 2011 par F/.

Un dimanche calme et studieux, passé notamment à travailler à la réécriture du dyptique Arcadia qui devrait être réédité en 2012 aux éditions Bragelonne. Etrange de remettre le nez dans ce texte bancal, assez peu intelligible ma foi et seulement traversé par endroits de, je ne sais pas, quelques (fugaces) éclairs de grâce adolescente. La ferveur, a première vue, est le seul mérite que je veuille bien reconnaître à ce travail, bouclé en quelques semaines début 1998 dans l'état de transe habituel et dont le  tome 2, ô stupeur, se monnaie désormais à 17€ en poche sur un célèbre site de vente en ligne. J'ai pensé un temps ouvrir un blog sur ce patient travail de recomposition - le texte avant / le texte après -, mais cela aurait demandé trop d'efforts, en vérité, et m'aurait sans doute amené à fustiger le texte originel avec une alacrité inutilement cruelle : cruelle pour le type que j'étais à 26 ans, débutant sans repère, cruelle pour mon éditeur, à qui je ne serai jamais assez reconnaissant d'avoir ouvert en moi la brèche de l'écriture, cruelle, surtout, pour les lecteurs d'alors, qui l'ont accueilli avec une merveilleuse indulgence comme si, d'une certaine façon, ils baignaient dans la même torpeur rêveuse que l'auteur, et s'en trouvaient pareillement aveuglés.

 

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"Je sais, je sais que tout ceci doit vous paraître absurde. Mais les faits sont là, irréfutables. Le souffle me revient en votre compagnie. Voyez ! poursuit-il en ouvrant la fenêtre, laissant s’engouffrer dans la chambre une bouffée d’énormes flocons bleutés, voyez ! je n’ai plus peur du dehors, à présent, je vis, je revis ! clame-t-il en se tournant vers eux, par la seule grâce de vos esprits !"

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dieu et le reste

Publié le 3 Décembre 2011 par F/.

Tiens, l'autre jour, je suis allé déjeuner avec le petit David C. Un an que nous ne nous étions pas vus, deux peut-être mais ce n'est pas grave, ça ne change rien, tout est sous contrôle. J'avais donné rendez-vous à l'oiseau non loin du Père Lachaise, où se tenaient les funérailles de Jacques M. Enormément de monde là-bas - tant mieux - et c'est à peu près tout ce que je peux en dire : ça et ce morceau échappé de la B.O de Twin Peaks, bien vu, Lynch étant peut-être l'un des deux ou trois artistes vivants capables, à mes yeux, de vous faire reconsidérer l'idée de la mort via le trifouillage intempestif du temps. Nous quittons le cimetière sous un crachin tiède, direction le Café des Anges (je n'invente rien), et David me parle de Dieu. Décidément, me dis-je, nous devrions nous voir plus souvent.

 

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Le catalogue Sonatine 2012 est arrivé. Vous y trouverez, notamment, un vague petit machin de votre serviteur - je vous ai assez cassé les pieds avec ça - et, le même mois, un bouquin qui s'annonce vraiment formidable (le résumé, en tout cas, fait ma joie) : US ! de Chris Bacheler.

 


 

L'autre jour à la bibliothèque j'ai emprunté le Terres rares de Vassili Axionov (auteur dont la faconde impertinente ne cesse de me rejouir, et à la disparition duquel je n'arrive pas à me faire) avant de me rendre compte qu'il figurait déjà dans mes rayons, mais que je ne l'avais pas encore lu. Je dois me rendre à l'évidence : un deuxième type vit tapi à l'intérieur de moi, un type qui sort à la nuit tombée et se rend dans les librairies voisine et achète plein de trucs sans jamais me demander mon avis. Et vous savez quoi ? J'ai foi en cet homme.

 


 

Merde, il fait presque un temps à écouter de la musique bobo sur France Inter. Je ne me laisserai pas aller à ce sinistre penchant. Dans le genre il pleut, j'opte pour un autre traitement (si vous n'êtes pas fan, adressez-vous à mon beau-frère : c'est à lui que je dois cette découverte).

 

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jeudi soir, je dis boire

Publié le 2 Décembre 2011 par F/.

Avant la soirée Sonatine #alcoolémiezéro, nous sommes allées dîner à la Cloche d'Or, non loin du Palladium, avec quelques amis et membres de la garde rapprochée. La Cloche d'Or, c'est cuisine roborative et patron semi-chafouin, et tu n'essaies même pas de choisir le vin : j'ai aimé, j'aime bien me faire engueuler au restau par principe, c'est très français comme attitude. Parmi les convives, l'adorable Guillaume Ledoux du groupe Blankass / ex-Zéro de conduite (toute ma jeunesse) qui, un jour, eh ouais, fit la première partie des Clash. Je crois que ça fait dix fois qu'on me raconte cette histoire mais je n'arrive toujours pas à m'en lasser. Bref : j'aurais aimé lui causer du Gun Club, au Guillaume, mais l'heure tournait et c'est pas tout ça. A 22h, nous rejoignons le Bus Palladium. Au RdC : le dancefloor, où l'idée même de faire autre chose que bondir comme un diablotin hystérique sur de rugueuses tueries seventies pouvait prêter à rire (et donc, j'ai ri). A l'étage : un autre bar, des fumoirs, un buffet et un volume sonore toutafé acceptable. A ceux qui s'étonnent, arrivés à ce stade du récit, de lire un post cohérent sur une soirée Sonatine publié avant 10h du matin, il faut savoir que, déjà entamé par la soirée de Montreuil la veille et rafraîchi par la perspective d'un réel vendredi de travail, j'avais pris la ferme résolution de ne pas me retourner complètement la tête. Du coup, j'ai pu faire un truc assez inattendu, pour ne pas dire  déplacé : discuter avec des gens. L'excellent Charles R. par exemple, l'indispensable Sandrine P., la fugace Deborah D., ou même, joie, l'éminent et très digne Hubert P., qui trouva le moyen de me questionner sur Mike Moorcock. Etaient également présents, outre l'inévitable Sonatine-team (Claro included), l'essentiel du crew Inculte, un surdoué parmi d'autres, notre très cher Oliver G., pas mal de gens d'Univers Poche et tout un tas de personnes qui me maudiraient peut-être de les avoir zappées si elles connaissaient l'existence de ce blog et en avaient quelque chose à foutre. J'aurais pu m'amuser à compter, verre en main, le nombre de fois où des amis bien intentionnés sont venus me trouver pour me dire qu'il ne fallait pas m'inquiéter du mec avec qui ma femme dansait mais dès qu'on entre dans les nombres à deux chiffres, j'ai un peu du mal. Et puis je connaissais effectivement le garçon en question et, c'est vrai, il ne faut pas s'inquiéter tout le temps. Vers 2h du matin, un autre bon camarade a demandé ma femme en mariage. Je crois qu'elle est habituée, en toute modestie, et qu'elle a dit non (à vérifier)(et je crois aussi que la réponse du camarade en question a été "ah, tu fais chier", ce que je trouve assez admirable). Autres rencontres : une fille qui, à 29 ans, pensait avoir le même âge que moi, un type qui marmonnait ze-veux-baiser-ze-veux-baiser à qui voulait bien lui prêter une épaule, un mec à ne pas trop emmerder, des libraires sobres et d'autres beaucoup moins, le futur héritier de François V. et le sosie de Nick Cave, vers la fin. En somme, comme on dit, une très bonne soirée, faudra remettre ça.

 

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(avant)

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