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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

vous allez rire

Publié le 25 Juin 2013 par F/.

 

Ce livre est hilarant. Non mais vraiment. Ok, ok, il est possible que vous ne connaissez pas McSweeney's : on parle ici de LA maison d'édition hipster-but-in-a-good-way basée à San Francisco et fondée par Dave Eggers, auteur que j'ai interviewé il y a quelques années et auquel je vous une affection toute particulière depuis Une Oeuvre déchirante d'un génie renversant (toute ma jeunesse) et Le Grand Quoi. (Eggers est aussi le scénariste de Max et les Maximonstres et de Away we go, mais il est déjà marié, alors s'il vous plaît, je vous en prie). McSweeney's a publié Vollmann, Chabon, Hornby, Coover et des tas d'autres gens bien. L'équivalent français, c'est Inculte, bien sûr, qui ne cache pas son admiration pour le grand frère yankee et publie d'ailleurs la VF de la revue Believer. Le plus drôle de McSweeney's, que voulez-vous que je vous dise ? Je tiens une flemme cosmique, ce soir, aussi me contenterai-je sans vergogne de copier/coller l'argumentaire du Cherche-Midi. "Vous avez toujous rêvé de savoir : Ce qui se passe dans la tête de Robert Plant pendant les solos de Jimmy Page ? La vérité sur le séjour de Jorge Luis Borges chez les scouts ? Ce qui se passe dans l'atelier d'écriture d'Homer Simpson ? Quels sont les rapports qu'entretient Winnie l'Ourson avec ses collègues de bureau ? Ce qu'on peut faire à Denver, Colorado, quand on est mort ? Ce que révèle Noam Chomsky dans son commentaire audio du Seigneur des anneaux ? Ce que montre un examen détaillé du broyeur d'ordures de l'Étoile de la mort de La Guerre des étoiles ? Quels sont les dix plus mauvais films de tous les temps, selon Ezra Pound ?" Là, normalement, vous répondez oui. Ou vous répondez non, mais vous achetez quand même ce livre, qui vous rendra plus intelligent, vous donnera un teint de jeune fille et permettra à la grande baleine bleue d'échapper à l'extinction d'une façon impossible à résumer ici. Argument massue : l'ouvrage comprend également un article Article d'Ikea ou personnage du Seigneur des anneaux ? qui pourrait bien mettre votre sagacité de geek en défaut. Ma vilenie étant sans limite, et histoire de bien enfoncer le clou, je me permets de recopier un extrait déjà publié par le site du Point - attendu que, selon nos dernières informations, plus personne ne lit ce truc   de nos jours.

 

Jean-Paul Sartre au standard du 18

  par Tyler Smith

(Les mots suivis d’une astérisque sont en français dans le texte)

 

STANDARDISTE

Vous avez joint le 18. Quelle est votre urgence* ?

APPELANT

Monsieur, j’ai besoin d’une ambulance. Je crois que je viens de me sectionner le doigt dans mon mixeur.

STANDARDISTE

(Le son d’une cigarette qu’on allume, puis le bruit de fumée qu’on recrache.)

APPELANT

Vous m’entendez, bon sang ! J’ai besoin d’une ambulance au 2304 Powell Street immédiatement !

STANDARDISTE

Ceci s’intéresse*. Oui, l’embarras de Roquentin… oui… c’est l’indifférence à l’existence de l’ina-nimé. Malgré l’intensité de son désir pour quelque chose d’autre ou quelque chose de différent, il ne peut échapper à l’épouvantable évidence de son engagement dans le monde. Vous savez, le Monde* . Je pense que nous devons considérer…

APPELANT

Mais qu’est-ce que vous racontez, putain ? J’étais juste en train de préparer des margaritas…

STANDARDISTE

Ah oui. Vous pensez*. Ignorance typique de l’homme du commun. C’est peut-être pour ça que vous vous retrouvez avec votre extrémité à moitié digérée dans les entrailles du mixeur. On dirait que vous êtes… comment dirais-je*… un élève de Kant ? Liberté. Je crache.

APPELANT

Je crois que je vais tomber dans les pommes… (Clic.)

 

------

 

STANDARDISTE

Vous avez appelé le 18. Quelle est votre urgence* ?

APPELANTE

Oh mon Dieu ! Oh non ! Je crois que mon mari est en train de mourir. Il se tient la poitrine. Je crois… je crois qu’il fait une crise cardiaque. Monsieur, il devient tout bleu !

STANTARDISTE

(Glousse avec mépris. ) Mort inévitable. Oui. Oui*. Qui retire le sens de la vie. Vous devez savoir que vous ne pouvez pas attendre sa mort. Vous devez savoir*, car le sens n’existe que dans la mesure où il existe un futur dans lequel on peut se projeter, la mort retire…

APPELANTE

C’est le cœur, monsieur. Oh, je vous en prie, aidez-le. Envoyez une ambulance. Herbert, je t’aime ! Monsieur, je vous en supplie ! Je l’aime tant…

STANDARDISTE

Vous avez une seconde ?

APPELANTE

Quoi ?…

STANDARDISTE

Écoutez, madame. Respirez un bon coup. Êtes-vous relâchée* ? Bien. À présent, pensez au cœur comme à une pierre, ou à une petite citrouille. Un cœur ne peut être autre chose qu’un cœur, mais, si un homme vient s’y ajouter, l’homme peut l’utiliser comme une arme. Et maintenant, vous voyez, le cœur est retourné à son état idéal. Vous ne risquez rien. Et qu’allez-vous me parler d’amour ? Vous jouez le rôle du sujet en deuil dans un cas où la subjectivité s’échange entre individus comme une pomme de terre* chaude. Détendez-vous. Voyagez. Rocamadour est agréable à cette saison. Ou La Rochelle.

APPELANTE

Monsieur, j’ai besoin d’aide. Herbert ne bouge plus. Il est tout pour moi… Aidez-nous…

STANDARDISTE

Je vous aide*, madame. Croyez-moi, ça aide. Où en étais-je. Oh, oui*… une anticipation du sens même de la conscience et de la subjectivité. La conscience partagée illusoire tient lieu de rappel aigu de notre incapacité à accomplir l’unité avec l’autre. Donc, nous avons un homme dont le cœur est mort* , noir. C’est tout ce que nous avons. Quelle nausée. (Il glousse.) C’est seule-ment par la nature de votre décision* que cette nouvelle peut être importante pour moi. Puis-je vous demander quelque*…

APPELANTE

Herbert ! (Clic.)

Le plus drôle de McSweeney's, publié aux éditions du Cherche-midi, pour la risible somme de 16€50, à commander (par exemple) ici.

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des films pour l'été

Publié le 24 Juin 2013 par F/.

 

Oh, encore une délicieuses sucrerie Sundance-compatible, parfaite pour un dimanche après-midi bruineux, si tant est que vous aspiriez à la douceur et à l'amour. Tout est quasi dans l'affiche, en fait : un journaliste et deux stagiaires s'enfoncent dans la grande banlieue de Seattle à la rencontre d'un type ayant rédigé une annonce absurde à base de voyage dans le temps. La stagiaire (Audrey Plaza, délicieuse, aérienne) commence à s'intéresser au supposé cinglé (Mark Duplass, poignant, et très bon chanteur), qui se pense surveillé par le gouvernement et commence à tester la probité - ainsi que les compétences - de sa partenaire en puissance. Sa machine, affirme-t-il, est presque prête. Nos deux gentils paumés ont chacun une raison d'y croire. Le spectateur aussi.

 


 

 

OK, vous êtes vieux, vous perdez la boule et vos enfants culpabilisent un peu de vous laisser seul dans votre grande baraque parce que vous vous laissez aller (et que, accessoirement, du temps de votre jeunesse, vous avez fait de la prison pour cambriolage). Votre fils vous adjoint donc un robot ringard, censé vous aider à remonter la pente. Pour commencer, ça vous emmerde : le robot veut que vous vous leviez à 7h, que vous mangiez sainement, et que vous vous dégotiez une activité stimulante. Mais plus vous le regardez, plus vous vous dites qu'il y a un truc à faire avec lui. Que dire ? Que faire un film de SF, ça peut être juste : introduire une problématique inédite dans le réel ? En plus, il y a Susan Sarandon au casting.

 

 

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seriously ? (à propos de Man of Steel)

Publié le 23 Juin 2013 par F/.

Donc, nous avons été voir Man of Steel. Disons qu'à la base, c'était surtout pour les gosses. Sur un site américain peu réputé pour sa hardiesse, les types expliquaient qu'on pouvait emmener des enfants à partir de huit ans. Hélas : c'était vrai. Bon, je ne suis pas un grand fan de Zack Snyder, hein, je serais même prêt à avancer qu'il a tout d'un sympathique attardé mental mais tout de même, c'était produit par Nolan, et puis on avait le choix entre ça et attendre l'été. Le verdict : effectivement, on est bien en présence d'un film pour débiles légers. Sur la question de la fidélité au personnage, à l'esprit, à, ahem, l'histoire, je ne me risquerais surtout pas à trancher, il y a des gens qui font ça très bien - généralement, ils s'y connaissent vachement en pizzas et ils ne baisent pas des masses. Reste que l'objet cinématographique lui-même, dans la mesure où votre but n'est pas uniquement d'aggraver un mal de tête naissant ou de perdre 2h20 de votre vie, est une sorte de désastre mou. Un critique des Inrocks (lol) évoque un "tragique shakespearien de bon aloi" : je crois que ça veut dire que certains personnages ont des problèmes. Plus loin, le même évoque Snyder et sa - je cite - "fascination pour l’esthétique fasciste, joyeusement pervertie par une tendance queer." Là, je me dis qu'on se rapproche de la vérité - souvenons-nous du "les Aryens, c'est beau mais c'est con" du regretté Desproges. En effet, le personnage principal, auquel on ne pourra certes pas reprocher un goût immodéré pour la duplicité, se révèle quelque peu bas du front et - ceci expliquant peut-être cela - met visiblement du gel dans ses cheveux avant de voler. Il est très beau, très volontaire, et s'il menaçait d'épouser votre fille, vous vous immoleriez par le feu au bout de trois dîners en l'implorant de ne surtout toucher à rien pour cause d'ennui incoercible. Bizarrement, les seules scènes à peu près intéressantes sont celles où apparaît Kevin Costner, le papa terrien de Superman, qui a l'air assez fatigué, et on le comprend. Le reste, c'est baston & cavalcade, à faire passer Avengers pour du Cassavetes. Au final, [attention : gros spoiler sans intérêt], Superman tue son ennemi en lui brisant le cou, après que les deux turbulents garçons ont ravagé la moitié de Metropolis.Pourquoi n'a-t-il pas commencé par là ? Parce qu'il est gentil, je crois, et/ou Américain (il le précise lui-même en épilogue, d'ailleurs : "plus américain que moi, tu meurs" - de fait, lui ne meurt pas). Bref, tout ceci était excessivement désolant et pénible. Si vous voulez voir un truc qui tabasse, essayez donc Bellflower, visionné la semaine dernière : c'est un film qui a coûté quatorze mille fois moins cher ($ 17 000) que la merde sus-citée, et qui raconte comme l'Amérique se dévore elle-même à coups d'histoires et de désoeuvrement chronique. Bizarre, non ?

 

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james & tony

Publié le 20 Juin 2013 par F/.

Des séries, on en a vu des dizaines. Certaines nous ont fait pleurer, d'autres baver d'admiration - il est possible que deux ou trois d'entre elles aient un peu changé notre façon de regarder l'Amérique. Mais aucun générique n'a jamais été aussi diaboliquement cool que celui des Soprano, aucune séquence d'intro aussi terrassante que celle du S02E01 avec le It was a very good year de Sinatra en bande-son, et aucun personnage aussi complexe, magnifique et terriblement humain que Tony Soprano, incarné par l'immense James Gandolfini, mort d'une crise cardiaque en Italie exactement comme prévu, hélas.

 

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to the end of love

Publié le 19 Juin 2013 par F/.

Parfois, parfois, l’histoire se hisse à la hauteur de la légende. On évoque des célébrations habitées à propos des concerts de l'enfant de Montréal - Leonard Cohen, fils de Nathan Cohen disparu alors qu'il n'avait que neuf ans, petit-fils du rabbin Solomon -, on dépeint des messes païennes & vibrant de ferveur, à vous tirer des larmes. On prétend que ces joies-là durent trois heures, quatre parfois, que le maître se fend d’innombrables rappels et disparaît sur un pas de danse. On dit que les gens frissonnent, se souviennent, sourient et pleurent ensemble, emplis de reconnaissance. Tout est vrai, et il faut se rappeler la chance qu'on a d’avoir ce monsieur sous la main encore, comme celle qu'on a d’abriter en nos coeurs et dans la vraie vie Dylan ou McCarthy, nos vieux prophètes sublimes et fiers. Ça ne durera pas, mais Leonard est debout, aujourd’hui, un peu de Dieu sur Terre, the golden voice à portée de soupir.

 

parisstreet

 

Ce que je retiendrai de la soirée d’hier à Bercy : l’élégance en toute chose. Cohen est le type qui s’excuse d’être là, d’ajouter sa voix à toutes les voix légendaires qui ont résonné sous la voûte. Cohen est le type qui passe son temps à vanter le talent de ses musiciens (il peut : klezmer, country, ballroom, ils sont tout simplement extraordinaires), qui serre les poings en swinguant, s’accroupit, risque trois notes de piano et, tandis que les applaudissements retentissent, s’arrête, faussement outré (« vous vous moquez de moi ? ») puis ôte son chapeau pour saluer la foule.

 

 

Les chansons ? Foudroyantes, bien sûr, immortelles – chacune un poème, un brûlot. « From the wars against disorder / from the sirens night and day / from the fires of the homeless / from the ashes of the gay / Democracy is coming to the U.S.A. » Leonard Cohen, vous vous en souvenez alors, est l’un des chanteurs les plus repris au monde, de Nick Cave à Bashung, de U2 à Nina Simone en passant par les Pixies et Jeff Buckley. Vous croyez ne pas connaître et vous connaissez pourtant. Suzanne. Hallelujah. So long, Marianne. First we take Manhattan. Et Le partisan, bien sûr, qui m’a ramené un an et demi en arrière, à ce terrible enterrement : « J'ai changé cent fois de nom. J'ai perdu femme et enfants. Mais j'ai tant d'amis. J'ai la France entière. »

 

 

Leonard Cohen commence sa carrière de chanteur à un âge où Liam Gallagher se fait péter les dents dans un bar de Munich. Quarante-cinq ans plus tard, il est toujours debout, et le monde vacillera méchamment quand sa musique et sa voix si grave n'en scanderont plus le désordre. « Yeah I missed you since the place got wrecked / By the winds of change and the weeds of sex / looks like freedom but it feels like death / it's something in between, I guess / it’s closing time. » - et un seul mot : merci.

 

Set 1

Dance Me To The End Of Love
The Future
Bird On A Wire
Everybody Knows
Who By Fire
Darkness
Ain’t No Cure For Love
Amen
Come Healing
Democracy
Anthem

Set 2

Tower Of Songs
Suzanne
Heart With No Companion
Waiting For A Miracle
La Manic
Lover, Lover, Lover
Alexandra Leaving  (Sharon Robinson)
I’m Your Man
Hallelujah
Take This Waltz

Encore 1

So Long, Marianne
Going Home
First We Take Manhattan

Encore 2

Famous Blue Raincoat
Le Partisan
If It Be Your Will  (Webb Sisters)
Closing Time

 

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saga mendelson

Publié le 14 Juin 2013 par F/.

Cinq albums en seize ans : on savait déjà, avec Personne ne le fera pour nous, que Mendelson jouait dans une division toute personnelle, un enfer aride hanté de fantômes délirants et cramés - Bashung façon L'Imprudence . Le triple album qui vient de sortir place la barre tellement haut qu'on est bien embêté pour les chanteurs dits "normaux". Pascal Bouaziz ne chante pas, d'ailleurs. Il scande, déplore, prophétise, de sa voix digne vibrant de haine et de pitié, sur fond de guitares grinçantes & absentes à elles-mêmes. Les textes sont ici : pas besoin d'en dire plus, en théorie. Soit vous ricanerez, comme les gens ricanent devant Crash ou une toile de Francis Bacon , soit vous plongerez dans les abîmes parmi l'acide et la paix hurlante. J'ai choisi mon camp sans réfléchir.

 

 

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même pas mal

Publié le 9 Juin 2013 par F/.

Iain Banks est mort, emporté par un cancer à l'âge de 59 ans. Je ne l'ai jamais lu mais il semblait très populaire. Je suis triste pour les gens qui l'aimaient. Les jours de pluie, comme aujourd'hui, je me dis que les auteurs partis ces temps-ci auront au moins la chance de ne pas assister à la mort délicate de la chose littéraire. Regardons les choses en face, examinons-les au moins sous un certain angle triste. Les librairies ferment. Les maisons d'édition leur emboîtent le pas avec une lenteur exaspérante. La multiplication savoureuse des petites structures, saluée comme une preuve de vitalité, impose en vérité un paradigme nouveau : auteur n'est plus un métier dont on peut vivre mais un rêve dont on doit jouir. Les rêves, on le sait, sont faits pour se réaliser, ici et maintenant, c'est-à-dire pour brûler : ce n'est qu'en mourant qu'ils auront frôlé la grande affaire du réel. Voici le classement Edistat des meilleures ventes de la semaine écoulée :

 

 

Le plus inquiétant (mais le plus normal, quand on y songe), c'est que tout le monde, désormais, "désire écrire", comme si la concomitance de ces deux verbes était une normalité, comme si l'écriture pouvait être autre chose qu'une sale maladie transfigurée par l'incongruité du talent. Que faire d'autre ? Choisir l'anonymat, la vénération secrète, la joie informulée ? Lire, c'est se donner à l'inconnu, se laisser bercer par une musique abstraite, s'offrir au ciel en pâture. Écrire, apparemment, c'est dire ce qu'on voit, ce qu'on sent, ce qu'on sait, appuyer sur F7 et attendre des like sur FB ou des articles dans un journal qu'on déteste mais qu'on fera semblant pour une fois d'aimer. (Parfois, des gens sur des blogs trouvent que vous n'êtes pas si bon. Pas de panique : il vous suffit de copier/coller l'article désobligeant et de laisser vos amis juges. Vos amis se feront un plaisir de tuer ce qui reste de pur en vous.) "You can’t be a reader and a writer. There isn’t enough time. You have to choose", écrivait je ne sais plus qui l'autre jour. Les gens ont choisi. Être aimé semble moins dégradant qu'aimer. Moins dangereux aussi.

 


 

Mais bien entendu, je ne pense pas un mot de tout ce que je raconte. Jusqu'ici tout va bien, et serrer les dents m'a toujours plutôt réussi. L'énergie est là, elle ne partira pas. Des lecteurs j'en ai vus à Montpellier - des merveilleux et des féroces. Certes, on ne saurait se montrer digne d'une chose qu'on n'a fait que transmettre et à laquelle on n'est même pas capable de trouver un nom, mais on peut accepter les mercis de bonne grâce et répondre sagement aux appels. L'autre jour, j'ai reçu un texte d'une lectrice de 18 ans qui sait écrire. Je veux dire : pour de vrai. On sent que ça la brûle, que ça la démange. Naturellement, elle n'a pas une once de confiance en elle. Parfait : l'artiste est nécessairement celui qui s'ignore comme tel. Dois-je encourager cette fille, la prendre sous mon aile ? Eh bien, elle écrit mieux à son âge que je n'écrivais à 25 ans mais enfin, ce n'est pas vraiment un gage de pérennité, et encore moins de succès. Alors je m'interroge. Je pourrais laisser sans suite, laisser les engrenages se mettre en branle, fumer le cigare métaphorique de l'observation attentive. Je vais déjà procéder à la danse du soleil.

 


Reçu hier Au revoir là-haut, fort aimablement dédicacé par Pierre Lemaitre. C'est un roman qui évoque l'après-guerre de 14 et qui paraît chez Albin Michel. On me demande de ne pas en parler avant la rentrée littéraire : très bien. Mais merci, Pierre Lemaitre-que-je-ne-connais-pas. Je n'aime rien tant que ces nouvelles rencontres, ces bouteilles jetées dans le vaste océan littéraire qui nous sépare et nous lie tous. 

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de l'année

Publié le 9 Juin 2013 par F/.

Il ne pleuvait pas sur Brest hier mais sur Montpellier, si : des seaux entiers. Commenter à l'envi les conditions atmosphériques restant la plus sûre façon de plomber un post, je m'attarderais pas sur le facteur bad luck ayant agrémenté la Comédie du Livre cette année - il paraît d'ailleurs que le phénomène est récurrent. Quoi qu'il en soit, j'étais ravi de retrouver les copains. Certes, je suis parti un peu comme un voleur, mais j'ai eu le temps de signer quelques livres, de rencontrer des lectrices/eurs très sympas, et de déjeuner avec Michael et Linda M., que je n'avais pas vus depuis beaucoup trop longtemps. Voir ce grand escogriffe simuler un début de malaise à la sortie des toilettes d'un pub local sous le regard consterné de son épouse ("oh, you gotta be kidding me") restera, en ce qui me concerne, le highlight de ce festival très agréable ; ça, et des interventions auprès de classes de CE1/CM1, superbement préparées. J'en ai à peu près fini avec les salons et interventions de toutes sortes, cette année, et je dois dire que je suis bien content. Rendez-vous dès septembre à Nancy, il me semble, pour de nouvelles aventures para-littéraires.

 

 


 

Une déclaration de guerre au mainstream qui rappelle les grandes années suicidaires de Talk Talk : le Field of Reeds de These New Puritans. "An album that will reward repeated listening by drip-feeding you its secrets" clame The Independent. Ouais, sûr. Disons, et même si ce n'est pas un gage de qualité per se, que la distance séparant Beat Pyramid (sorti en 2008) de ce 3e opus est largement supérieure à celle éloignant Pablo Honey de Kid A. La preuve en images et en son :

 

 

 

Les Anglais de Drowned in sound sont tombés à genoux ("Perhaps the great achievement is that, in delivering an album that invites close scrutiny, These New Puritans create an aural haven from the very lifestyle Field of Reeds challenges. Indeed, these songs elicit our full attention, they shut out emails and alarms and reminders and straight-up hijack your emotional amphitheatre. TNP strive to expose folly in the pursuit of human-made perfection and yet so nearly attain it. The nature of their triumph is spectacular"). Moi aussi : je n'écoute plus que ça à la maison et ça met une ambiance super.

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c'est qui, ce Melville ?

Publié le 6 Juin 2013 par F/.

Je vous en reparlerai juste avant, petits marcassins, mais du 24 au 28 juin prochain, sur France Culture, dans le cadre de l'émission Micro Fiction diffusée à 11h50 : Chef d'oeuvre ? Non merci !, réalisé par Jean-Matthieu Zanhd et écrit par votre serviteur. Ça ne dure que sept minutes mais je pense que ça devrait être marrant !


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basta la comedia ?

Publié le 6 Juin 2013 par F/.

Demain et samedi, je serai présent à la Comédie du livre de Montpellier. J'y retrouverai pas mal de copains, et carrément des amis. Sans ordre particulier : Marie Desplechin, David Calvo, Catherine Dufour, Mathieu Gaborit, Thomas Day, Claro et Michael Moorcock (parmi ces personnes : quatre au moins avec lesquelles j'ai eu le bonheur de travailler directement). Just like heaven, quoi. 

 

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