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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

animal on est mal

Publié le 30 Avril 2015 par F/.

animal on est mal

Il croit en un Dieu d'amour mais la religion des hommes le laisse sceptique, il aime les lamantins pour leur grâce de sirènes obèses, cite le grand Ron Carlson parmi ses auteurs favoris - trois raisons parmi d'autres de lui offrir un scotch si vous débarquez un jour en rêve dans le bar des raconteurs -, il a 33 ans, l'âge où certains meurent pour les autres, et lui se contente de brûler un peu (beaucoup) pour la littérature : David James Poisssant ? Une révélation, rien de moins. Le Paradis des animaux sort dans quelques jours chez Albin Michel, peu de temps après Toute la lumière que nous ne pouvons voir (autre bijou printanier fraîchement auréolé de son Pullitzer dont nous reparlerons ici très bientôt), et vous pouvez, vous devez l'acheter les yeux fermés : c'est un recueil d'une puissance considérable qui vous réconciliera avec la forme courte et la littérature du sud si tant est que vous étiez, quoi, fâchés ? - on ne sait jamais, un malentendu -, avec cette langue sèche et douce comme la main d'une sorcière, et cette cruelle empathie propre aux magiciens de la concision, ceux qui font tenir un monde en six pages, ceux qui n'ont besoin que de deux lignes pour camper une intrigue ou un personnage - "Quand Crystal l'a quitté, Cam a obtenu la garde de l'enfant, ce qui montre bien quel genre de mère elle était".

La couverture évoque un personnage de Bret Easton Ellis si Bret Easton Ellis s'intéressait aux gens fauchés, s'il voulait montrer autre chose que l'homme vide. Poissant, lui, s'intéresse à tout le monde : les salauds, les meurtris, les assassins, les suicidés du cœur, les funambules pleins d'ivresse, les clowns ébahis, les cons, les pleins de grâce, un peu vous, un peu moi. Vous pleurerez, sans doute, j'espère bien que vous pleurerez, ce n'est pas si fréquent d'avoir envie de dire merci quand on se prend une série de coups de poings dans la gueule - un chien qu'il faut tuer, un fils qu'on ne connaît pas, des gens doués pour la perte et l'échec, vous méditerez sur d'autres malentendus, d'autres amours, la fragilité du mot "possible", sur cette frontière entre le bien et le mal, sur les contours de la mangrove quand tombe le rideau noir d'une nuit sans lune. Vous verrez ce que ça fait, tiens, quand un loup s'invite chez vous et demande des mocassins.

"Je lui tends les mocassins, et le loup se lève pour les enfiler. Ils sont trop grands, mais il serre les lacets jusqu'à ce qu'ils fassent comme des balles de tennis autour de ses pattes, à l'image de celles que Tyler mettait aux extrémités de son déambulateur après la perte de sa première jambe.

"C'est tout ce qu'il me reste de lui", dis-je.

Le loup ferme les yeux et baisse le museau, l'air sombre; comme pour dire à la fois : Je suis sincèrement désolé et Je les prends quand même.

Vous verrez ce que ça fait, et vous n'en saurez pas plus, pas ici en tout cas : la prose de David James Poissant est pure animalité, pur poison naturel - le plaisir physique et très concret de la littérature est là, condensé en 330 pages, je laisse à d'autres les analyses techniques et les savantes interprétations allégoriques, moi, quand King Kong arrive, je ne sors pas mon guide de la forêt illustré.

David James Poissant, Le Paradis des animaux, traduit par Michel Lederer pour la magnifique collection Terres d'Amérique de Francis Geffard chez Albin Michel.

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le bon coup de fouet

Publié le 21 Avril 2015 par F/.

le bon coup de fouet

On a déjà tout écrit ou presque sur le nouvel album de Blur, le premier depuis 2003 et Think Tank, le premier avec Graham Coxon depuis 1999 et 13, & je ne suis ici pour vous convaincre de rien. Lors de l'été 1999 j'écoutais 13 quelque part à l'Ouest, c'était un album américain, foutraque et mélancolique qui m'allait bien au teint, ça sentait la fatigue, les ronces et les fissures. Depuis, je suis allé à Hong Kong, et ceux qui me suivent un peu ont compris que c'était devenu de façon assez inattendue ma ville préférée, pas la ville elle-même, bien sûr, mais l'image que j'ai réussi à m'en faire, ce mélange de grandiose et d'absurde, ce grouillement rassurant et terrible - la vie comme elle va, c'est-à-dire trop vite. Je suis béatement heureux que The Magic whip soit né à Hong Kong, y soit né deux fois, même, la première lors des bizarres séances d'enregistrement de 2013 consécutives à une tournée locale, la seconde lorsque Damon a compris qu'il lui faudrait revenir sur place il y a quelques mois pour mettre des mots sur la musique, heureux parce que tout ça me paraît faire sens - je pige cette ville, je vois ce son, parfait. Maintenant, est-ce que ce dernier album est bon ? La question est : aimez-vous Blur ? Voilà, vous avez votre réponse. Disons qu'on tient là l'un de ces come-back très rares qui, artistiquement, ne ressemblent jamais à un come-back - on ne peut soupçonner Albarn de courir après le fric (le prix des places au Zénith est d'ailleurs spectaculairement raisonnable, enfin, était), et il y avait tant de façons pour ce disque de ne pas exister -, disons que cet album aurait pu être enregistré en 1997 ou, mieux, en 2004, dans la foulée du précédent, si Graham Coxon n'était pas parti en vrille, si Damon ne s'était pas rabattu sur Gorillaz et l'Afrique et le reste et Alex James sur le fromage. The Magic whip est une sorte de best-of laidback majoritairement paisible, contemplatif, pop par endroits, coquin-ce-qu'il-faut, sans concession particulière, sans fanfare, sans bombinette punk mais équipé d'au moins deux tubes fédérateurs spécial concert (Lonesome Street, Ong-Ong), d'une chanson magnifique (My Terracotta Heart), d'une ballade ensoleillée (Ghost Ship), où chacun des quatre membres reprend sa place et retrouve son couvert comme si de rien n'était, comme si le temps était juste une blague. On les sent un peu éberlués, les gaillards, authentiquement surpris d'avoir accouché si facilement de cette bête improbable, et la patte rugueuse de Graham Coxon est bien là, posée comme celle d'un lion sur un morceau de bidoche, avec sa guitare comme mouche du coche. Par ailleurs, il faut se faire à l'idée que, contrairement aux Pixies ou à Radiohead, Blur est un groupe qui ne sortira jamais de "meilleur album" : c'est une affaire d'endurance, de régularité, une entreprise anglaise middle-class qui a parlé aux fillettes sautillantes de 20 ans circa 1992 et qui parle d'une autre façon aux quadras revenus de tout, le seul groupe qui n'a jamais su vraiment décevoir, saying : OK, votre vie ne ressemble pas vraiment au film que vous aviez écrit mais vous pouvez toujours compter sur nous pour la bande-son.

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london calling

Publié le 17 Avril 2015 par F/.

london calling

C'est l'histoire d'une femme qui prend le train chaque jour. 8h04, Ashbury-Euston. C'est l'été, l'air est moite. Rachel - elle s'appelle Rachel - observe les maisons de banlieue lorsque le train est à l'arrêt. L'une d'elle, tout particulièrement, attire son attention ; elle abrite une sorte de jeune couple idéal. Rachel regarde, imagine. Ce que sont ces gens, ce qu'ils font. Elle s'invente une histoire, comble les trous, embellit les détails. Jusqu'au jour où un autre homme arrive et enlace la jeune femme. Jusqu'au jour où la jeune femme disparaît. Rachel, c'est vous, c'est moi, Rachel, c'est l'ingénue ballotée, la curieuse jamais satisfaite, celle à qui l'on ment, celle qui veut savoir : une lectrice compulsive qui serait prête à tout pour entrer dans l'histoire.

J'ai commencé La Fille du train un soir, je l'ai fini le lendemain alors que j'avais autre chose à faire, je l'ai dévoré, à vrai dire, dans un état de fébrilité tout à fait anormale, comme le moine du Nom de la Rose qui ne peut s'empêcher de tourner les pages enduites de poison parce que sa curiosité est plus forte que sa raison. Le roman de Paula Hawkins est un piège, une mécanique redoutable dont on s'évertuera en vain à percer le secret. Il fait de vous un voyeur. Il fait de vous un grand lecteur malade. Aux États-Unis, depuis sa sortie il y a quelques semaines, il occupe la première place des ventes et ne laisse personne s'approcher. Deux millions d'exemplaires en ont déjà été écoulés, Spielberg a acheté les droits, etc. Tiendrait-on là le nouveau Gone Girl ? Il y aurait beaucoup à écrire, sans doute, sur ce que ce fulgurant succès révèle de la psyché occidentale. N'étant pas sociologue, je ne le ferai pas. Je ne sais qu'une chose. L'imagination est un petit carnivore insatiable que l'on peut rendre complètement cinglé en agitant devant sa cage des morceaux de viande de plus en plus appétissants. Puis en ne lui donnant plus rien. Plus en le gavant soudainement. Puis en lui retirant tout d'un coup. Que vous le vouliez ou non, ce carnivore fait partie de vous. En règle générale, il est difficile de prendre les blurbs du genre "si vous ouvrez ce livre, vous ne le refermerez plus avant de l'avoir terminé" au sérieux. Mais toute règle, on le sait, recèle une exception. Avec La Fille du train, Paula Hawkins invente le livre sadique. Le lecteur étant, par essence, un grand masochiste qui s'ignore, je peux vous promettre des heures d'un plaisir incomparablement coupable.

Ça sort dans deux semaines. Chez Sonatine évidemment.

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tout ça pour ça ?

Publié le 9 Avril 2015 par F/.

tout ça pour ça ?

Mad Men approche de son terme. Septième et ultime saison, clap de fin, les enfants disparaissent – bien sûr, je serai triste de quitter Don Draper mais mon chagrin sera à la mesure de la pitié que je n’aurai cessé d’éprouver à son endroit, à l’égard du miroir tordu fixé dans les chiottes de son âme, aussi, qui depuis le début ne renvoie rien d’autre qu’une grimace désabusée. Je ne comprends rien à ce que fabrique Don, pour être franc, son jargon et ses tactiques m’épuisent au-delà de la raison, je suis sûr qu’il ignore tout autant ce qui se trame, par ailleurs, et que cela participe grandement au succès de ce show, sans conteste l’un des plus déprimants qu’il nous ait jamais été donné de subir.

Le monde de la publicité n’est rien d’autre que celui de l’entropie, un territoire infertile truffé de symboles factices, un univers sens dessus dessous animé par un processus d’auto-dévoration permanente. Le travail, le travail inutile auquel vous vous livrez contre espèces, trace les frontières d’un enfer auquel vous espérez vaguement échapper en picolant et en baisant (activités auxquelles la majorité des personnages s’adonnent 24/24), ce jeu de survie ne faisant in fine qu’affoler le thermostat. Tout va de mal en pis dans Mad Men, on vous offre un ou deux suicides au début pour bien vous signifier que, hé-hé, il y avait effectivement des sorties à prendre et que vous ne les avez pas vues mais à présent, dans le temps suspendu du capitalisme totalitaire, de la morne domination de l’humain par le profit, ça n’en vaut plus réellement la peine.

Les femmes quittent les hommes, les hommes dénichent d’autres femmes, les femmes se rebellent, chacun essaie de s’en sortir à grands coups de costumes racés, de corsages arrogants et d’ultra-égotisme satisfait, Don s’efforce de plaquer sur sa tête des cheveux qui devraient à chaque seconde, à l’instar de ceux de Maldoror ou du Henry Spencer d’Eraserhead, se dresser d’effroi, Mad Men, en somme, raconte tout dès le titre : nulle part vous ne trouverez endroit plus sinistre, plus atrocement cinglé que le monde du fric et des pubards, celui où le talent d’un homme se mesure à sa capacité à vendre du vent tout en résistant à l’envie persistante de se tirer une balle dans la bouche. Mad Men, c’est American Psycho avant l’heure. Nul besoin de découper en rondelles des putes ou des clochards dans le vain espoir d’échapper au vide (de fait, nous sommes les putes et les clochards) : massacrer, c’est que nous faisons tous les jours de toutes les semaines de tous les ans du temps d’avant-la-mort dès lors que nous choisissons d’escamoter la question du sens. Ce n’est que lorsque vous passez dix ans à glander derrière un bureau, à prendre votre chapeau, à prendre des appels, à prendre un verre, à prendre votre secrétaire, que vous comprenez que le salut ne résidait qu’en vous mais que, hélas, vous êtes foutu depuis longtemps, au-delà de tout recours.

Deux chansons radicales scandent la série, deux bornes sur la route : Tomorrow never knows des Beatles (« Lay down all thought, surrender to the void ») et, dans ce 8e épisode, le premier des derniers sur la route pavée d’or plombé, le très cruel et très beau Is that all there is de Peggy Lee. D’une voix suave, tantôt ânonnant, tantôt faussement enjouée – mais en vérité au 36e sous-sol du building béton et cristal –, Peggy se demande si elle a raté un truc. Elle évoque les quatre révélations fondamentales de l’existence : le feu, le cirque, l’amour, la mort et à chaque fois c’est la même rengaine. Quelle étape ai-je loupée ? Quelle blague ai-je mal comprise ? Voilà : le monde est une farce et vous en êtes la chute, le générique était clair. Vous tombiez ! eh bien vivez maintenant, continuez votre petit machin autocentré – c’est rigolo, et pour ce que ça changera…

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je me la raconte pour le 93

Publié le 9 Avril 2015 par F/.

je me la raconte pour le 93

Tu veux savoir pourquoi ce blog existe ? Je ne le sais pas moi-même. Tu veux savoir pourquoi chaque jour sans un post de l'ami Claro est un jour aussi utile qu'un bulletin de vote glissé dans une urne russe ? Rien ne nous interdit d'en parler. Dans le cadre du Festival Hors Limites de Seine-Saint-Denis par exemple. Si tu t'armes de quelques grammes de volonté et de RTT et de freestyle, si tu slalomes entre les microparticules, surfes entre les grèves, braves l'apathie et la malchance, opères une translation moléculaire toute en douceur vers la Salle de la recherche de la Bibliothèque de l'Université Paris 8 (détails ici), ça peut marcher, ça doit marcher, ça va le faire - sans compter que l'inoxydable/inestimable Catherine Dufour posera sans doute deux-trois questions délicieusement embarrassantes. See you there ?

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silence radio sur nos imaginaires

Publié le 3 Avril 2015 par F/.

silence radio sur nos imaginaires

(un appel relayé un peu partout ces jours-ci, et pas de raisons que ça s'arrête)

Au quinzième jour de la grève menée par les personnels de Radio France pour défendre une certaine idée de la radio publique dans notre pays, nous, auteurs de fictions radiophoniques, voulons dire notre soutien au mouvement engagé depuis le 19 mars.

Présentes sur France Culture et France Inter, ce qu’on appelait autrefois les « dramatiques radiophoniques », et qu’on nomme aujourd’hui simplement les fictions, connaissent une vie nouvelle depuis l’avènement du podcast. Le site des fictions de France Culture (fictions.franceculture.fr) permet l’écoute en accès libre et gratuit — même si certains voudraient oublier que cette gratuité a un coût — PERMET L’ÉCOUTE, cela va mieux en le criant, de ce qui est imaginé par des auteurs (de Marguerite Duras à Patrick Modiano), interprété par des comédiens (de Jeanne Moreau à Denis Podalydès) et mis en ondes par des réalisatrices et réalisateurs, assistantes et assistants, opératrices et opérateurs du son, bruiteuses et bruiteurs... Les termes longtemps masculins pour désigner ces métiers ne sont heureusement plus de mise aujourd'hui.

Les fictions radio nourrissent de manière profonde et discrète l’imaginaire d'une époque. Elles bruissent dans le poste au moment où on s’y attend le moins, font connaître de nouvelles plumes, entendre de nouvelles voix, sont un lieu inouï d’innovation narrative et sonore. Des centaines de milliers d’oreilles goûtent chaque semaine des textes inédits, des adaptations de romans, BD, classiques et contemporains, produits jour après jour par Radio France et reconnus dans le monde entier pour leur excellence (en 2014, deux fictions de France Culture ont reçu les prestigieux prix Europa et Italia).

Ces fenêtres ouvertes pour l’imaginaire des enfants, des adolescents et des adultes, ce creuset de voix qui rassemble tous les métiers de la radio, sont gravement menacés par les réformes en cours.

En rognant sur les moyens de la radio publique, l’État par défaut rend moins libre la parole portée par les ondes.

Notre temps de cerveau disponible y survivra sûrement.

Notre sensibilité et notre intelligence, beaucoup moins.

Les auteurs de fiction pour l’avenir de la radio publique : Benjamin Abitan, Yan Allegret, Wladimir Anselme, Yann Apperry, Yacine Badday, Mariannick Bellot, Arno Bertina, Hélène Bleskine, Jean-Yves Bochet, Christophe Botti, May Bouhada, Geneviève Brisac, Alice Butaud, Nicole Caligaris, Claude Carré, Amandine Casadamont, Thomas Cheysson, Fabrice Colin, Sophie Couronne, François Cuel, Jean-Paul Curnier, Daniel Danis, Fejria Deliba, Philippe Dohy, Caroline de Kergariou, Gerty Dambury, Maryline Desbiolles, Marie Desplechin, Simone Douek, Sedef Ecer, Annie Ernaux, Amalia Escriva, Éric Faye, Nicolas Flesch, Hélène Frédérick, Claudine Galea, Michel Gendarme, Eugène Green, Dominique Gros, Katell Guillou, Célia Houdart, Israel Horovitz, Nancy Huston, Elias Jabre, France Jolly, Joël Jouanneau, Victoria Kaario, Pedro Kadivar, Camille Kohler, François Koltès, Nathalie Kuperman, Marc Kressmann, Carine Lacroix, Stéphane Lambert, Emmelene Landon, Jean Larriaga, Linda Lê, Bertrand Leclair, Alban Lefranc, Claire Le Luhern, Sophie Lemp, Kristel Le Pollotec, Sophie Loubière, Daniel Martin-Borret, Philippe Malone, Marcus Malte, Fabrice Melquiot, Stéphane Michaka, Manuela Morgaine, Émilie Mousset, Mariette Navarro, Mamadou Mahmoud N’Dongo, Tarik Noui, Jean-Pierre Ostende, Yves Pagès, Anouch Paré, Benoît Peeters, Sylvie Peju, François Perache, Emmanuelle Pireyre, Véronique Pittolo, Virginie Poitrasson, Martin Provost, Sonia Ristic, Christian Roux, François Schuiten, Pierre Senges, Jean-Pierre Siméon, Romain Slocombe, Elsa Solal, Anne Terral, Franck Thilliez, Pauline Thimonnier, Jean-Philippe Toussaint, Cécile Wajsbrot, Martin Winckler...

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