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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

accidents waiting to happen

Publié le 12 Septembre 2008 par F/.

Il m'est apparu ce matin, en relisant quelques pages du récent recueil de nouvelles d'Haruki Murakami, puis deux ou trois chapitres soigneusement sélectionnés du Roman russe d'Emmanuel Carrère tout juste paru en poche et que j'avais déjà parcouru en librairie il y a plus d'un an (mais cela aurait pu tomber sur le dernier Richard Ford, ou le fabuleux Zone de Mathias Enard, ou l'ahurissant Bêtes sans patrie d'Uzodinma Iweala, oui, je jongle un peu en ce moment), que le mal intrinsèque & sans doute incurable dont souffre la science-fiction en ce qui me concerne et qui est, depuis des années, la raison secrète (mais jusqu'alors informulée) pour laquelle je désire tant m'en éloigner, est qu'elle demeure à mes yeux une littérature d'idées et de concepts dépourvue d'authentiques et simples émotions soit, en théorie du moins, et dans la mesure où mes accomplissements ne se hissent que rarement à la hauteur de mes intentions, mon exact opposé - incapable que je suis, pour aller au plus direct, de lire quelque ouvrage de philosophie ou de sociologie que ce soit de façon approfondie mais fermement déterminé à me lancer, comme je le fais maintenant, dans l'écriture d'un roman de 500 000 signes sur la foi, - et le terme n'est pas innocent -, d'une unique, misérable et sublime chanson (Savannah Smiles d'Okkervil River, que vous dénicherez ailleurs dans ces pages), de la même façon que La Fin du monde m'a été inspirée par le Easy/lucky/free de Bright Eyes, Invisible par le Lost in the paradise de Caetano Veloso, Sayonara Baby par le mOBSCENE de Marilyn Manson ou La Mémoire du vautour par le Lucky du Radiohead, pour ne citer que les quelques exemples qui me viennent à l'esprit. Aussi alambiqués soient-ils, mes romans ne naissent en définitive que d'un frémissement du réel, et l'acuité du regard qu'ils portent sur le monde est celle du myope que je suis - le type qui ôte sciemment ses lunettes pour voir les choses en flou et se délecter de sa méconnaissance des structures et de son amour des couleurs. Au fond, il n'est guère étonnant que David Calvo soit le seul écrivain du milieu avec lequel je me sente une quelconque parenté, même si d'autres ont toute mon estime, et moins étonnant encore que le milieu en question considère icelui avec une sorte d'admiration sceptique - le masque souriant de l'incompréhension complète. Je le sentais quand je discutais avec lui il y a dix ans et demi exactement dans un train traversant les Alpes à vitesse réduite, et j'en suis à peu près certain maintenant : nous sommes le fruit d'une regrettable erreur de casting, mais cette erreur nous constitue, et le meilleur est devant nous.

http://impressive.net/people/gerald/2006/11/18/17-33-54-sm.jpg
La soirée Pynchon était très bien. Qui n'a pas entendu Claro incarner de très germanique façon Son Altesse Franz Ferdinand dans Contre-Jour p. 58-62 ne sait rien du rire et de la joie d'être ensemble à s'écouter parler autour du plus grand écrivain des cinquante dernières années. Fort heureusement, et comme nulle disgrâce n'est éternelle, une séance de rattrapage est prévue jeudi prochain à l'Arbre à lettres, dans le 14e.
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L
Hello Fabrice, par quel livre me conseilles-tu de commencer pour tenter d'aborder Pynchon ??<br /> Bon il faut que je déniche ce Savannah Smiles pour me faire une petite idée (si possible) de ton prochain roman (étant absolument inculte en musique et pas seulement en musique d'ailleurs...). Ceci dit j'ai 4 (oui 4 !)romans de toi à la maison, mais je les garde pour le meilleur (j'ai toujours peur de manquer, alors j'engrange pour me remonter le moral en cas de déprime :) Mais c'est pour bientôt !!<br /> Bon week end... <br /> j'ai loupé Bashung à Rouen en Juillet.
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D
je me souviens de ce train ^^
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