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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

un essai pour la suite

Publié le 6 Octobre 2009 par F/.

Les traces, sur la neige, dessinent des arabesques fiévreuses. Mes pensées télescopées : je ne suis pas seul. Les gens sont partis. Le monde est un danger.

Une voix, cependant, domine toutes les autres.

Ceci n’est pas la fin.

Otant mes lunettes de soleil, le front brûlé, je balaie l’horizon de mes jumelles. Un désert aveuglant.

Le vent hurle mais je ne sens rien. Je suis retourné dans la station tout à l’heure et j’ai choisi une combinaison à ma taille. Dans ma poche avant, un pistolet d’alarme. Je range mes lunettes, reprends mon ascension.

C’est un montagne, une sorte de pente obstinée, raclée par la tempête. Sur la glace, mes pas crissent et raclent. Chaque mètre parcouru est un petit combat gagné.

Les seules brumes sont celles de mon esprit. Des images du passé se mêlent en désordre aux visions du présent. Mon père, ma mère, la petite Mei, bien sûr, quelques visages amis. Je me revois dans cet avion. La façon dont j’aurais dû m’écraser. Le miracle de mon atterrissage. Et le silence, ensuite : l’appréhension et le silence. Cette station perdue au milieu de la banquise. Le Grand Rien.

Je me retourne pour jauger le chemin parcouru. Quelques mètres encore et je serai au sommet. Les traces, peu à peu, disparaissent. J’ouvre une poche latérale, sors une barre aux céréales, tente maladroitement de l’ouvrir avec mes gants.

Aucun goût. Mais la consistance me suffit. Bon sang, je suis vivant ! Lentement, essoufflé, je mastique en contemplant le paysage. Combien de temps vivrai-je seul en ces lieux, si c’est le destin qui m’attend ? Combien de temps avant de sombrer dans la folie ?

Non, non, souffle une voix au plus près de mon cœur, l’histoire ne peut s’arrêter ainsi, il y a une raison à ta présence ici, il y a une raison à tout.

Et me revoici en route. Un pas après l’autre, une main sur la cuisse, soulever la jambe, inspirer, assurer ses appuis.

Une éternité. Le soleil absurde, les mugissements du vent, un pas après l’autre. Dix fois, je songe à rebrousser chemin. Dix fois, je repars. Enfin, le sommet s’annonce.

Quelques pas encore et –

Je cligne des yeux, ébloui.

C’est…

C’est une sorte de cratère. Une vaste étendue plane, barrée d’arêtes rocheuses. Comme une immense patinoire.

Et je souris : oui, il me semble que cette grimace s’appelle sourire. De la terreur ou de l’émerveillement, impossible de décider ce qui chez moi l’emporte.

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g@rp 07/10/2009 18:00


Mais que vois-je ? De la concurrence dans le domaine de la chasse aux coquilles ? Eh oh, pas de blague, hein ! Pas envie d'être au chômage technique, moi. ;-)


Sylvie 07/10/2009 13:58


Oui, oui, continue comme ça, ils attendent tous la suite (et moi aussi d'ailleurs) !


Julien 06/10/2009 20:38


Merci pour cette "mise en bouche" !
Néanmoins au début du 6ème paragraphe, il y a une coquille... il me semble bien que l'on dit une montagne à moins que dans l'univers Colinesque il s'agisse d'un montagne...
Merci