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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

a new drug

Publié le 28 Juin 2011 par F/.

Avec un misérable 4% sur Rotten tomatoes et des recettes mondiales de $2,483,277 (pour un budget double), le Twelve de Joel Schumacher est ce qu'on appelle un bide absolu. Tiré du premier roman de Nick McDonell, il n'est évidemment pas aussi nul que ces chiffres terrifiants pourraient le laisser craindre. C'est - en gros - l'histoire d'un type qui a perdu sa mère trop jeune et qui, malgré ça, à cause de ça ? est devenu dealer pour des étudiants de l'Upper East Side. Son cousin est camé, ses copains sont paumés ou violents ou les deux, et une nouvelle drogue bien virile a récemment fait son apparition (bon, rétrospectivement, quand on regarde ça, on a plutôt envie de sourire). Comme de juste, les choses commencent mal et se terminent affreusement avant que le somptueux Only if you run de Julian Plenti, diffusé pendant le générique, laisse entrevoir une mince possibilité de rédemption. Nick McDonell, qui a écrit Twelve à 17 ans, a été comparé assez hâtivement à Bret Easton Ellis, traduisez : son bouquin est plein de jeunes gens argentés qui se droguent, doux Jésus. C'est certes un peu mince et de fait, le scénario oscille étrangement, tournant autour de son sujet comme une chouette aveugle avant de se heurter à une fin programmée - comme si le lien entre causes et conséquences était irrémédiablement rompu et remplacé par un mélange de fatalité et d'ennui. Mais les images sont belles, parfois, la tristesse entêtante, et McDonell n'est pas le wonder boy superficiel qu'on pourrait croire. Son récent et famélique Guerre à Harvard, où il décrit ses années d'études pendant la guerre du golfe, est la chronique blanche et désenchantée d'une génération uniquement préoccupée d'elle-même. "Et des anciens élèves, qui font des donations, reviennent sur les lieux du criment et disent : Quelques années après la fac, maintenant que nous sommes au pouvoir, nous savons enfin qui nous sommes vraiment." Ce livre (oui, je m'éloigne du sujet, mais vous l'aurez compris : Twelve meublera gentiment une soirée d'été) s'est invité entre mes mains pendant que j'écrivais la fin de Cut, et le fait que plusieurs scènes de Twelve se déroulent sous une certaine horloge mécanique de Central Park, lieu de la scène finale de mon propre roman, ne pouvait que m'interpeller et, peut-être, renforcer l'affection trouble que j'ai ressenti pour le film.

 

http://www.anglesdevue.com/wp-content/uploads/2010/09/Twelve3.jpg

 


 

Cut, justement - qui pourrait ou pourrait ne pas garder ce titre : ça avance, on tient le bon bout. J'ai vu mon éditeur hier, qui était très content, dit-il, le livre sort en février, les épreuves seront disponibles trois mois avant, il reste un peu de travail mais je dois dire que suis ravi des suggestions de corrections qui m'ont été faites, et de la façon dont tout ceci s'annonce. Quand la voix de l'éditeur se superpose aussi naturellement à celle de mon surmoi littéraire, je peux croire que tout va bien se passer et que le livre va être meilleur que ce qu'il aurait pu être.

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Daniel H 29/06/2011 21:13


J'attends Février ;-)


brice 29/06/2011 16:14


Et si j'abuse sournoisement de certaines relations pour tenter de faire inscrire Cut dans la liste des acquisitions d'une bibliothèque l'année prochaine, ça peut marcher ou bien ?


F/. 01/07/2011 09:24



Il faudra te manifester le moment venu.



brice 29/06/2011 11:56


Bon ben vu que je ne suis pas libraire...


katharine 29/06/2011 09:40


je suis arrivée trop tard pour "l'île du sommeil", donc je m'inscris dès maintenant sur la liste qui n'existe pas encore pour les épreuves du livre qui ne s'appelera sans doute pas "cut"


F/. 29/06/2011 09:43



Tu es libraire, peut-être ? Ah ouais. Bon. On verra.