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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

clowns tragiques, fantômes sublimes

Publié le 18 Janvier 2012 par F/.

Quelque part entre les envolées bizarro-cinglées de Talking Heads et la barb-wired pop des inévitables Pixies, qui n'ont jamais caché leur dette envers David Thomas et son crew, Worlds in collision est aujourd'hui considéré comme l'album le plus accessible de Pere Ubu, groupe de clowns sublimes à l'abri du succès que les plaisanteries d'un certain camarade de jeu m'ont soudain remis en mémoire. C'est un joyau iconoclaste post-punk truffé de petites bombes vicieuses et d'au moins un hit, le surprenant soul-esque Cry cry cry, qui s'est écoulé à des millions d'exemplaires dans ce monde fameux où Arno Schmidt a reçu le Prix Nobel de littérature. "Pere Ubu, écrivait un certain Paul Mather en 1985, will be looked back on as the most important group to have come out of America in the last decade and a half. Either that or they will be entirely forgotten..." Le destin, ce technocrate aux oreilles bouchées, semble avoir fait son choix. Pissons-lui joyeusement à la raie et dansons sur l'imparable morceau-titre qui, pas plus tard qu'en 1991, célèbre les noces de la new-wave et de l'accordéon comme si le temps n'existait pas.

 


 

Quelque chose de complètement différent ? Essayez donc El Tren Fantasma de l'ex-Cabaret Voltaire Chris Watson, disque sans musique et hors du temps, qui donne à entendre l'épopée finale d'un train mexicain sur une ligne abandonnée qui traversait autrefois le Mexique d'ouest en est - à rebours de la mort, donc. Effrayant comme la colère d'un monstre oublié, le résultat est un chef-d'oeuvre de musique concrète, une sorte d'audio-book sans paroles qui vous fera voyager bien plus loin que 99% de la production musicale actuelle. La moiteur, la ferraille, la poussière, le vertige, les fantômes - El Tren Fantasma n'est rien moins qu'un trip fantasmagorique au pays du son, une oeuvre qui risque de vous faire reconsidérer l'idée même que vous vous faites de la musique. "Última llamada para el Tren Fantasma !" - dix étapes harassantes et sublimes, une fugue psychogénique qui ne vous laissera pas indemnes. Les gens de la BBC écrivent ça mieux que moi : "It’s during the points of human absence that El Tren Fantasma works best. Here Watson’s ability to create whole worlds, entire lifetimes in the listener’s imagination, beyond the moment of recording, comes to the fore. Brushwood and tall grass sway beneath the breeze crossing canyon slopes, while constant cicada chatter is punctuated by the distinctive calls of woodpecker and crow. Pieces such as Sierra Tarahumara and Crucero La Joya exhibit an uneasy, natural repose; pregnant with calm, yet forever teetering on the brink of an automated avalanche. Indeed, it might be with heavy heart that you hear the train’s clanging signal bell presaging its oncoming passage. In this particular man versus nature fight for survival, it’s the latter that wins by a knockout."

 

http://images.junostatic.com/full/CS441503-01A-BIG.jpg

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David Thomas 18/01/2012 15:32

"Worlds in Collision", you dunce, not "Collision of Worlds".

F/. 18/01/2012 15:45



Ouah, la honte sur moi et ma descendance. Faut que j'arrête avec le mezcal. C'est corrigé, merci !