Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

considérations surnaturelles

Publié le 7 Mars 2012 par F/.

En ce moment, sur mon bureau, un pingouin en peluche me surveille. C'est un pingouin d'Orlando qui appartient à mon fils et qui ressemble exactement à ça (le pingouin, pas le fils) :

 

http://boutique.plushtoy.fr/WebRoot/ce_fr/Shops/186372/4B79/0B70/BF95/3AA4/D90A/C0A8/8008/CC37/PINGUOIN53142_lg.gif

 

"Tiens, papa. Il va rester avec toi pour voir ce que tu fais." Ne nous y trompons pas : les enfants nous observent du coin de l'oeil et pratiquent des rituels étranges et contre-nature. Objets de notre adoration angoissée, les enfants se jouent des tabous et des peurs - surtout des nôtres. Ils posent des questions telles que : "Oui mais quand tu seras mort est-ce que je pourrai avoir ton ordinateur ?" et "Est-ce qu'au paradis on jouera ensemble ?". Puis ils partent regarder Bob l'éponge ou les Simpson en mâchonnant quelque chose, mais quoi ? Et ne restent que leurs rires. Il y aurait beaucoup à écrire sur Itchy et Scratchy, série in the série, exutoire masqué produit en Corée et coeur véritable du show, dont les titres d'épisodes mythiques, Dazed And Contused, Four Funerals And A Wedding ou Remembrance Of Things Slashed ont toujours fait mon ravissement. Itchy et Scratchy, c'est ce que les enfants aiment vraiment, c'est le rire face à la mort. Non seulement Neil Gaiman et Tim Burton n'ont rien inventé, mais je les soupçonne d'essayer de se rassurer avec leurs petits contes gothiques.

 


[...] Nous sommes amenés tout naturellement à chercher dans le monde de la fiction, dans la littérature, au théâtre ce que nous sommes obligés de nous refuser dans la vie réelle. Nous y trouvons encore des hommes qui savent mourir et s'entendent à faire mourir les autres. Là seulement se trouve remplie la condition à la faveur de laquelle nous pourrions nous réconcilier avec la mort. (Freud)

 


 

J'ai laissé provisoirement de côté Les Vies parallèles du maître hongrois Nádas pour me concentrer sur le troisième tome de 1Q84. C'est ce qu'on appelle la pente douce, la voie de la facilité, la promenade printanière. Il n'empêche. Certains procédés résistent à l'analyse et, comme toujours en pareil cas, je ne peux m'empêcher de me demander comment l'auteur travaille. Est-ce que les murs du bureau de Murakami sont recouverts de schémas emberlificotés et pervers, à la manière des parois crâniennes d'un serial-killer métaphysique ? Est-ce que ce salaud souffre bien mille morts avant d'oser écrire le premier mot de sa première ligne ? Est-ce qu'il continue de réfléchir en faisant autre chose, est-ce qu'il se rend compte que plus on réfléchit, plus la vérité s'éloigne, est-ce qu'il réalise que l'écrivain est comme ce nageur imprudent emmené loin de la rive par un courant trompeur, un malheureux qui ne peut qu'espérer être ramené au bord de la même façon qu'il en a été arraché, c'est-à-dire malgré lui ? Y a intérêt.

 

Commenter cet article

Elise 09/03/2012 15:15

Puisque tu parles des enfants et de la mort, question de la cousine de ton dit-fils hier soir :

" Bambi, c'est triste, sa maman elle meurt. Mais bon, il devient papa, à la fin. Du coup son papa devient papi, hein. Mais est-ce-que la maman de Bambi, qui est morte, c'est à dire plutôt
est-ce-que les os de la maman de Bambi, deviennent quand même des os de mamie ? "

Je te laisse lui répondre pour la prochaine fois.

Pascale 07/03/2012 23:47

Dans "Autoportrait de l'auteur en coureur de fond" Murakami confesse que pour lui écrire ce n'est pas de la tarte: "Une fois que vous essayez de vous y atteler, vous comprenez très vite que ce
n'est pas une mission aussi paisible qu'il y paraît. Le processus tout entier-s'asseoir à sa table, focaliser son esprit à la manière d'un rayon laser, imaginer quelque chose qui surgisse d'un
horizon vide, créer une histoire, choisir les mots justes, l'un après l'autre, conserver le flux de l'histoire sur les bons rails-, tout cela exige beaucoup plus d'énergie, durant une longue
période, que la majorité des gens ne l'imaginent. " Tu vois, tu n'es pas seul à souffrir (et je ne te parle même pas de ce que moi, j'endure).

Eve 07/03/2012 15:20

Je viens de comprendre à quoi sert l'hippopotame vert en peluche qui trône sur ma table de chevet et que je n'ai pas le droit de ranger ^^