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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

essaie encore

Publié le 26 Février 2013 par F/.

Des albums de la trempe d'An awesome wave, on n'en découvre pas tous les jours. Une smart-pop aérienne et racée soulignée d'accents world - du Vampire weekend cérébral et songeur, si l'on veut. La légende veut que le titre du premier album d'Alt-J soit en partie inspiré d'American psycho de BEE. Sur scène, hélas, les quatre de Leeds sont tout sauf des tueurs. On le craignait un peu, à vrai dire, mais ça s'est confirmé : Joe Newman a bien du mal, vocalement parlant, à tenir la distance. Cette fragilité pourrait forcer l'attendrissement si le set n'était pas si bref, et la basse si tristement bourdonnante. Malheureusement, les types arrivent, jouent les morceaux de leur album, et rideau. Il s'avère en fait - et là, j'en reste un peu sur le cul - qu'ils n'ont rien d'autre sous le coude (la dernière fois que j'ai vu un concert aussi bref, c'était en octobre 1991, avec Blur au festival des Inrocks. Mais ça bougeait cinquante fois plus). Alors on a bien compris :  le Mercury Prize, une presse aux anges, il faut rentabiliser tout ça, et rapido. Mais sans back-catalogue, l'exercice frôle le foutage de gueule. "Finalement, souligne Marie D. de l'Express [L'Express, hein : pas le NME], le meilleur moment du concert, c'est quand, à force de persuasion, de sifflets et de hurlements, le public parisien a faire revenir le groupe pour un deuxième rappel. Quand ils sont remontés en scène un peu essoufflés, et qu'ils avaient perdu Joe, le chanteur. Quand ils se sont excusés de si peu de professionnalisme, et se sont décidé à faire une reprise, parce qu'ils n'avaient rien d'autre sous le coude."Il y a quelques années, dans des conditions similaires, nous découvrions The Wild Beasts, pour lesquels Alt-J a parfois ouvert. Aujourd'hui, le gap qui sépare les deux groupes sur scène a quelque chose d'embarassant, et on en vient à souhaiter que tout ça ne soit pas qu'un feu de paille, une autre histoire de groupe pressé comme un citron et jeté aux orties dès la fièvre retombée. "If this is what's getting tagged as an "innovative" success these days, then heaven help the weirdos", soulignait il y a peu un journaliste de Pitchfork. Sur le moment, je l'ai trouvé méchant. Consolons-nous donc.

 

 

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