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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

fanfare triste, fanfare joyeuse

Publié le 8 Avril 2010 par F/.

La Fanfarlo est, à l'origine, une nouvelle de Baudelaire : Madame de Cosmelly, en promenade dans le jardin du Luxembourg, croise un ami d’enfance, Samuel Cramer. Elle se confie de ses déboires matrimoniaux : M. de Cosmelly la délaisse, pour une autre femme, une danseuse qu’on appelle La Fanfarlo. Samuel Cramer s’engage à mettre un terme à cette idylle. Mais rapidement lui-même s’éprend de cette troublante Fanfarlo…

De nos jours, Fanfarlo est un groupe londonien applaudi par Bowie, un groupe avec mandoline et trompette dont le premier album, Reservoir, produit par Peter Katis (The National, Interpol), sorti en février 2009 dans un relatif anonymat, commence enfin à faire parler de lui, et pas seulement pour sa pochette, ornée d'une photographie de la soeur du chanteur de Sigur Ros (le truc, assurément, à placer en soirée).

Certains critiques se confient : depuis peu, paraît-il, des fans délaissent Clap your hands and say yeah ou Beirut pour un autre groupe aux semblables atours. Décidé à mettre un terme à cette idylle contre-nature, j'avoue m'être moi-même rapidement épris de la troublante fanfare de Simon Balthazar.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/b/bf/Fanfarlo_Reservoir.jpg

Les comparaisons avec Aracade Fire fleurissent ici et là ; j'avoue qu'elles m'échappent. Fanfarlo, clairement, ne joue pas dans la même catégorie, et déroule ses ritournelles un peu gitanes avec l'humble aisance d'un groupe indifférent à l'avenir et aux vents contraires. Moins de lyrisme grandiloquent, moins de noirceur habitée, on est certes loin - mais ce n'est pas un problème en soi - des hymnes épiques de Funeral, premier album comme il n'en sort qu'un tous les dix ans.

Et, oui, bien sûr qu'on a déjà - plus ou moins - entendu ça ailleurs. Il n'empêche : sous les couches de violons tristes, de guitares éraillées ou mutines, de pianos de saloon ou de cabaret, Reservoir recèle quantité de petites gemmes taillées pour durer, et ses onze douze titres (ne manquez pas Sand & Ice, un bonus track comme on aimerait en entendre plus souvent) pourraient bien hanter notre printemps avec une insistance joyeuse en attendant le retour annoncé de Win Butler et des siens, qui ont, eux, un deuxième album à se faire pardonner.

 

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Anaïs 08/06/2010 19:19


Aaaah c'est un nid à découverte ce blog !! :)


Nébal 08/04/2010 11:18


"le retour annoncé de Win Butler et des siens, qui ont, eux, un deuxième album à se faire pardonner."

Ca, c'est bien sévère, tout de même...


F/. 08/04/2010 11:20



Par rapport au premier, s'entend. La plupart des groupes se contenteraient de Neon Bible, qui est un assez bon album en soi, certes. Mais ça n'a pas été le saut quantique espéré, loin de
là. Cela dit, j'ignore s'il était seulement possible de "sauter". On va le savoir bientôt.