Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

félicitations ?

Publié le 22 Mars 2010 par F/.

Je ferai donc partie de la - maigre, selon toute vraisemblance - cohorte de ceux qui préfèreront amplement Congratulations, le second album de MGMT, au multi-platiné et multi-célébré Oracular Spectacular, un peu trop glam et sacchariné, voire complaisant, à mon goût.
Pour faire vite : ceux qui attendaient de voir le duo new-yorkais surfer sur la vague du succès en seront pour leurs frais. Oui, il y a bien une vague et une planche de surf, mais, comment dire ?

 

Quand la hype menace de vous manger tout cru, l'unique salut réside dans la fuite. En tons criards, la fuite. Désordonnée, sans concession, quasi aveugle. Titre par titre, et après trois écoutes, cela nous donne :
It's working - début assez musclé, production léchée, aisance mélodique toujours bluffante. Un morceau qui s'éparpille dans une multitude de directions sans en choisir aucune : tout l'album est déjà presque résumé.
Song for Dan Treacy - une pop-song catchy en diable, déglinguée juste ce qu'il faut, droit dans les traces des Television Personalities évidemment, mais aussi - et c'est plus inattendu - dans celles des pas-complètement-défunts Libertines.
Someone's missing - un début lent, quasi accoustique, et une fin en reverb / technicolor. Un peu court pour convaincre pleinement.
Flash delirium - joyeusement destructuré, un morceau sous lourde influence Bowie. A 2:52, je ne parviens pas à me départir de mon enthousiasme initial. Sans doute appelé à devenir un hymne en concert.
I found a whistle - début à la guitare sèche, arrangements raffinés, final beatlesien. Une leçon d'efficacité.
Siberian breaks - la grande affaire de l'album : plus de onze minutes pop psyché, trois ou quatre morceaux accolés, mélodies souvent foudroyantes. Très difficile de ne pas songer au Smile des Beach Boys, voire au Forever changes de Love ou aux deux premiers albums de The Left banke. Comme les Pink Floyd sont là aussi, difficile de ne pas penser à un cours accéléré sur le passage des 60's aux 70's. Les MGMT, élèves talentueux et appliqués ou authentiques psyché-punks assoiffés de sensations nouvelles ? L'énigme demeure.
Brian Eno - on retourne à l'esprit de Song for Dan Treacy, en un peu plus rock peut-être. Amusant, mais pas vraiment une révolution.
Lady Dada's nightmare - instrumental avec hurlements. L'instant Apocalypse now - un passage presque obligé.
Congratulations - intro japonisante légère pour ballade américaine apaisée, intensément peace & love. On se croirait à Big Sur en 1967, avant les handclaps et le retour de la harpe. Petits applaudissements en fin de morceau. Pour qui ? Comme si Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden, un brin ébahis de leurs audaces, hésitaient à se féliciter eux-mêmes.

http://3.bp.blogspot.com/_pc-qDCkIlWs/SlwHyPRoEOI/AAAAAAAACSU/1xd713prvkY/s400/cover.gif

Sur le résultat d'ensemble, je réserve encore mon jugement définitif. Le grand amateur de sixties américaines que je suis, cependant, est évidemment fort bien disposé envers ce - seulement - deuxième album, qui a dû donner moult sueurs froides aux commerciaux de leur maison de disques. Les MGMT planent dix coudées au-dessus de la concurrence, on le savait depuis Time to pretend. Mais où va les amener la vague ?
Commenter cet article

Anaïs 08/06/2010 19:22


Mon groupe préféré :) Magnifique.


Jérôme Al' Durou 23/03/2010 02:22


Tu m'as sacrément donné envie de l'écouter ! Je récupère l'album dès que je peux. Merci encore !

Al'