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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

gall-master

Publié le 15 Juin 2011 par F/.

Nous sommes passés hier à une autre de ces soirées parisiennes qui m'aident à me rappeler pourquoi je n'habite pas ailleurs que dans la capitale. J'y ai retrouvé des copains, oui, mais "on" m'a fait promettre de me calmer sur la frime à deux balles et les révélations intimes, et "on" est puissant et persuasif - dont acte. Lecteur avide de détails croustillants et d'allusions sulfureuses, passe donc ton chemin, oh oui passe-le, car ceci est un article sérieux, quasi ampoulé, à la limite de l'emphase larmoyante. Donc. Ahem. Voilà : j'ai rencontré Oliver Gallmeister il y a, quoi ? quelque chose comme deux ans et demi à l'occasion d'une soirée Atout Livre consacrée au Das Kapital de Viken Berberian, et je l'ai tout de suite kiffé grave, comme dirait Rachida Dati. Un an plus tard, nouvelle soirée Atout Livre, avec cette fois David Vann en vedette pour la sortie de son premier roman en France. Mail d'Oliver : "Je n'aime pas faire de pub pour les livres que je publie, mais tu ne pourras pas ne pas adorer Sukkwan Island et David est un auteur dont tu pourras dire à tes petits-enfants, dans 40 ans : "Putain, mes p'tits gars, j'vous jure, j'ai rencontré ce type : c'était son premier roman, et ça déchirait grave à l'époque, et il était pas connu du tout ; c'était bien avant ce qu'on appelait alors le prix Nobel, vous avez pas connu ça, mais c'était du temps où les gens lisaient des livres en papier… Ça paraît dingue, je sais… C'était avant le 3e Empire, on avait encore le droit de vote en France." La suite, on la connaît : Prix Médicis du meilleur roman étranger pour Sukkwan Island, bouche-à-oreille dantesque, ventes dépassant les 150 000 ex., traductions dans seize pays, adaptation ciné probable et d'autres livres-tueurs à venir, dont le redoutable Désolations à paraître à la rentrée, lu d'une traite il y a deux jours, et assurément plus dense et fort que son prédecesseur. Cependant, achtung babies : David Vann ne saurait être l'arbre qui cache la forêt (vous noterez au passage l'emprunt subtil au champ lexical nature writing ; c'est un métier). En cinq ans de paris magnifiques, Gallmeister a construit un catalogue à nul autre pareil. J'échange, par exemple, une bonne partie des rentrées littéraires passées et à venir contre une seule pépite de Rob Schultheis. Ou contre le romantisme acide d'Edward Abbey et sa mystique du désert. Sans oublier Craig Johnson, Trevanian, Ron Carlson, et la presque-intégralité du catalogue, à mon sens (les bienheureux retardataires fileront sans tarder préparer leur expédition ici). C'est un fait : il aura fallu moins d'une demi-décennie aux éditions Gallmeister pour devenir un label, une garantie, un sésame - la promesse de lectures intenses taillées dans le bois, la roche et le vent. La magie validée par le réel : il est bon de savoir que ce monde nous réserve encore de telles histoires. Les libraires ne s'y sont pas trompés, d'ailleurs, et la soirée des cinq ans, qui se tenait hier dans un bistrot de la montagne Sainte-Geneviève, ressemblait fort à un plébiscite - celui d'une littérature libre et sauvage. Longue vie !

 

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Enfin quand même, c'est pas pour dire, mais j'étais content de retrouver mon horrible copain éditeur de livres pour lecteurs jeunes et innocents et d'aller embêter avec lui la toujours pétillante Joëlle L., dont l'une des innombrables gloires est d'être citée dans une planche des Frustrés de Brétécher (au sujet duquel dont il était question il y a peu dans ces pages) qui s'ouvre sur cet échange légendaire : "Qu'est-ce qu'on fout là exactement ?" / "Y a que des cons." Ah oui : et j'ai croisé aussi François V. de Sonatine, en train de lire mon bouquin [insérer ici : bruit de déglutition], et le chef des ventes dudit Sonatine, qui a promis de m'emmener en tournée au Canada et à New York, ah ah, j'aurais dû l'enregistrer, celle-là.

 


 

Et puis à 23h40 je reçois un mail totalement inattendu d'une auteur à succès éminemment discrète qui trouve toujours, on ne sait trop comment, le moyen de lancer des petites étoiles magiques au milieu de la nuit et de donner l'impression qu'on a causé hier. Cette fille donne des nouvelles deux fois par an en moyenne mais c'est toujours très bien.

 


 

Alors maintenant, j'écoute Wu Lyf en boucle, c'est volcanique et épuisant, Arcade Fire à l'asile avec des bidons et un orgue, les Stone Roses après la fin du monde, Sigur Ros sans les geysers - et pour l'heure, je réserve mon jugement.

 

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Pierre Le Gallo 23/06/2011 17:20


Bon, alors Désert solitaire, le gang..., Little Bird et Sortilèges de l'Ouest oui bien entendu, je viens de les commander, mais quoi d'autre, siouplait? Car des claques comme Sukkwan Island, ils
nous en faut d'autres mon bon monsieur.