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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

kafka sur le rivage

Publié le 24 Juillet 2013 par F/.

Si j'en parle ici, honnêtement, c'est surtout pour éviter d'avoir à raconter cent fois cette instructive histoire aux copains mais aussi, il faut bien le dire, parce que je suis devenu un putain d'expert à l'insu de mon plein gré, et que j'aimerais que ça se sache - si jamais je peux aider quelqu'un à mon tour. Il y a un mois de ça, nous étions partis pour acheter un appart à Paris : une maison, pour être plus précis, située à l'intérieur d'une copropriété. Un vrai coup de cœur, ample, lumineux, atypique - état impeccable. Le seul souci, sur lequel notre notaire a commencé à attirer notre attention après avoir plongé son nez dans les papiers, se situait au niveau d'une cave qui, suite à des travaux de réparation, avait été agrandie avec l'autorisation de la copropriété mais sans permis de construire, charge étant laissée à l'acquéreur d'obtenir ledit permis. Pas une simple formalité, nous disions-nous, mais pas un truc insurmontable non plus, sur le papier. Sauf que. De fil en aiguille, et au terme d'un périple kafkaïen dans les méandres de la Direction de l'urbanisme de Paris, nous avons fini par découvrir que le bien pour lequel nous nous apprêtions à casser notre tirelire était en réalité un local commercial et non un logement véritable au sens administratif du terme. Wtf ? Evidemment, ça ne crevait pas les yeux quand on le visitait, puisqu'il y avait là quatre chambres, un salon, une cuisine, deux salles de bain, etc., que le propriétaire payait une taxe d'habitation, et que le compromis laissait planer un doute subtil sur la destination du bien, sobrement désigné sous le nom de "local." Le truc marrant, c'est que le proprio a découvert le problème en même temps que nous. Autant dire qu'il déprime sec, en ce moment. Hé, buddy, tu sais, la maison dans laquelle tu as vécu douze ans ? Eh bien, pour la mairie de Paris, ce n'est pas une maison. Vous allez me dire : and so what ? La réponse est simple : le prix du m2 commercial n'a rien à voir avec celui du logement. Ah oui, et en cas de sinistre, vous ne pouvez pas reconstruire à l'identique. Alors bon, nous sommes courageux, hein, mais pas  suicidaires. Enseignements principaux : choisissez soigneusement votre notaire - le nôtre nous a sauvé la mise, mais certains peuvent se montrer  étonnamment cavaliers, i.e. prompts à conclure une transaction bancale en dépit de leur obligation d'impartialité et de protection du client - ET, si vous vous trouvez en présence d'un bien de type loft, usine rénovée, etc. ; vérifiez scrupuleusement la destination du bien : local commercial ou habitation ? La bonne foi du vendeur ne suffit pas, non plus que l'apparence du local, la mention notariée ou le paiement d'une taxe d'habitation. Parce que, évidemment, tous les locaux commerciaux ne peuvent être transformés en habitations (c'est le cas de celui que nous étions sur le point d'acheter) : il y a des règles à respecter, qui dépendent du Plan local d'urbanisme. Résultat des courses : j'ai perdu trois semaines de ma vie, et j'ai appris plein de trucs qui ne m'intéressent pas du tout en me baladant dans l'enfer des bureaux et des lois.

 

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