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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

l'appétit du néant

Publié le 15 Septembre 2013 par F/.

 

Il y a des gens qui aiment le Bourgogne, le Riesling ou la bière blanche. Il y a des gens qui aiment Léon Tolstoï, James Ellroy ou Amélie Nothomb. Il y a des gens qui aiment l'Italie, le free-jazz, le SM, les orchidées, la marche en montagne, les chiens, les dimanches matins, le Sud, le Nord, le Grand-Ouest, les makis, le vieux comté, les brocantes, la pluie d'automne, le basket, les repas en famille, l'origami ou les films d'horreur fauchés. Mais personne n'aime sa putain de banque, chers pubards débiles de Fortuneo, parce que personne n'aime un système - parce que personne n'a choisi ce système. "La société contemporaine est devenue massivement indigne et, à part quelques imbéciles heureux, tout le monde subit ce désastre" affirme Stiegler dans une belle interview publiée - surprise - sur le site de l'Express. Ce cher Bernard nous promet les pires emmerdes à court terme si nous continuons à prêter allégeance à cette partie abstraite du monde qui voudrait nous faire croire que nous pouvons ou devons aimer le néant. Miguel Benasayag, à propos de l'argent : "Selon une caricature tragique de la philosophie de Hegel, nous assistons à une désubstantialisation de la marchandise, et du monde, dans lequel posséder signifie posséder les moyens de posséder." La publicité décrit un monde qui n'existe pas dans l'espoir que nous nous y dissoudrons avec calme et discipline. Fortuneo ne dit pas autre chose. Son slogan est une insulte.

 

 

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William 01/10/2013 15:47

Oh oui, cette pu!&*? de pub HSBC. Et pas qu'à CDG.

Je tiens à partager un moment de joie.
Il y a quelques semaines, dans une salle de cinéma, je glisse entre LA pub oasis et LA pub maif (vous LES connaissez) à ma voisine qu'il faudrait lancer un mouvement pour huer les pubs au
cinéma.
Étant raisonnablement lâche, je ne vais quand même pas m'y coller moi-même.
Suit une pub interminable (présentée comme un court métrage), incompréhensible (donc pour du parfum, celle-là je les flaire en 5 secondes) et parfaitement minable. Et là : joie, bonheur, plénitude
sociale, la salle se met spontanément et unanimement à huer cette chiure.
Parfois j'aime les gens.

F/. 01/10/2013 16:22



Ah oui c'est devenu un phénomène. C'est Shalimar je crois. Un truc hallucinant. Ce serait bien si ça pouvait lancer une mode.



Aussenwelt 25/09/2013 23:31

Chez B for Bank, ils font aussi des pubs grandioses. (sic)

Je crois que le summum en matière d'horreur et de messages propres à faire vomir, ce sont les HSBC placardées dans Charles De Gaulle :

"Dans le futur, tous les marchés auront émergé" (!)

"Dans le futur, chaîne alimentaire et chaîne d'approvisonnement ne feront qu'un".

Et autres joyeusetés du même acabit.

D'autres messages de cet acabit.

Jean-Paul Brethenoux 18/09/2013 12:24

Bonjour,
@ Nathalie, longtemps avant Facebook, les hippies dénonçaient le slogan publicitaire "Shell que j'aime" ou un truc comme ça.
@ Laurent Gidon, il me semble que ce qui exaspère Fabrice, c'est l'éloge du néant ou le nihilisme version friquée. La pub a tout envahi. Lorsque Dick imaginait dans Ubik des spots publicitaires se
matérialisant dans l'espace quotidien et qu'il fallait flinguer pour s'en débarrasser, on n'est pas loin des fenêtres pop-up sur le web. La vidéo surveillance de 1984 existe dans le Réel. Je pense
aussi à l'Incal de Jodorowsky et du regretté Moebius racontant les mésaventures de John Difool : un monde horrible où le Techno-Centre et l'Ekonomat se sont alliés pour contrôler toute la
société...

laurent gidon 17/09/2013 08:43

Hélas, si les pubards étaient débiles, cela ferait un bon siècle qu'on se passerait de leurs services supposés ineptes. Mais - et encore hélas - ils ne font que nous dire ce que l'on a envie
d'entendre lorsqu'on se situe dans leur "cœur de cible".
Chaque fois qu'une pub paraît nulle ou insultante, commençons par nous dire "elle ne s'adresse pas à moi"... avant de passer à la suite logique : "ceux à qui elle s'adresse ont quand même des goûts
et des attentes étranges".
Ne crois pas que je défends la pub, elle n'en a pas besoin : elle ne fait qu'occuper une place libre dans l'écosystème économique de la même façon que n'importe quel être vivant dans l'écosystème
biologique. Si la pub n'avait plus sa place, elle disparaîtrait assez vite.

F/. 18/09/2013 12:32



Ah, ça t'arrive d'avoir envie d'entendre ce que dit une pub, toi ? Moi, jamais. A mes yeux, la publicité est simplement une industrie qui travaille patiemment à l'abrutissement des masses.


Ce n'est pas un hasard si, par exemple, les jeunes des cités sont hyper sensibles à des marques comme Nike : on leur vend un rêve pourri et ils y sont vulnérables, parce qu'ils n'ont pas les
armes intellectuelles pour se rendre compte du tour odieux qu'on est en train de leur jouer.
Bien sûr que les pubards ne sont pas débiles - c'était une expression. Ils sont simplement cyniques, et c'est mille fois pire.
C'est peut-être tout l'écosystème économique, comme tu le dis, qui est à revoir. La vérité, c'est que si la pub disparaissait, elle ne manquerait à personne, sauf à ceux qu'elle fait vivre.



Nathalie 16/09/2013 20:03

IL y a je ne sais combien de milliers (je n'ose relever les compteurs) d'utilisateurs Facebook qui aiment un bijoutier auto-justicier...N'est-ce pas FB qui a anéanti le sens du mot aimer, les
publicitaires ne faisant qu'entériner cet état de fait, de défaite plutôt ? Et de repenser à ces croyants convaincus qui s'offusquent qu'on puisse employer le mot adorer pour parler des frites ou
des dernières frasques de Lady Gaga...