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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

le début de quelque chose

Publié le 2 Mai 2013 par F/.

Hé, vous aviez peut-être pensé ne jamais lire un truc aussi naze et déprimant que "ce blog tourne un peu au ralenti ces temps-ci" : eh bien, désolé. Théoriquement, c'est le moment où j'avance des raisons - ceux qui me suivent un peu se doutant bien que l'excès de taf ne saurait en faire partie. Alors bon, je pourrais expliquer que tout ce bordel autour du mariage gay m'a légèrement rincé mais la vérité, c'est que je n'ai rien fait de spécial à part rédiger deux ou trois notules et répondre à quelques nuisibles sur FB, ce qui était plutôt rigolo si on admet que le tragique peut être drôle aussi. Les cinq/six mois écoulés auraient pu me conforter dans mes convictions si le moindre doute m'avait traversé mais ça n'a jamais été le cas. Mon constat : des gens prêts à défiler pour interdire à d'autres des droits qui ne leur enlèvent rien ont un problème, et ce problème s'appelle la trouille. C'est moche, mais on peut vivre avec. Le reste ? Eh bien, hasardons un pronostic : le crise va nous valoir dès cet été un tourbillonnant revival disco avec Daft Punk en figure de proue, et ça me fait super flipper. On the bright side : j'ai lu un livre merveilleux. Le Livre de la vie, de Stuart Nadler, sort ces jours-ci chez Albin Michel dans une traduction magistrale de Bernard Cohen, et vous devriez vous précipiter. J'ai déjeuné avec l'éditeur de cette pépite hier, et il fait le modeste, mais ce recueil de nouvelles écrit par un mec d'à peine 35 ans a de quoi rendre fou d'envie et d'amour le plus aguerri des prosateurs. De quoi est-il question ? De l'existence et des rapports familiaux en Nouvelle-Angleterre côté juif. Vous allez me dire : quoi de neuf. L'écriture, mes enfants. Le sens du détail et du clair-obscur, la vie comme combat permanent contre la pesanteur et la tristesse. C'est très ennuyeux d'expliquer en quoi tel ou tel bouquin est magique, et c'est merveilleux en même temps de ne pas pouvoir le faire - ça signifie que le mystère de l'écriture résiste à l'analyse et au trivial (OK : j'ai concocté cette phrase pour dissimuler le fait que je n'étais pas à la hauteur). Par exemple, la dernière page de Plus que béni, septième et dernier texte, vous explique que Dieu existe, et vous y croyez, et vous ne savez vraiment pas pourquoi, parce que seul le "comment" est intéressant. Achetez ce livre, revenez me dire que vous l'avez aimé, et nous serons amis pour la vie.

 

 

Et maintenant quelque chose de complètement différent :

 

 

Ne me demandez pas quand sort la suite : je n'en sais rien, c'est compliqué, j'y réfléchis, c'est en tractations, brrrref.

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Philippe M. 20/05/2013 15:39

À cause du titre du post, j'ai cru que vous alliez parler de cet excellent roman de Hugues Jallon paru chez Verticales, mais en fait non.

christelle layes 05/05/2013 13:33

ca tombe bien ,je vais pouvoir le racheter, il a disparu du CDI

Aurélien 03/05/2013 15:50

"Mon constat : des gens prêts à défiler pour interdire à d'autres des droits qui ne leur enlèvent rien ont un problème, et ce problème s'appelle la trouille. C'est moche, mais on peut vivre avec.
"

Le plus triste je trouve, après toutes ces turbulences, c'est que des sujets bien plus importants (c'est mon humble avis de breton) comme, par exemple, l'aéroport de Notre-dame-des-Landes, sont
complètement passés à la trappe...

Pascale 02/05/2013 19:54

J'ai lu ces derniers jours Joan Didion (Blue nights) dont tu avais dit grand bien. Tu avais raison, alors je vais sans doute essayer Stuart Nadler, mais j'ai d'abord un autre truc à lire, qui a
l'air pas mal: "ta mort sera la mienne", ça s'appelle.