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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

marrakech (3)

Publié le 25 Octobre 2010 par F/.

Les jardins de Majorelle, où sont dispersées les cendres de Yves Saint-Laurent, sont bien la merveille promise. Seul problème : ils sont bourrés de Français. On reconnaît le Français au fait qu'il râle tout le temps, qu'il se déplace en taxi, voire en calèche, et qu'il aime se faire prendre en photo devant les monuments. En somme, le Français est un Allemand avec une propension accrue à marchander. Gentleman, je prends un groupe en photos. Le type revient chercher son appareil. "J'ai cru que vous alliez partir avec.

- Oui, c'est ce que je fais habituellement.

- Mais pas cette fois-ci, ah ah.

- Non. Parce qu'il est peu pourri, votre appareil.

- Ah oui. Ah ah."

 

http://www.ideal-tours-marrakech.com/images/majorelle-garden-marrakesh.jpg

 

Nous repartons vers la Medina comme nous sommes venus, c'est-à-dire à pied. Sur le chemin, nous nous arrêtons au Acima, le Auchan local - sauf que Auchan a repris ses parts, enfin, c'est un peu compliqué. Nous y trouvons des boîtes d'Oreo à 60 dirhams - vraiment très intéressant. Et aussi du Caprice des Dieux. Bref, c'est un peu la lose.

Retour au bercail. En chemin, comme tout le monde a faim, nous nous arrêtons dans un truc qui - comment dire ? C'est une mémé qui prépare à manger. Des sardines grillées, des frites, des lentilles, et c'est tout. Ah si, il y a des tripes de on-ne-sait-pas-quoi-mais-on-veut-pas-savoir. Faisant fi des conseils du Lonely Planet et du bon sens hygiènique le plus élémentaire, nous décidons que cette mémé nous plaît et que nous allons tenter le coup. Nous montons donc à l'étage, passons devant des chiottes/ évier où trempe une eau de vaiselle saumâtre. Trop tard pour faire demi-tour. Nous sommes, cela va sans dire, les seuls touristes que cet endroit ait accueilli au cours des dix dernières années. Nous nous installons sur des chaises graisseuses, sous un plafond d'1m50, devant un ventilateur brassant un air tiède du meilleur effet. On nous apporte nos plats. Les sardines sont très bonnes : parfumées à la coriandre. Les frites sont parfaitement froides. Les lentilles sont ok. Le coca ressemble à du vrai coca, ce qui est étonnant si l'on considère l'aspect de la bouteille. Bref. Nous mangeons en échangeant des regards inquiets. Puis nous descendons pour payer : 50 dirhams tout compris. Bon, au moins, si on est malades, ce sera pour pas cher.

Dans l'après-midi, je me rends chez le coiffeur-barbier du coin. Le type exhibe des lames de rasoir inquiétantes et j'ai l'impression d'être dans un épisode des Soprano - si Tony était musulman. Pendant l'appel à la prière, le coiffeur suspend son geste. Il est excessivement gentil. J'ai des écorchures partout mais c'est normal, m'explique-t-il, c'est parce que j'ai le sang chaud. Euh, ok. Il passe dix minutes à me remettre d'aplomb. "Combien je vous dois ?

- Ce que tu veux, mon ami.

- Ah."

Je laisse une somme inespérée pour lui et pour moi aussi et nous nous quittons bons camarades. Chaque fois que je repasse devant chez lui, maintenant, il me dit bonjour. Les commerçants de la Medina ont la faculté hallucinante de se rappeler les visages de chaque touristes, éternellement. Ils vous voient une fois, ils ne vous oublient plus jamais.

En fin d'après-midi, nous ressortons. L'ambiance est beaucoup plus cool que la veille. L'inscription "touriste ahuri" a dû disparaître de nos visages. Nos regards sont fermes, nos gestes à peu près assurés, Katia explique à tout le monde qu'elle n'achètera rien, qu'elle repassera, qu'elle a le temps, etc. Les vendeurs hochent la tête. "Bienvenue." "Bienvenue" est une sorte de mot passe-partout qu'on lâche quand on ne sait pas quoi dire d'autre, au contraire de "merci pour la gentilesse" qui signifie "maintenant, je te conseille vraiment de cracher ton fric." Nous achetons à Nathan un maillot du FC Barcelone que nous négocions avec une âpreté très relative. En vérité, se faire arnaquer est un plaisir de riches. Désormais, notre fiston est deux fois plus populaire, si c'est possible. Il faut dire que le Barça - et Messi en particulier - jouissent ici d'une côte d'amour proprement ahurissante. Un mec sur deux lève le pouce : "Barcelone, hein !" Nous finissons sur Djemaa El Fna, as usual, et achetons trois kilos de dattes, abricots secs, amandes et figues séchées. Nous sommes parés pour, disons, deux jours. Plus personne ne nous emmerde avec les singes et les serpents. D'ici une semaine, d'après mes calculs, ma femme va demander la nationalité marocaine.    

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Thibaut 06/11/2010 13:16


"Puis nous descendons pour payer : 50 dirhams tout compris. Bon, au moins, si on est malades, ce sera pour pas cher."

J'ai pas pu retenir un énorme Sourire après cette phrase.

(J'suis un spécialiste de la bouffe pas cher... Mais qu'en France pour l'instant. Qui sait pour plus tard... =P)


Une fidèle lectrice 26/10/2010 10:48


Bonjour,
J'epère que Marrakech vous plait, et que vous profitez bien de votre séjour, car ici il fait très froid.
Je souhaitais juste vous précisez, sauf erreur de ma part, que la monnaie courante du Maroc est le Dirham !
Voilà.
En espérant que votre virée Marocaine est à votre aise,
Une fidèle lectrice.


F/. 26/10/2010 11:07



Etourderie de ma part. Réparée ! Merci !



Aylin 26/10/2010 00:05


C'est marrant, ces petits textes. Clairement pas très travaillés, une sorte de déconstruction de votre style. (C'est pas un reproche, j'aime beaucoup. C'est intéressant et ça décomplexe.)
Keep 'em coming!