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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

marrakech (5)

Publié le 26 Octobre 2010 par F/.

Le matin : expédition vers la medersa Ben Youssef, dont le principal intérêt est de se trouver à deux pas du riad et de figurer sur la liste des trucs-à-voir-absolument-sinon-t'es-pas-un-vrai-touriste. L'école coranique, édifice d'inspiration arabo-andalouse assez grandiose, reconnaissons-le, abritait en son temps près de 900 étudiants entassés dans des cellules genre prison. "Tu vois, ai-je tenté d'expliquer à ma fille, à l'époque, ça ne rigolait pas, on travaillait pour de bon.

- Oh papa c'est trop joli !

- Euh, t'as entendu ce que je disais ?

- Oui oui." (Elle regarde les mosaïques).

Après quoi nous sommes allés manger. Les restaurants, à Marrakech, c'est un peu comme à Rome : à peine êtes-vous assis qu'on vous apporte plein de choses que vous n'avez absolument pas demandées : des pains, des sauces, de l'eau, etc. "Non merci. Un pain, ça suffira. Non non, on a déjà de l'eau, ça va. Choukran." Dix minutes après, toute honte bue, nous hélons un serveur : "Euh, on peut avoir un autre pain ? Ah oui, et de l'eau aussi."

Quelques détails intéressants appris aujourd'hui :

"Balek" signifie en susbstance : "poussez-vous les mecs, je suis derrière vous, j'ai une grosse charette et je n'ai aucune intention de m'arrêter !" ;

Les chats n'appatiennent à personne : on les aime bien mais on ne les laisse pas entrer chez soi ;

Le musc provient des glandes d'un chevrotin d'Asie mais peut être obtenu artifciellement : les vendeurs prétendent qu'il est produit par des gazelles. Ben voyons. Sur wikipedia, cette précision d'importance : "à faible dose, le musc a une odeur animale et boisée, avec de vagues relents de sécrétions sexuelles et d'excréments. Yi-haa. Vous m'en mettrez trois kilos cinq" ;

La meilleure façon de négocier dans un souk, c'est d'avoir deux porte-monnaies. Vous repérez ce que vous voulez acheter. Vous décidez du prix maximum que vous êtes prêts à mettre. Vous transférer la somme en question du porte-monnaire primaire, qui contient tout votre argent, au porte-monnaie secondaire, qui va servir de leurre. Vous abordez le vendeur en confiance et vous commencez à négocier. Quand vous en avez marre, vous ouvrez le porte-monnaie secondaire sous le nez du malheureux. "De toute façon, regarde mon ami, c'est tout ce qui me reste." Normalement, le type prendra un air meurtri et finira par céder. Cette méthode a été testée et validée par ma femme : si vous avez  un problème, c'est à elle qu'il faudra se plaindre. Mise en pratique chez un marchand de trucs de décoration. "Combien, ça ?

- Ecoute, je te fais un bon prix, d'accord.

- C'est quoi un bon prix ?

- Tu es française. Tu es mon amie. Cinq cent dirhams.

- Ah, ah (quiconque a déjà entendu ma femme s'esclaffer sait combien ce "ah ah" peut être vexant).

- Non sans rire, madame, pour les Américains, c'est mille dirhams.

- Mais je m'en fous, moi : je suis française.

- Attends, combien tu veux donner ?

- Je ne sais pas.

- Dis un prix quand même.

- Deux cents dirhams.

(Le type met la main sur le coeur. Imaginez la tête que vous feriez si on vous apprenait que vous aviez un cancer métastasé au foie. Eh bien c'est exactement cette tête qu'il fait).

- Deux cents, madame, c'est même pas le prix de la fabrication. Pour deux cents dirhams, tu as ça en plastique.

- Bon, ben je vais l'acheter en plastique, alors. Allez, au revoir.

(Ma femme s'en va).

- Attends, madame ! Madame !

(Je vous épargne les dix minutes qui suivent. L'histoire se termine avec le coup du porte-monnaie secondaire. Deux cents dirhams : adjugé, vendu. Le type fait un peu la gueule - style je n'ai pas vraiment de métastases au foie, juste un cancer primaire - et nous repartons, avec la douce certitude de ne nous être fait que modérément entuber.)

 

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Dans l'arrière-boutique avec Nathan, j'ai eu le temps de regarder un bout de match de Barcelone, 2 - 0 pour le Barça. Nathan portait toujours son maillot, un vendeur lui a pincé le bras, "c'est bien, hein, Messi !" Sauf que Messi n'était pas sur le terrain ce soir. Bah, who cares ? Samedi, nous allons essayer d'aller voir un match de l'équipe locale. Les Marocains semblent ne porter qu'un intérêt très mesuré à leur propre football, mais ils trippent sur l'Espagne comme c'est pas permis.

Une note sur le hammam de ma femme : c'était pas si bien, finalement. Elle est "un peu déçue." C'était "un peu l'arnaque". De lait d'ânesse, de miel, de pétales de rose, il n'a nullement été question. Grand seigneur, je n'ai même pas tenté de l'accabler. Je sais qu'elle n'a pas dit son dernier mot.

[Edit de la principale intéressée à destination du lectorat féminin de ce blog] C'est au nom de toutes les femmes que je me suis rendue dans ce hammam. C'était une prière , un geste de solidarité, une pensée unique : celle du bien-être et de la volupté, pour toutes celles qui triment, les valises sous les yeux et parfois le cheveu légèrement gras. J'ai voulu dire stop au nom de l'amour, de la beauté et de la glande de chèvre (bon sang que je suis déçue : une gazelle c'est tout de même plus sexy). J'y retournerai, oui, pour me faire enduire les zones duveteuses de sucre et de citron, je suis sûre que vous savez de quoi il s'agit et, non, ce n'est pas d'une crêpe bretonne. [Fin de la parenthèse. Ce blog est en train de se barrer tout doucement en sucette.]

Vu sur la place, ce t-shirt :

 

http://www.le-savoir-est-une-arme.com/photo/resize/274x362/007.jpg

 

Ah, et sinon, nous partons demain aux portes du désert : si ce blog ne reprend pas jeudi soir, c'est que - enfin, voilà.

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Alwenn 28/10/2010 15:29


Non, non, ça ne part pas en sucette ! C'est un plaisir de lire vos pérégrinations familiales ! Dépaysant. Et plein d'humour. As usual. Bonne suite de séjour ! :)


Florence 27/10/2010 18:24


Eh bien moi j'aime beaucoup quand ce blog part en sucette !