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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

montre-moi ton truc

Publié le 7 Janvier 2011 par F/.

Il y aurait peut-être un article à écrire sur les chanteurs malades - je veux dire, physiquement malades. Je vous avais déjà parlé de Bradford Cox il y a peu, et de son affection génétique, indirectement responsable de quelques-uns des plus beaux albums de la décennie écoulée ; il va peut-être falloir désormais compter avec le Canadien John O'Regan, invisible de ce côté-ci de l'Atlantique dans les bilans de fin d'année et dont la métamorphose quasi idéologique (du rock indé au beat eighties minimaliste et martial) s'est accomplie en grande partie, semble-t-il, dans la solitude d'un lit d'hôpital. La vidéo du bien-nommé Show me your stuff (morceau hélas absent de l'album) est, comme toutes celles de son incarnation Diamond Rings, un véritable acte de courage - ainsi qu'un rapide coup d'oeil jeté aux commentaires homophobes de certains philistins de youtube devrait vous en convaincre, alors même que le parti-pris glam outrancier de l'artiste s'inscrit de toute évidence dans un sillon tracé, de Bowie à Lady Gaga, depuis des décennies déjà - et en éclipserait presque ce qui fait la force de la chanson : aisance mélodique et vocale insolente, précision rythmique chirurgicale, sens implacable de l'anthem et de la dérision. Les convertis se pencheront sans tarder sur les autres clips disponibles et découvriront, avec Special Affections, l'histoire d'un freak qui voulait devenir Depeche Mode à lui tout seul et qui, l'espace de quelques titres, y serait plus que parvenu.

 

 


Sinon, je suis allé voir Somewhere. C'est un film sur l'ennui d'être une star et, effectivement, la réalisatrice a l'air de pas mal se faire chier. Heureusement, elle compte bien plus d'amis que son personnage principal : son père, son frère, son cousin, son mec, son ex - ce qui permet au halo de hype qui l'entoure depuis ses débuts de faire encore passer auprès de certains critiques un manque évident d'inspiration pour une sorte de spleen mondain censé souligner, on l'imagine, la déréliction de l'époque. La meilleure scène, curieusement, est celle qu'accompagne le fabuleux You only live once des Strokes en version accoustique. Ailleurs, hélas, peu de musique, et il faut vraiment être amoureux de Los Angeles comme je le suis pour trouver le moindre intérêt aux pérégrinations de Stephen Dorff (Elle Fanning, évidemment, est renversante, mais elle serait renversante dans un documentaire sur les burritos). La bande-son serait-elle le véritable secret des films de Sofia Coppola ? Quand défile le générique de fin, avec le Smoke in your eyes de Bryan Ferry dont on pressent qu'il nous fera reconsidérer les 98 minutes écoulées avec une mansuétude attendrie, on n'est pas loin d'en être convaincu.

 

http://www.thewritingnut.com/wp-content/uploads/2010/08/elle-fanning.jpg

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Lord Orkan Von Deck 07/01/2011 19:51


Très bon le clip, très bon. C'est fin et insolent. c'est glam

Pour Somewhere, j'avoue que ça donne pas très envie ... mais en même temps, moi qui ait adoré Lost in translation et passablement apprécié Marie Antoinette, moi qui ait vibré avec Virgin suicides,
serait je vraiment déçu par ce film ?


Lisa 07/01/2011 16:58


Je crois en effet que Sofia fait des films de filles qui parlent aux filles. J'ai beaucoup aimé la vacuité de Somewhere, mais finalement je crois que j'aime bien le vide au cinéma (aussi).
Et cette chanson des Strokes mmmmmmmh ...


Ori 07/01/2011 14:13


Je comptais quand même me précipiter j'avoue parce que moi j'ai pleuré devant Virgin suicides et j'étais morte de rire devant Lost in translation par contre Marie-Antoinette beurkkk, rien ne vaut
Lady Oscar!


Ori 07/01/2011 14:05


Ah non, mais là ça va pas du tout, moi qui piaffais d'impatience pour voir Somewhere tout est retombé!


F/. 07/01/2011 14:10



Ah non, c'est pas le but, à chacun de se faire sa propre opinion. Ma femme, par exemple, a beaucoup aimé - elle avait positivement adoré Lost in translation, qui m'avait déjà laissé un
peu froid.


Peut-être que Sofia fait des films pour les filles et que je suis trop rustre pour apprécier. Et puis, encore une fois, je ne peux pas dire que j'ai détesté : c'est le genre de films susceptible
de produire son effet a posteriori.