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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

oh take aim now

Publié le 7 Novembre 2012 par F/.

En relisant certains textes de Pacôme Thiellement dans un but pour l'instant occulte mais qui vous sera un jour dévoilé peut-être-si-vous-êtes-sages, je suis récemment (re)tombé sur une théorie dont j'avais déjà pris connaissance il y a quelques années dans le Pour en finir avec Dieu de Richard Dawkins et qui entre étrangement en résonance avec le bouquin que je suis en train de finir : celle de la bicaméralité. Son héraut et défenseur quasi unique, le psychologue américain Julian Jaynes, stipule que la conscience est une invention récente et que l'esprit humain, qui s'en est très longtemps passé, était autrefois divisé en deux parties correspondant aux deux hémisphères cérébraux : l'une qui parlait (la voix de Dieu, plus ou moins impérieuse) et l'autre qui écoutait. Jaynes s'appuie notamment sur une analyse de l'Iliade dans laquelle les personnages, quasi privés de subjectivité, semblent agir en pilotage automatique, autrement dit : entendent réellement ce que nous appelons "les dieux". Comme tout système théorique à même de prendre en charge non seulement l'histoire de l'humanité mais aussi, grosso modo, celle de l'âme humaine (ainsi, au passage, que Jeanne d'Arc et la schizophrénie), le postulat de Jaynes me ravit, et pas seulement parce qu'il parle de dieux, de voix et de héros (songez à cette scène de Star Wars où Obi Wan commande à Luke d'éteindre son appareil de visée, autrement dit : de mettre sa conscience en veilleuse et de laisser faire le dieu qui sommeille en lui - "La flèche a déjà atteint sa cible avant d'avoir laissé l'arc", renchérit un proverbe zen.) : à sa lumière, la psychanalyse de Freud semble ne jouir que d'un pauvre privilège d'antériorité ; pareillement, c'est un système qui permet de lire le monde et qui, comme tel, flatte l'intellect, mais ça n'en fait pas plus une vérité scientifique.  

 

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