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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

pacific rim : tro bi1

Publié le 18 Juillet 2013 par F/.

Pacific Rim, donc. Bon, quand vous sortez d'une salle en essayant de savoir si le machin que vous venez de subir était pyrotechniquement plus fluide que l'incomparable  Man of Steel, vous pouvez commencer à vous demander, à l'instar de Steven Spielberg, s'il n'y aurait pas quelque chose de pourri au royaume d'Hollywood. Le principal avantage du film de Del Toro, c'est qu'il ne prétend jamais être autre chose que ce qu'il est, soit un caprice de gros bébé à 190 millions de dollars. Ça commence par un combat monstrueux ; ça finit à peu près pareil. Il y a chien (il y a toujours un chien : il faudrait que je me penche un jour sur la question de la présence canine dans les films catastrophes américains ; ma théorie, c'est que le chien qui bave et qui remue la queue, c'est le spectateur - mais j'admets que ça demande à être développé) ; il y a des applaudissements à la fin (imaginez : votre ville se fait piétiner par des monstres de cinquante mètres de haut un peu vénères qui prennent vos immeubles pour des pièces de LEGO®, plusieurs dizaines de milliers de personnes crèvent en hurlant leur mère en l'espace de quelques secondes mais, lorsqu'un goldorak un peu pataud finit par terrasser les vilaines bébêtes, vous sortez dehors et vous... applaudissez ? Et après quoi ? Vous finissez votre Frappuccino ?) ; il y a l'ébauche d'une vague histoire d'amour que le réalisateur, revenu à la raison, n'essaie même pas de développer ; il y a l'ébauche d'une vague histoire de rivalité que le réalisateur, revenu à la raison, n'essaie même pas de développer, bref : Pacific Rim ressemble à un gros plateau de dollars qu'un enfant psychotique et affublé par erreur d'un QI de 156 agiterait sous vos yeux en riant très fort dans l'espoir que vous finiriez par discerner quelque chose. Peut-être que ce truc marche sur les gens quand ils viennent de fêter leur 9e anniversaire dans une salle des fêtes du Limousin ou qu'ils n'ont jamais vu de toute leur vie des images remuer sur un écran. Peut-être que c'est même pas censer marcher, et simplement éponger en trois semaines un budget permettant de réaliser quarante-deux fois Donnie Darko. Hélas ! Aux dernières nouvelles, même cette partie du plan n'a pas fonctionné. Au terme d'un impressionnant exercice d'auto-hypnose, un journaliste du Nouvel Obs déplore le relatif insuccès du film. Il est bien dommage, écrit-il, que la jeunesse et la vitalité du cinéma de Del Toro n'ait pas permis à "Pacific Rim" de décoller au box-office américain. C'est une preuve tragique du détraquement de l'industrie hollywoodienne, entièrement soumise à des réflexes pavloviens. "Tragique", rien de moins. Mais c'est vrai, quoi, les gens : vous vous précipitez en masse pour aller voir Le Congrès et quand on a la gentillesse de vous présenter un chef-d'oeuvre authentique, vous passez à côté. Au crédit de Pacific Rim : on se trouve en présence d'un film étonnamment lisible (et je ne parle pas du scénario, que même un koala en fin de vie serait à même de comprendre, voire d'analyser). Ce que je veux dire, c'est qu'on arrive à peu près à suivre ce qui se passe sur l'écran quand les kaiju et les jaegers se foutent sur la gueule, ce qui n'est pas rien. Bien sûr, on aurait aimé de surcroît en avoir quelque chose à foutre, mais ne soyons pas trop gourmand : dans Transformers 3, que j'avais essayé de regarder dans un avion, l'action était si confuse que je m'étais rabattu sur une partie de Tetris (en termes de profondeur, ça ne changeait pas grand-chose, mais le déroulement des péripéties était nettement plus limpide). Oh, un dernier truc : Pacific Rim est supposé se dérouler à Hong Kong. Moi je veux bien, mais si la ville qu'on nous a montrée est Hong Kong, alors Paris se résume à une carte 3D avec la tour Eiffel posée dessus, une enseigne Ladurée, et Jamel Debouze pour l'ambiance (non, ne dites rien). La prochaine fois, si je suis en forme, c'est-à-dire pas trop déprimé par cette avalanche de bidules inutiles et très chers, je vous parlerai du nouveau Yann Moix, qui pourrait être l'équivalent littéraire d'un blockbuster américain, à savoir l'illusion, transformée en roman, que l'acheteur va vous remercier uniquement parce que vous avez écrit beaucoup de mots.

 

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Jean-Paul Brethenoux 18/07/2013 11:47

"Peut-être que ce truc marche sur les gens quand ils viennent de fêter leur 9e anniversaire dans une salle des fêtes du Limousin ou qu'ils n'ont jamais vu de toute leur vie des images remuer sur un
écran."
Cela me rappelle une chanson sympa de mes 9 ans, une histoire de chien justement : "Parisiens, têtes de ... " Oh pardon, Fabrice pour ce manque de respect ^^

Eve 18/07/2013 09:53

L'article du Nouvel Obs me fait penser à la critique dithyrambique sur le site de Télérama. Ça me troue le cul (pardon hein mais.

Sinon Transformers j'ai dormi, mais un canapé avec des enfants en guise de bouillottes, c'est plus confortable qu'un siège d'avion.