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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

prague (1)

Publié le 11 Juillet 2011 par F/.

Easy Jet, c'est pas cher, et c'est, comme le nom l'indique, facile. On comprend vite ce que recouvre cet adjectif. Les types de l'embarquement ne parlent pas un mot d'anglais, les filles du check-point-explosifs regardent ailleurs en gloussant, le pilote ne parle pas un mot de français, vous croyez que vous allez monter dans un avion mais en fait, vous montez dans un bus et vous y restez une demi-heure, il fait 40°C à l'ombre et il n'y a pas d'ombre, une nana frappe la vitre parce qu'elle est sur le point de s'évanouir, sur le tarmac, une hôtesse lui fait signe que c'est tout à fait normal, calmez-vous madame, calmez-vous, il faut juste attendre encore un peu, quoi, et ensuite les cafés sont à 3€ (en revanche : on peut pisser gratuitement. Je peux vous dire que je ne me suis pas privé). Mais : comme tout le monde, personnel compris, est visiblement très pressé que le cauchemar s'achève, l'avion fait le voyage en 1h15 au lieu de 2h. Je suppose que c'est normal ça aussi.

J'étais déjà venu à Prague il y a douze ans. J'ai dit à ma femme : c'est beau, et les bières sont presque gratuites, pourquoi hésitons-nous ? Nous n'hésitons pas. De fait, les prix ont légèrement grimpé (on appelle ça "la sortie du communisme"), mais on peut encore se taper une éventration pour 15€ par tête boisson comprise et donc, pas moyen de regretter Staline. La ville est propre. La météo annonçait des orages, au lieu de quoi un ciel immaculé nous accueille. Les gens sont sympa. Même un teckel comprendrait qu'il a quitté Paris. En voyant la réplique un peu ratée de la tour Eiffel sur la colline de Petřín, Nathan demande toutefois si c'est la vraie. (Soupir). On appelle ça "la magie de l'enfance." Comme c'est le soir déjà et que nous avons loué un appartement avec breakfast totally non-included, nous mettons le cap sur un Tesco afin de préparer dignement le lendemain matin. Tesco est un endroit typiquement tchèque. On y trouve moult saucisses et pots de crème fraîche et machins aux airelles et vodka. Retour à l'appartement pour mettre tout ça au frigo. Katia essaie la télé tchèque et on conclue que "tiens et si on y allait ?" Après un repas pantagruélique dans un restaurant proche de la place de la Vieille-Ville, nous nous rendons sur la place de la wait-for-it... Vieille-Ville ! où nous attendons patiemment que l'horloge astronomique se mette en branle. A ce sujet, wikipedia nous informe (vous pouvez sauter onze lignes si l'inculture crasse ne vous pose pas de problème) : À chaque heure jusqu'à 21h00, le squelette brandit un sablier et tire sur une corde. Puis deux fenêtres s'ouvrent et les douze apôtres défilent lentement, précédés de Saint Pierre d'une fenêtre à l'autre. Pendant ce temps les quatre automates placés à côté du cadran astrolabique s'animent : la Mort, un Turc, la Vanité, l'Avarice tandis que la clochette du Campanile se met à sonner. La Mort tire sur la corde qu'il serre dans sa main droite pour sonner le glas et brandit puis inverse le sablier qu'il tient dans la main gauche. Le Turc secoue la tête pour montrer qu'il guette toujours, l'homme vaniteux se contemple dans un miroir, l'avare montre sa bourse. Lorsque les fenêtres se referment, un coq ajouté en 1882, tout en haut, sort de sa fenêtre et annonce la mort prochaine. Ouais. Sauf qu'à dix heures du soir, ce qui se passe est : rien. La dernière animation se termine en effet à neuf heures. Merci à tous les touristes japonais qui attendent en brandissant leurs téléphones et nous font croire que ça va être super. Si on ne peut plus se fier au Japon, où va le monde ?

Ensuite nous allons sur le pont Charles. A dix heures et demi, le crépuscule est une chose d'or et de nuit, et les lumières de la ville se reflètent sur le ventre des mouettes, et des lanternes magiques montent du château au loin, lucioles de silence dans l'océan inversé qui s'oublie, et ma fille se casse lamentablement la gueule en voulant sauter par-dessus une chaîne, et à partir de là c'est : non pitié laissez-moi mourir je vous en supplie oh non pas de désinfectant non je vous en supplie aidez-moi ô Jésus pas ça par pitié. En somme, une soirée normale. A présent, et après une tentative d'auto-défénestration manquée, elle ricane avec sa mère, toutes lumières éteintes. On appelle ça "dormir."

Je ne mets pas de photos ce soir. Ma femme n'en a pris que trois cents. Si vous voulez m'envoyer des dessins, vous pouvez. Je prends aussi les chèques et les invitations dans des restaurants parisiens intéressants.

 

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