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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

sans fond

Publié le 22 Mai 2013 par F/.

Rectify est une nouvelle série américaine terriblement prometteuse qui, allez savoir pourquoi, me rappelle dans l'esprit certains romans de Denis Johnson. Emprisonné à l'âge de 16 ans pour le viol et le meurtre de sa petite amie de l'époque, Daniel Holden est libéré pour vice de procédure après avoir passé dix-neuf ans en prison dans le couloir de la mort. Son retour à Paulie, Georgie, ne se fait évidemment pas sans mal. Difficultés d'ajustement, dira-t-on. Sa famille, qui tente de faire bonne figure, est partagée entre doute, amour et incompréhension. Certains habitants de la ville, par ailleurs, restent persuadés de la culpabilité de Daniel. Série gothique au sens sudiste du terme (la quête de rédemption du personnage central n'est rien d'autre, semble-t-il, qu'une tentative de réappropriation du réel, qui le conduit à mélanger passé et présent, quotidien et fantasmes), Rectify prend son temps et lacère la perception du nôtre. La première saison ne compte que six épisodes. Une seconde vient d'être signée.

 

 

 


 

 

Synchronicité involontaire : il y a quelques jours, j'ai pu enfin regarder Into the abyss de Werner Herzog. Le cinéaste interviewe deux détenus (l'un condamné à mort, l'autre à quarante ans de prison) inculpés pour un triple meurtre au Texas, ainsi que les familles des victimes, le père d'un détenu, sa femme, un bourreau, etc. Les derniers entretiens menés avec Michael Perry, le condamné à mort, sont enregistrés huit jours avec son exécution par injection létale. Le jeune homme a trouvé Dieu, semble-t-il. Il laisse un trou béant derrière lui, une sorte de soleil noir auquel personne ne semble en mesure de donner un sens. Filmé d'une main presque tremblante, Into the abyss vaut avant tout par les questions du cinéaste et les silences qui leur succèdent. Ce n'est pas vraiment un film contre la peine de mort. C'est un film sur l'incompréhension, le néant, l'irréductibilité d'un certain mystère. Dans une interview à Paris Review, le metteur en scène ne dit pas autre chose : "I had a discourse in London, a public discourse, and the title of it was “Filming the Abyss: Paleolithic Caves and Death Row.” In a way, both are looking deep into abysses. A cave is looking into an abyss of time that is unfathomable, or almost unfathomable, and filming on Death Row really was filming into the abyss of the human soul."


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Lapin 24/05/2013 08:28

Avec "Top of the Lake", les deux bonnes surprises du moment.