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D'après Edistat (dont les estimations sont loin d'être toujours parfaites), nous avons vendu, en sorties caisse, plus de 85 000 ex. des huit premiers volumes des nouvelles aventures du Petit Prince, et ce n'est bien sûr qu'un début. Je suis plutôt content, à vrai dire. Ce sont là des petits livres sans prétention, disponibles en supermarché, qui ont l'immense mérite d'être faciles à appréhender (nous nous donnons assez de mal, ma dir coll et moi, pour qu'ils le soient), et l'essentiel des retours qu'on m'en a fait jusqu'à présent pourrait se résumer en une phrase : "mon enfant l'a lu avec plaisir" - rien de plus, rien de moins. Aux grincheux ou aux malcomprenants qui persisteraient à pointer le gouffre esthétique, poétique, limite idéologique qui sépare la série Folio Cadet de l'oeuvre originelle, je répondrai : "sans rire?". Oui, je suis au courant, tout le monde l'est : la série du Petit Prince n'est pas une suite au livre de Saint-Exupéry. Elle en constitue un prolongement narratif, point, et si quelques enfants découvrent la lecture grâce à elle, j'aurai personnellement du mal à m'en plaindre.
Vous pourriez raconter n'importe quelle histoire elle se vendrait de la même façon pourvu qu'elle porte le cachet "Petit Prince".
C'est un produit dérivé, voilà. Il y avait le petit prince, son maître était l'argent roi.
Ce n'est évidemment pas quelque chose que je chercher à nier, Sylvie. Le seul truc, c'est que, parfois, ça fait lire des gosses qui, sinon, ne liraient pas : j'ai eu plusieurs exemples sous les yeux, ces derniers temps. Le Petit Prince devient un produit d'appel qui peut transformer des non-lecteurs en lecteurs. Par les temps qui courent, ce n'est pas du luxe.