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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

un roman russe

Publié le 7 Novembre 2011 par F/.

Lu les 3/4 de Limonov dans l'avion et ailleurs. J'aimerais pouvoir affirmer que le système Carrère fatigue un peu, qu'il y a de la surévaluation dans l'air, que le sujet n'est pas, n'est plus à la hauteur du savoir-faire mais las : j'aime beaucoup, j'aime énormément - d'autant que je me souviens avoir jeté un oeil aux romans du Russe il y a une vingtaine d'années (il me semble, mais je peux me tromper, que Djian en disait du bien en ce temps-là), à l'époque où il n'était pas encore tricard à l'Ouest, et que je me rappelle être resté sceptique sur le mode "ce type n'est pas un génie mais il a des couilles" - constation formant peu ou prou l'armature du dernier Renaudot. 

 

http://russiapedia.rt.com/files/prominent-russians/literature/eduard-limonov/eduard-limonov_16.jpg

 

Quoi qu'il en soit : Carrère parle moins de lui dans ce livre-là mais son écriture chante et sinue à sa place, c'est un bouquin plein d'humour, apaisé, un roman d'Homme, qui parle d'insignifiance et de courage et dans lequel on retrouve, éparpillés comme après une déflagration, tous les fragments de l'âme russe.

 


Et à propos de Russie : Nabokov L'enchanteur de Lila Azam Zanganeh, dont je vous parlais il y a peu, est bien la délicate pépite attendue. Je dois cependant reconnaître que le premier chapitre, celui où le vieux magicien de Montreux se prépare à la mort, est celui qui m'a le plus touché. C'est une manie chez moi : dès que j'ai une bio entre les mains, je passe directement au chapitre de la mort. Celle de Nabokov n'a rien de déprimant, elle est presque magique, juste un homme qui se réveille du grand rêve qu'est la vie. Une larme versée dans laquelle se diffracte le monde, un vol de papillon léger, un sillage intangible, l'autre nom du Mystère : ne reste, en somme, que le style.

 

http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/node-story/Nabokovs_0.jpg

 

Limonov déteste Nabokov, et on comprend pourquoi : un homme habité par la Joie est comme un crachat à la face de son monde.

 

 


 

Revenu du Liban, donc. Comme je le laissais entendre dans mes posts précédents, il me faudra pas mal de temps pour digérer cette expérience et en tirer des enseignements utiles. Peut-être aussi que le souvenir se dissipera, que cette terre-là restera un peu comme une fille croisée dans la rue mais dont, faute d'avoir trouvé le courage de l'aborder, on ne connaîtra rien et qui ne vivra plus, désormais, que dans notre imagination (c'est une analogie, les amis. Je n'ai jamais abordé qui que ce soit dans une rue, sauf un type qui tournait un clip hier, non loin de notre hôtel, et c'était pour lui demander l'heure).

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