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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

you can blow what's left of my right mind

Publié le 24 Janvier 2012 par F/.

Je dors mal ces temps-ci. Trop de travail, trop de romans étranges, trop de trucs à ne pas oublier, mon monde intérieur est peuplé de zombies, de conspirations et de philosophie à la petite semaine - et ce n'est que quand je réalise qu'il ne s'agit pas seulement de mon manège interne mais bien du monde tout court qu'enfin je trouve le sommeil. Le problème, c'est que lorsque je me réveille, et pour une raison qui m'échappe totalement, j'ai cette chanson dans la tête :

 

 

 


 

Ce week-end, un ami très cher (nous en reparlerons peut-être) m'a fait part de son sentiment quant à Blue Jay Way en des termes si vibrants qu'un simple "merci" devenait soudain joyeusement futile. Après ce que m'a dit ma femme de ce roman, après ce que m'en ont dit deux ou trois autres lecteurs/rices dont j'attendais le verdict avec une certaine nervosité, je suis désormais prêt à tout encaisser, chers amis. A ce propos, et dans la série critiques sauvages & belles, ce commentaire Amazon consacré à La Vie extraordinaire des gens ordinaires a retenu toute mon attention : "Un grand livre, un grand auteur ! Vous devez le lire !" C'était une belle soirée et l'inconnu semblait savoir de quoi il parlait. "Ce livre m'a touché comme L'Attrape-Coeurs de Salinger l'avait fait dans ma jeunesse". Le lendemain je ne me souvenais que vaguement du titre. J'ai cherché sur Amazon et j'ai trouvé ce livre. Malheureusement ce n'était pas le grand livre dont m'avait parlé l'homme de l'autre soir. Au contraire c'est un petit livre d'un petit auteur." Soyons honnête, les mauvaises critiques sont généralement bien plus intéressantes que les bonnes : on ne peut soupçonner leurs auteurs de retenir leurs coups. Il y a trois choses qui me fascinent dans celle-ci (hormis le fait que l'auteur - une femme - ait signé de son vrai nom, hormis aussi la faute entachant le titre du roman de Salinger, que j'ai préféré garder tant elle m'a charmé). Un : la mise en scène romanesque, quasi fitzgéraldienne (pardonnez l'anachronisme) du préambule, qui neutralise à mes yeux toute la charge négative de la critique subséquente. Deux : le fait que quelqu'un, quelque part, ait pu oser comparer mon livre à celui de Salinger (au moment même, soit dit en passant, où j'étais en train de dévorer le récit de Joyce Maynard qui raconte comment cet homme a détruit sa vie et construit ce qu'elle est devenue). Trois : l'expression "petit auteur", comme on dirait "petit monsieur" - délicieusement surannée. Tout cela est presque trop beau pour être vrai. Jeanne Brunetti, si vous me lisez (ce qui serait tout de même étonnant), pouvez-vous me confirmer que je n'ai pas rêvé encore ?

 

http://www.jardin-et-maison.fr/images/soldes/arena5.jpg

 


 

Meanwhile in Kansas : je travaille à mes heures perdues aux corrections d'un petit roman intitulé Personne ne te sauvera, qui paraîtra cet automne dans la collection Etonnants Classiques de Flammarion.

 


 

Troisième séance de mon atelier d'écriture hier à Maisons-Alfort. Cette fois, nous travaillons sur les personnages. Après un brief rapide, les élèves se mettent au boulot avec plus ou moins d'entrain. Certains n'écriront qu'une ou deux phrases. Une jeune fille noircit une feuille entière dans le temps imparti. Sa professeur lit sa production au reste de la classe : c'est le moment où l'héroïne, une adolescente perdue, pleure sa mère défunte dans le cimetière du Père Lachaise. Je félicite l'élève en lui rendant sa feuille : le texte est bien fichu, plutôt sensible, écrit sans faute - les instructions ont été comprises. Après le cours, la professeur m'explique que c'est la première fois que cette jeune fille termine un travail. Le reste, les cours, les devoirs, en gros, elle s'en moque. De ça, non. Je revois son visage fermé. Il se dégageait d'elle, me semble-t-il rétrospectivement, une sorte de certitude tranquille. L'année dernière, poursuit l'enseignante, cette fille a raconté à tout le monde que sa mère était morte - ce qui s'est avéré, à considérer le mot "morte" dans son sens littéral, un mensonge. Et maintenant, ça. Bégaudeau est loin. Le réel est d'or.

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Rizzato 26/01/2012 07:48

...Je revois son visage fermé.
Il se dégageait d'elle ...une sorte de certitude tranquille.
Vous nous parlez d'elle,et elle devient une héroine de roman.
Elle et ses mots qui racontent sa douleur ou une paix retrouvée?...Quel était son nom? ...Sa silhouette dans le brouillard se dessine ...
Merci à Vous ...Les mots sauvent de tout ...Peut etre ...
Dine ... Nine ...

agneslamexicaine 25/01/2012 17:30

je suis fascinée par l histoire de cette jeune fille.

F/. 10/02/2012 19:06







agneslamexicaine 25/01/2012 17:29

et un atelier en ligne?

F/. 02/02/2012 21:14



Tout est possible.