Mine de rien, tenir ce blog relève du numéro d'équilibriste. Je slalome à vue entre des faisceaux de règles tacites : évoquer le moins possible les projets en cours (je sais que plusieurs
éditeurs aiment à s'attarder en ces lieux interlopes : oui, toi, toi, et toi aussi, là-bas dans le coin - et je ne tiens pas spécialement à froisser les susceptibilités) ; éviter les
considérations sur ma vie privée ou mes éventuels états d'âme (posons simplement les choses : je suis globalement heureux. Qui voudrait lire les pensées d'un type heureux ?) ; ne pas répéter ici ce
que je pourrais écrire ailleurs (sur fluctuat par exemple, ou plus loin sous des pseudos divers) ; ne pas procéder à ma propre revue de presse (on a sa dignité ; et je pense avoir atteint à l'égard
du jugement d'autrui l'état de détachement souhaité) ; et ne pas livrer d'infos sur nos activités au sein du réseau RESF (raisons évidentes). Résultat : hors les annonces habituelles, salons et
nouveautés, je me demande parfois de quoi je vais bien pouvoir causer. Alors je mets de la musique. Parfois même n'importe quoi :
A part ça : la conclusion de l'article de Ludovic Barbiéri consacré au dernier Angot dans Chronicart remet les pendules à l'heure d'hiver (nucléaire) : "Bref, avec Le Marché des
amants, Angot s'enfonce plus que jamais dans le ridicule, l'insignifiance, le vide et le foutage de gueule. "Te trompe pas de trou", écrit-elle. Puisque l'ambiance est à la régression anale,
qu'elle nous permette de la rassurer : pour nous, ce sera celui des chiottes." (A part ça, on cause de Jacques Barberi dans ce numéro, et de Pynchon évidemment, et même de Xavier Mauméjean dans
Transfuge, ce qui me remplit de joie).
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