Etonnant : après que je lui avais fait part, lors d'une précédente soirée, de mon intérêt prononcé pour le travail du bien connu duo Dupuis/Berberian, mon copain Viken Berberian nous fait la
surprise d'inviter son homonyme (et ami) Charles, hier soir, au restaurant où nous étions censés ne nous retrouver qu'à quatre. Passé le premier moment de surprise, nous sympathisons vite fait en
terrasse en mettant des notes aux passants ou en forçant le serveur à causer anglais : on a l'humour qu'on peut. Garine, la femme de Viken, arbore un joli ventre ovoïde, qui nous fournira matière,
la Syrah aidant [oui, ami lecteur : on dit la Syrah - inutile de me remercier], à quelques blagues SF douteuse sur la communication intra-utérine. Viken est visiblement aux anges ; il couve sa
femme d'un regard énamouré cependant qu'au dernier étage de l'immeuble, un type fait tomber sa cendre de cigarette sur nous. La température est idéale. Nous dégustons des omelettes Arnold Benett
(du nom de l'écrivain) et Katia évoque avec Charles son passé de chargée ce comm' chez Fluide Glacial, où les Dupuy/Berberian sévissent manifestement de nouveau. La compagne (ou femme ?) de Charles
est très rigolote. Il me faudra un certain temps, en revanche, pour faire le rapprochement avec la Anne de Journal d'un album ainsi qu'avec la Anna Rozen qui a écrit Plaisir d'offrir,
joie de recevoir au Dilettante. Devant le bar d'enfance, un homme gare un vélo sans selle : c'est Augustin Legrand, nous apprend Charles. Je réalise que nous ne sommes qu'à deux pas de la rue
où Michael Moorcock va venir s'installer pour deux mois d'ici quelques jours : tout près de l'appartement de l'ami éditeur qui nous a permis de nous rencontrer il y a deux ans. Et maintenant, quoi
? Thomas Pynchon ? Le 10e arrondissement est décidément un peu trop people pour nous. Mais quand on y pense...
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