Une Séparation, le film iranien aux 600 000+ entrées, qui mérite amplement, pour une fois, le concert de louanges qui s'est abattu sur lui. Mensonges, traditions, écartèlements, contradiction, terreurs & egos - toute la complexité des rapports humains dans l'un des pays les plus fascinants au monde. On divorce à voix basse, on jure, tremblant, sur le Coran, on s'arc-boute, on se damne et on se tait - parfois, rarement - mais les regards prennent le relais, alors, et l'émotion envahit tout. Lâchez tout et allez-y : ce micro-drame d'une absolue modernité qui dit tant de l'Humain est mille fois plus convaincant (même si les sujets n'ont pas grand-chose à voir) que le très lissé Persepolis.
The Rip Tide, le troisième et sublime album de Beirut, déjà un prétendant solide au podium de fin d'année. Tous les ingrédients habituels sont présents (folie suave, soubresauts balkaniques, gravité joyeuse) mais Zach Condon a pris de la bouteille, si l'on peut dire, et sa musique gagne encore en densité. La fanfare s'avance, bannière au vent, tous cuivres dehors, plus fière et foutraque que jamais, et le songwriting en remontre cruellement à la concurrence. Beirut, c'est la conquête du monde avec une trompette, un ukulele, et cette fêlure dans la voix à nulle autre pareille. Le 12 septembre à l'Olympia, les yeux brilleront pour de bon. Evidemment, le concert est complet. Quant à la vidéo ci-après présentée, elle est non-officielle bien sûr mais vous allez voir, c'est en soi un petit miracle.