C'est l'été : on reste à la maison et on regarde des films tandis qu'une brise salée courbe les tiges des palmiers. Je peux parler de ces films. Je peux en parler sans les replacer nécessairement dans leur contexte ni même me montrer objectif. Je précise ça parce qu'un copain qui se livre régulièrement à ce type d'exercice sur son blog vient il y a quelques jours de se faire avoiner sur un forum pour avoir commis le crime de lèse-majesté ultime : ne pas contextualiser. Houlà, malheureux, tu veux mourir ou quoi ? Bon, il faut dire que le forum en question est celui d'Actusf, qui est devenu aux littératures de l'imaginaire ce que le libéralisme est à la joie, hélas, et que le principal plaignant se nomme Gérard Klein, un gentleman qui trouve désormais son plaisir en se faisant appeler "Dieu" et en produisant des mots savants comme un enfant exhibe des coquillages trouvés sur la plage - dès le troisième, en général, les parents soupirent. Accessoirement, tout ça est bien plus compliqué que ça en a l'air, parce qu'un auteur bienveillant s'est visiblement fait insulter par ledit copain dans une notule antérieure. Ce qu'on retient surtout, c'est qu'il y a des gens qui s'emmerdent ferme le 31 décembre mais, wait ! Je voulais juste parler de films sans avoir à me justifier, en fait. C'est complètement raté.
Donc : Millenium, de David Fincher. Bien filmé, bien rythmé, mais la raison pour laquelle le réalisateur s'est attelé à un tel projet, si elle ne relève pas de la pure complaisance esthétique, me laisse assez perplexe. Tout ça pour ça ? Je n'étais jamais arrivé à lire les romans de Stieg Larsson, eh bien ce n'est pas demain que je vais m'y mettre. Si j'ai bien compris, la Suède, c'est gris, c'est froid, ça grouille de nazis, et voilà qui est bien embêtant. Sans compter qu'il faut être un peu débile pour violer une fille gothique. Dans la filmographie de Fincher, on pourrait barrer un film sur deux sans rien ôter aux mérites du monsieur. Celui-ci en fait partie.
Le second Sherlock Holmes, Jeu d'ombres est un divertissement plaisant, c'est tout ce qu'on peut lui reconnaître. L'esprit holmesien prisé par les puristes se résume à la prestation smart-ass de Robert Downey Jr - le reste étant annihilé par un montage hystérique et, paradoxalement, sans surprise. Oh, ne soyons pas injuste : il y aussi Stephen Fry à poil dans le rôle de Mycroft, grâces soient rendues au directeur de casting. A part ça, pas grand-chose. Ce matin au réveil, je ne me rappelais même plus avoir vu ce film. Un peu d'histoire pour compenser : en février 2011, nous apprend Wikipedia, l'équipe se rend à Strasbourg, pour y tourner la scène d'ouverture. La ville alsacienne était à l'époque une ville allemande (1891). La place de la cathédrale a donc fait l'objet de transformations en janvier et début février 2011, pour notamment transformer les commerces en magasins d'époque, avec décorations prussiennes. Pour cette courte scène, 500 figurants et techniciens ont investi Strasbourg ; la scène a coûté 1 million d'euros7. Il n'en reste que 22 secondes à l'écran, avec un panoramique sur la cathédrale, et 2 figurants sur fond d'explosion."
Nous avons revu Rango aussi : en préambule à Django unchained, tiré d'un western spaghetti dont Rango s'inspire également, ça ressemblait à une bonne idée. Eh bien, j'avais aimé la première fois mais à présent, j'ai l'impression que ce machin est bel et bien un chef-d'oeuvre. Les références, iconoclastes, innombrables, dynamisent l'histoire sans jamais l'alourdir et l'humour, forcément poussiéreux, le dispute sans cesse à une bizarrerie sous influence assez inédite en animation. La clé - Las Vegas - est fournie dès les premières minutes (les lecteurs de Hunter Thompson comprendront). Bref, ça sent bon la drogue et les cactus. Peut-on réellement parler de "divertissement familial", en revanche ? Ca dépend un peu de votre famille.
Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout est lui aussi un film d'animation, mais largement plus sage. Tiré de l'oeuvre de Gideon Defoe (auteur de plusieurs livres publiés en France chez Le Dilettante, et notamment Une Aventure avec les scientifiques) qui signe par ailleurs le scénario, il sort des studios Aardman, lesquels reviennent pour l'occasion à l'animation de pâte à modeler comme aux temps glorieux de Wallace et Gromit. D'ailleurs, il y a Peter Lord aux manettes (Peter Lord, c'est le mec à gauche).
Dans Pirates..., on trouve un dodo, Darwin sans barbe, une chanson de Flight of the Conchords et des pirates bien nuls mais, même si j'ai bien aimé, je m'attendais à un scénario plus délirant encore. Pour moi, le summum du truc nonsense et de la mise en scène barrée, ça reste Fantastic Mr. Fox (un semi-échec au box-office, rentabilisé seulement à l'international) mais peut-être aussi que je cherche dans les films pour enfants des choses qui ne devraient pas s'y trouver et qui ne les intéressent pas plus que ça.