"Five years for one person is twenty for another, you know ? It's like, if a car is coming towards you down a highway and you're going towards it, it's like this distortion of how fast things go by. And I guess my time as a musician has gone by so fast that I realized that I have no personal life." C'est Bradford Cox qui le dit au moment où sort Parallax, 3e album studio d'Atlas Sound excédant des promesses jamais exprimées, Bradford Cox déjà loué en ces pages, chroniquement incapable de médiocrité - l'un des rares génies de son temps, profitez-en avant qu'il ne se décide à vivre pour lui.
On peut de nouveau courir tranquille le matin : le froid, sur la coulée verte, a chassé les Chinoises surmotivées et les quadras pétris de bonnes résolutions - Miles Kane, Kasabian, le Nightcall de Kavinsky & Lovefoxxx (B.O. de Drive / tiens, Ryan Gosling sur le tournage du nouveau Mallick, à propos : si ce n'est pas une consécration immédiate, ça y ressemble furieusement) et quelques autres vitamines de bon aloi accompagnent désormais mes alertes foulées. Si le stress laissait des traces, on pourrait suivre mon parcours au mètre près. Souris un peu, runner mélancolique : dans quatre jours, tu auras terminé de relire les épreuves de Blue Jay Way et tu pourras te remettre à tourner de vraies pages, comme celles de Moscou-sur-Vodka, par exemple, évoquées dans Limonov et que tu as fièvreusement compulsées hier soir chez Atout-Livre après qu'un libraire providentiel avait rangé par hasard le volume sous ton nez - avant de te rendre compte, ô con de la lune, que tu avais oublié ce qui te servait de portefeuilles et que ton désir du jour resterait tragiquement inassouvi.