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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

votez pour moi

Publié le 30 Avril 2010 par F/.

C'est devenu un truc banal, en SF - Fantasy : quelqu'un est nominé pour un prix public et vous demande de voter pour son livre. Par mail. Sur un site. Sur une liste, sur un forum, sur une plate-forme communautaire. Parfois, c'est l'éditeur lui-même qui se charge de vous faire passer le message. En général, le lien vous est gracieusement fourni. Un petit clic et puis s'en va. Oh, bien sûr, vous "faites ce que vous voulez" (une précision tout de même réconfortante). Mais vous comprenez, c'est la jungle, l'auteur débute, il a besoin d'un léger coup de pouce, tout le monde pratique, alors bon, un geste, quoi, les copains, qu'est-ce que ça vous coûte ? Une façon élégante et über-cool de présenter les choses : le fameux "un peu d'auto-promo n'a jamais tué personne", assorti du smiley auto-dérision / wink-wink de rigueur. Notez qu'on ne vous demande pratiquement jamais de lire le livre : il y a quand même des limites. Pour le reste, c'est un peu comme si des potes vous payaient un(e) escort-girl(boy) pour la soirée et que vous étiez au courant mais que vous arriviez à faire semblant de trouver ça cool et spontané. Disons qu'il faut pas mal s'aimer, et d'une façon un peu spéciale. En fait, ce micro-cirque compose un tableau d'une tristesse assez touchante. Certaines personnes écrivent parce qu'elles n'ont jamais été premières de leur classe ou parce que leurs parents n'ont jamais regardé attentivement leurs dessins ; elles trouvent d'autres personnes qui les comprennent et qui les plaignent. On appelle ça des "lecteurs". C'est un miracle à petite échelle, mais un miracle quand même.


Samedi prochain, je serai à la Foire du Livre de Saint-Louis, 27e du nom, en compagnie notamment de Gilles Dumay et de mes confrères Patrick Poivre-d'Arvor et Raymond Poulidor.


La citation du jour : "Je représente, à moi seule, beaucoup de choses : je suis une femme, mes parents sont étrangers, je suis moderne, je suis partie de rien et je suis arrivé très haut, très vite. Tout cela peut crisper certains. Cela m'est égal."

 

http://www.azzedinejamal.com/blog/wp-content/uploads/2009/03/rachidadaticigare-206x300.jpg

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a league of their own

Publié le 27 Avril 2010 par F/.

"In an age dominated by Lady Gaga and albums sung by laptops, it is such a relief to know that music this beautiful, this unique, this human, still exists." Le reste de cette critique sans filet du High Violet de The National (une merveille, décidément, avec ses climax embrumés et ses litanies désenchantées à la BEE - "it's a hollywood summer / you never believe the shitty thoughts i think / we had friends out for dinner / when i said what i said i didn't mean anything / we belong in a movie / try to hold it together till our friends are gone / we should swim in a fountain / I do not want to disappoint anyone", ce genre) se trouve ici, et me décourage un peu d'en écrire plus. Après sept ou huit écoutes, je dois en tout cas me rendre à l'évidence : si l'expression "rock indépendant" a encore un sens, personne, aujourd'hui, n'arrive à la cheville de Matt Berninger et de ses sbires.

 

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marcher avec des araignées

Publié le 25 Avril 2010 par F/.

Retour en France - Alsace - pour une semaine de reprise douce, consacrée notamment au Petit Prince.

Mon beau-père a déménagé. Il est passé d'ici :

à là :

http://farm2.static.flickr.com/1328/988819326_da732ccb7f.jpg

... une vraie révolution, ainsi que chacun pourra en convenir, à 10 km de distance minimum. Le timing est impeccable, cela dit : on commençait à avoir épuisé toutes les randonnées du périmètre. A nous le Haut Koenigsbourg en varappe, à présent.

 


 

L'Italie, c'était bien. Surtout Venise. Mercredi soir, les filles ont décidé d'aller se perdre dans San Marco (ce qui n'est pas très difficile). Comme on avait déjà marché 20 km dans la journée et que, bon, on était mercredi soir, Nathan et moi on a décidé d'aller voir Bayern - OL dans un pub irlandais que j'avais astucieusement repéré plus tôt dans la journée. Une bonne idée sur le papier. Le problème, c'est que, hormis les expulsions, le match était remarquablement chiant, et le pub en question bourré d'Allemands. Commentaire de Nathan après le carton rouge de Ribéry : "sa maman, elle va pas être contente". On ne saurait mieux dire.

 


 

Cette semaine : The Foals, donc, The National, et Broken social scene. Réagir à chaud est assez délicat. Je me contenterais donc pour l'instant de répéter ce qui a été dit ailleurs : la production de Terribe love est un énorme gâchis, pour peu que l'on garde la version live en tête.

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les exilés

Publié le 24 Avril 2010 par F/.

On devait aller à Marrakech, mais un volcan au nom imprononçable en a décidé autrement : nous voici donc en Italie, au bord du lac de Come, après un passage par Bergame, Venise, Vérone, à nous gaver d'escalopes milanaises, d'aubergines farcies, de risottos crémeux et à engloutir de pleins cruchons de zibibbo - une récente et primordiale découverte. Le périple marocain est reporté à la Toussaint.

http://www.bestorino.com/ac2008/AC08%20Website_files/popup/zibibbo.jpeg

La semaine prochaine, si tout va bien, je vous parlerai des albums de The National et de The Foals, ainsi que de mon bouquin jeunesse de la rentrée, La Vie extraordinaire des gens ordinaires.

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pendant ce temps, à Eyjafjallajokull

Publié le 15 Avril 2010 par F/.

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un grand jour pour la musique

Publié le 15 Avril 2010 par F/.

Tokio Hotel, ça ne prend plus : en six mois, le groupe n'a vendu que 10 000 des 17 000 places proposées pour son concert de Bercy, et son album n'est que 148e du classement des ventes de l'année. Yes ! Maintenant, je comprends ce que les Polonais ont ressenti à la fin de la Seconde guerre mondiale. Sauf qu'après, ils ont eu les Russes. Réjouissons-nous, donc, mais restons vigilants.

Sinon, enfin, this is happening : le fantastique troisième album de LCD Soundsystem vient d'être mis en écoute sur le site officiel du groupe, et c'est l'extase complète. Décidément, James Murphy est l'homme qui nous console de tout : loués soient son nom, ses guitares et ses machines.

http://www.bbc.co.uk/blogs/zanelowe/LCD_Soundsystem_mega.jpg

 

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jour de deuil

Publié le 14 Avril 2010 par F/.

Parfois, des avions s'écrasent, des guerres se déclarent, des gens se suicident, la droite gagne des élections. C'est, comme on dit, la  grande roue de la vie. Mais il y a des jours, croyez-moi, où le rire n'est plus de mise. Des jours où on a le coeur en berne et où on a envie de dire "à quoi bon ?" 

La mort frappe sans discernement, on le sait bien. Aveuglement, cruellement parfois. Mais on a beau s'y attendre, on n'est jamais complètement préparé. Il y a quelques jours, dans l'indifférence quasi générale, une belle âme s'en allait et nous laissait orphelins d'âme et de coeur. Lucas ! Plus qu'un ami, pour ceux qui le connaissaient. Un pur. Un fidèle. Comme les mots me manquent (les larmes jaillissent à torrent tandis que j'écris ces lignes, j'ai failli me taper un court-circuit avec le portable, oh, maudite sois-tu, mort indigne !), je les emprunte, une fois n'est pas coutume, à l'excellent site PurePeople dont les chroniqueurs, avec le sens de la mesure et la digne pudeur qu'on leur connaît, ont su une fois de plus regarder la tragédie en face, et puiser en eux les ressources nécessaires à sa tragique recension - pour que le monde n'oublie jamais : 

Selon Ici Paris, celui qui les suivait partout depuis des années - de Gstaad à Los Angeles, en passant par Saint-Barth ou Marnes-la-Coquette -, était malade depuis trois mois et avait perdu toute joie de vivre. Contraint de ne pas partir en voyage pour préserver sa santé fragile (ce fut un déchirement pour ses maîtres de le laisser), c'est en France qu'il est décédé, alors que la tribu Hallyday se trouvait sous le soleil de l'île des Antilles françaises, où Johnny continue de récupérer de son hospitalisation de décembre dernier .

Ce sont les yeux remplis de larmes que Laeticia, qui a fêté ses 35 ans le mois dernier, a accueilli la nouvelle par téléphone raconte le magazine, une nouvelle qui a plongé leur sublime villa dans un profond silence. Elle avait pu voir Lucas lors de son voyage éclair à Paris il y a quelques semaines, quand le couple avait donné 100 000 euros pour Haïti, via l'Unicef.

Lucas, adorable petit bichon maltais, était un cadeau que l'ambassadrice de l'Unicef avait fait à son rockeur, pour leur huit mois de vie commune. Surnommé "mon bébé", ce dernier était le symbole de leur désir d'enfant commun, qu'ils ont plus tard concrétisé avec la venue des craquantes Jade et Joy. Le remplaceront-ils ? La question n'a pour le moment aucune réponse tant le chagrin est vif...

Voilà. Après, bien sûr, vous pouvez toujours vous moquer. Dire "oui, mais moi ma mère a un cancer généralisé" ou "pourquoi n'adoptent-ils pas un autre chien au lieu de nous faire chier - il y en a des très bien en Thaïlande ?". Mais c'est parce que vous n'avez jamais perdu un être cher. Parce que, sans doute, vous n'avez jamais véritablement aimé.

Il y a quelques années - si peu en vérité - j'ai perdu un compagnon, moi aussi. Il s'appelait Poupoute. Il venait de fêter ses deux ans. Animé d'une extraordinaire joie de vivre, Poupoute n'aimait rien tant que se goinfrer d'épluchures de concombres ou ronger des barreaux métalliques à trois heures du matin. Ah, qu'est-ce que n'a pu se marrer, lui et moi ! Evidemment, nous parlions rarement de Roberto Bolano et le sexe, comme l'écrit Bret Easton Ellis, était en général plutôt so-so. Il n'empêche. Poupoute était un être simple, un peu comme Steevy, les convictions politiques un moins et les incisives supérieures en plus.

Il me manque.

http://www.canailleblog.com/photos/blogs/hamster-19691.jpg

Si quelqu'un a l'adresse de Johnny Hallyday, je suis preneur (Télé Star continue à me soutenir qu'il habite Plaine St Denis - c'est ça, prenez-moi pour un con, en plus du reste). Dès que j'irai un peu mieux, je lui écrirai une longue lettre. Si je ne tremble pas trop.

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must. have. brain.

Publié le 12 Avril 2010 par F/.

Tout le monde était très gentil, mais l'Escale du Livre de Bordeaux m'a un peu fatigué. Ah, ces buffets dégarnis trop fournis en alcool ! S'il m'était resté quelques miettes de cerveau utilisable, j'aurais pu dire un truc intéressant à David B. : au lieu de quoi j'ai simplement hoché la tête, évitant in extremis de bredouiller le "respect, mec" de rigueur. Sur les genoux, donc. Le hasard faisant bien les choses, ce soir, ma meuf et moi nous rendons gentiment à une soirée Zumbies ! organisée par Fluide Glacial, lequel magazine d'umour a eu la gentillesse, via les incomparables So/Fab, de nous envoyer un album de la BD éponyme. Moi, j'aime bien les BD de zombies, surtout quand elles citent les Cramps, et si cet album-ci (avec Mo/CDM au dessin, l'homme qui s'était rendu coupable en son temps de la première couverture d'A vos souhaits) n'atteint pas exactement, à mon sens, la grandiloquence givrée de Les zombies qui ont mangé le monde, il reste, comme on dit, un très bon moment de lecture, rock'n'roll et méchant et stupide. Une question cependant (mais je n'attends pas de réponse ici) : pourquoi le personnage inspiré de Manu Larcenet est-il successivement utilisé par les zombies comme pare-chocs, sodomisé par le monstre des marais, déchiqueté par un alligator, réduit à l'état d'homme-tronc et finalement enterré vivant par des catholiques intégristes ? A-t-il acheté cette faveur ? A-t-il gagné une sorte de, euh, concours ? Quoi qu'il en soit, j'espère qu'on le retrouvera dans le tome 2, il est vraiment très bien.

http://www.expressbd.com/crbst_zumbies.gif

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un coup de rouge

Publié le 8 Avril 2010 par F/.

The true life is not reducible to words spoken or written, not by anyone, ever. The true life takes place when we're alone, thinking, feeling, lost in memory, dreamingly selfaware, the submicroscopic moments. He said this more than once, Elster did, in more than one way. His life happened, he said, when he sat staring at a blank wall, thinking about dinner.


Assez ri. Malgré (ou à cause de ?) l'élimination des Girondins hier, je serai demain et samedi - si la SNCF le veut bien - à L'Escale littéraire de Bordeaux, stand Virgin Jeunesse, J03, quoique ça puisse signifier. Comme je suis bon prince, je vous mets même un plan.

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fanfare triste, fanfare joyeuse

Publié le 8 Avril 2010 par F/.

La Fanfarlo est, à l'origine, une nouvelle de Baudelaire : Madame de Cosmelly, en promenade dans le jardin du Luxembourg, croise un ami d’enfance, Samuel Cramer. Elle se confie de ses déboires matrimoniaux : M. de Cosmelly la délaisse, pour une autre femme, une danseuse qu’on appelle La Fanfarlo. Samuel Cramer s’engage à mettre un terme à cette idylle. Mais rapidement lui-même s’éprend de cette troublante Fanfarlo…

De nos jours, Fanfarlo est un groupe londonien applaudi par Bowie, un groupe avec mandoline et trompette dont le premier album, Reservoir, produit par Peter Katis (The National, Interpol), sorti en février 2009 dans un relatif anonymat, commence enfin à faire parler de lui, et pas seulement pour sa pochette, ornée d'une photographie de la soeur du chanteur de Sigur Ros (le truc, assurément, à placer en soirée).

Certains critiques se confient : depuis peu, paraît-il, des fans délaissent Clap your hands and say yeah ou Beirut pour un autre groupe aux semblables atours. Décidé à mettre un terme à cette idylle contre-nature, j'avoue m'être moi-même rapidement épris de la troublante fanfare de Simon Balthazar.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/b/bf/Fanfarlo_Reservoir.jpg

Les comparaisons avec Aracade Fire fleurissent ici et là ; j'avoue qu'elles m'échappent. Fanfarlo, clairement, ne joue pas dans la même catégorie, et déroule ses ritournelles un peu gitanes avec l'humble aisance d'un groupe indifférent à l'avenir et aux vents contraires. Moins de lyrisme grandiloquent, moins de noirceur habitée, on est certes loin - mais ce n'est pas un problème en soi - des hymnes épiques de Funeral, premier album comme il n'en sort qu'un tous les dix ans.

Et, oui, bien sûr qu'on a déjà - plus ou moins - entendu ça ailleurs. Il n'empêche : sous les couches de violons tristes, de guitares éraillées ou mutines, de pianos de saloon ou de cabaret, Reservoir recèle quantité de petites gemmes taillées pour durer, et ses onze douze titres (ne manquez pas Sand & Ice, un bonus track comme on aimerait en entendre plus souvent) pourraient bien hanter notre printemps avec une insistance joyeuse en attendant le retour annoncé de Win Butler et des siens, qui ont, eux, un deuxième album à se faire pardonner.

 

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