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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

déconstruire

Publié le 26 Septembre 2012 par F/.

Polisse n'est pas un film qui défie la critique : c'est un film qui la contourne, qui fait comme si elle n'existait pas. Nous l'avons regardé hier sur Canal et j'ai eu la bonne idée de ne me rendre sur Allociné qu'après. Télérama, Positif, les Cahiers..., qui ne peuvent sans doute se payer d'émotion brute, nous expliquent que l'ensemble sonne faux, que le film est mal joué, brouillon, qu'il sert la soupe à ses stars, etc. C'est un peu comme si on me racontait que les joueurs du PSG sont trop payés, que Bret Easton Ellis est de droite ou que les singles de Kate Nash sont creux. Dans le meilleur des cas, c'est vrai, mais qu'est-ce que j'en ai à foutre ? On peut me raconter n'importe quoi sur Polisse, partir dans les analyses les plus absconses, me démontrer par a + b que c'est filmé avec des tongs, ça ne changera rien au fait que je me suis senti extrêmement vivant en le regardant, alors même que j'étais parti avec un a priori pour le moins sceptique. De rouille et d'os, réalisé par un type qu'on nous présente comme l'un des plus grands metteurs en scène en activité - et qui l'est sans doute, hein, je ne nie pas - m'avait fait à peu près l'impression inverse : grosse attente mais, au final, l'impression d'avoir juste pris un cours d'une matière qui ne m'intéresse pas. Ici comme ailleurs, les oeuvres les plus fortes sont souvent celles qui bafouent les règles ou les ignorent. Et j'en parle de façon d'autant plus décontractée que Cosmopolis par exemple, dont j'avais dit ici-même tout le bien que je pensais, n'est rien d'autre à mes yeux qu'une pure jouissance cérébrale : je ne suis donc pas seulement le mec qui aime un film parce qu'il a chialé.

 

 

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oh non ! on a encore anglais !

Publié le 25 Septembre 2012 par F/.

Hier, par petits morceaux, j'ai lu G229 de Jean-Philippe Blondel, un livre qui gisait sur ma table de nuit depuis, hum, au minimum, et que je trouvais toujours une bonne raison de laisser de côté parce que, c'est vrai, me taper les bouquins des amis me fout toujours salement les jetons. Je veux dire, un pote vous file un livre, et vous restez muet. Votre silence, rétrospectivement, va-t-il être interprété comme une manifestation de pudeur consternée ? Thanks god, je n'ai pas eu ce problème avec Jean-Phi-Phi, qui représente à lui seul une espèce rarissime : l'écrivain populaire honnête & profond. Ne me demandez pas d'expliquer ça. Ceux qui me connaissent savent quel sale petit branleur snobinard je peux être en matière de littérature, genre "Oh ! Un inédit de B.S. Johnson ! Chouette, une nouvelle trad d'Arno Schmidt ! Dieu du ciel, ce bon vieux Gilbert Sorrentino ne serait-il pas fourvoyé vers la fin de sa carrière ?" Jean-Philippe Blondel parle "seulement" de son boulot de prof d'anglais : il parle donc de tout le reste. Ne pas se donner le beau rôle, dans ce contexte, ressemble à une sinécure. Mais l'auteur écrit comme il est, sans effets de manche, et ça suffit. G229, c'est l'anti Entre les murs : juste un type qui, en apparence, ne bouge pas, et des élèves qui, à première vue, changent tout le temps. Sauf que c'est peut-être le contraire. La vie d'un prof ? Des souvenirs, des regrets, des bonheurs fugaces, des rencontres, des chansons, pas mal de rires, un flacon de larmes retenues, magiques. Le passage sur le 11 septembre est l'une des choses les plus justes qu'il m'ait été donné de lire sur cette journée. Blondel, c'est le mec que vous auriez adorer avoir comme prof. Vous l'auriez trouvé un peu chiant pour la forme et vous l'auriez recroisé dix ans plus tard et vous vous seriez dit, pour plein de raisons joyeuses et confuses : "Hey ! J'aimais ce type." Moi, j'ai du bol, ce gros nul n'est même pas mon prof. Ses mots me suffisent, et son rire quand je le vois. Oh, et arrêtez, s'il vous plaît, de penser qu'à chaque fois que j'écris un truc sympa sur quelqu'un, c'est une rubrique nécrologique. Vous ne trouverez pas plus vivant, plus "dans la vie" que Jean-Philippe Blondel, un garçon dont les livres ressemblent un peu à des uppercuts donnés au ralenti, des uppercuts très justes et très tendres : c'est aussi une chose qu'on peut espérer de la littérature.

 

 

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down with America

Publié le 24 Septembre 2012 par F/.

Le Festival America est terminé. Grands moments, de joie, de partage, et record de fréquentation battu, me semble-t-il (35 000 visiteurs). En tant qu'animateur, j'ai particulièrement apprécié l'intelligence et l'aisance de Juan Gabriel Vasquez, l'auteur de Le bruit des choses qui tombent, au Seuil, et la douce gentillesse de Karen Russel - mais je me répète avec cette fille, elle ressemble à son livre. Big up aussi à Samuel Archibald, pour sa verve joyeuse, et à Kent Meyers, au rire hénaurme - un des plus grands stylistes de ce festival amha. Un autre coup de coeur ? Les Frères Sisters de Patrick DeWitt chez Actes Sud, un western tout en retenue cruelle qui m'a fait penser, bizarrement, à Fargo. J'aimerais développer, je n'en ai pas trop le temps, mais si vous avez des questions spécifiques, je serai heureux d'y répondre.

 

 

 

 

 

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de tout, et avec beaucoup de sauce

Publié le 20 Septembre 2012 par F/.

49 jours : les épreuves sont relues, il n'y a plus qu'à attendre. Je mets la dernière touche à mon thriller, et en route pour de nouvelles aventures. Ce soir : festival America, inauguration. Hier : Karen Russel, interview, puis réunion secrète. Des fictions radio à terminer. Les Petits Monstres tome 5. Des lectures, en pagaille. En octobre, pas mal de salons. Sorties du Chant du monstre, et du Jalouse où j'ai écrit un truc. Le Petit Prince, volume, euh, 13 ? Une idée à concrétiser au plus vite. Une autre, et une autre encore. Salman Rushdie : serait-il possible de l'interviewer ? L'anniversaire d'Alice, un cochon d'inde - minçalors. Les copains. Les amis. Les proches. Des vacances à préparer. J'ai accepté d'écrire une nouvelle. Et un texte de 27 lignes. Ah, et ce blog à entretenir, vaille que vaille.

 

 

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la vie capitale

Publié le 13 Septembre 2012 par F/.

C'est un roman de "la rentrée littéraire", comme on dit, un monstre de 1760 pages duquel, pour des raisons assez inexplicables mais soulevant toujours les mêmes interrogations déprimantes (y a-t-il une vie hors Galligrasseuil - Actes sud ?), on aura somme toute bien peu parlé. D'ordinaire, l'ambition de tels monuments suffit à attirer sur eux le feu des projecteurs. Pas cette fois. Il faut dire que l'inénarrable branlette au jambon qui ouvre le machin (on ne sait comment l'appeler autrement) de Christine Angot nécessite indubitablement moins d'efforts de lecture. Dans les plis sineux des vieilles capitales, de Sylvie Taussig, troisième roman de la traductrice de Hannah Arendt et Martin Walser paru aux merveilleuses éditions Galaade, mérite en tout cas autre chose que cette paresseuse indifférence. Il s'agit, on l'imagine, d'une histoire impossible à résumer, une histoire écrite dans une langue étrangement neutre, hypnotique, trébuchant parfois entre ses virgules - l'équivalent en mots d'une déambulation hallucinée au coeur d'une ville transformée, plus ou moins, en problème artistique. D'emblée, le vers-titre de Baudelaire nous plonge dans les méandres stratifiés de Paris. Il est question d'un mur noir réveillant de douloureux souvenirs, d'un couple ébranlé, d'attentats à la mosaïque sur fond d'élections municipales, et puis l'histoire prend une ampleur nouvelle, des directions inattendues, la fresque s'étend en temps réel, des personnages s'ajoutent au cortège par rattachements et recoupements naturels - on croise des avocats, des paumés, des artistes, des figures de la vie politique et culturelle, des quidams et des fous, en définitive, dont les destins s'entremêlent en un étourdissant ballet polyphonique, et l'on se surprend à tourner vite les pages et sans fatigue parce que, derrière les lumières, derrière les murs, ce qui rend Paris vivant, ce sont les douleurs des gens et les questions sans réponse. Une comédie humaine passée au tamis de politiques aussi bien globales qu'intimes, donc, et qui s'achève, on le redoutait, en douce apocalypse - le blanc de la nuit virant irrésistiblement au rouge. Dans les plis..., il est important de le préciser, se lit avec aisance et grand plaisir, et ne s'autorise nulle outrance, c'est peut-être là son tort, délaissant les piégeuses forfanteries du style au profit d'une intrigue en tache d'huile incrustée d'éclats poétiques purs. C'est un peu l'équivalent littéraire d'un film choral de huit heures qui ne cherchait rien d'autre, excusez du peu, que circonscrire la vie moderne : il faut un peu de cran pour tenter l'expérience mais la récompense est à la hauteur. "Sous la bâche invisible, les Parisiens mosaïquent." Lèverez-vous le voile ? A signaler : l'ouvrage est proposé en version numérique au prix très intéressant de 9€99 (tiens : le même prix que les 100 pages du dernier Angot), une initiative suffisamment rare pour être signalée.

 

 

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en toute franchise

Publié le 13 Septembre 2012 par F/.

Il y a bientôt dix ans, Gilles Dumay et moi étions partis sur de bien mauvaises bases. Un déjeuner bizarre, des malentendus pourris, des quiproquos à la pelle - il me tenait, sans doute à raison, pour le parfait prototype du petit con mainstream, et j'étais obnubilé - aveuglé - par son côté provoc/faux méchant. J'ai découvert, au fil des années, l'un des mecs les plus charmants de la petite communauté SF, et l'un des plus honnêtes, surtout. Un éditeur scrupuleux, souvent inspiré (j'en parle d'autant plus librement que je n'ai quasi jamais bossé avec lui), doublé d'un écrivain kamikaze. Comme il est impossible de lui dire ça en face (il regarderait probablement ses pieds en me détestant, et j'en remettrais une couche sur sa probité et sa gentillesse discrète - bon dieu, ce serait gerbant à souhait), je le fais ici, où il ne peut pas se défendre, et je vous renvoie à une récente interview du monsieur, conduite dans son style habituel. Qu'on se le dise : Gilles est sans doute le seul type qui pourrait me donner envie de lire de la SF. Et, non, je ne suis pas un spécialiste de John Gardner, mais La Symphonie des spectres est aussi dans mon top 20, pas très loin, dans la série roman initiatique total, du Mage de John Fowles.

 

© Daylon

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1990

Publié le 12 Septembre 2012 par F/.

J'ai rêvé de mon grand-père, encore. Très vite, les images s'émiettent, les perspectives tremblent, mais l'impression demeure et elle flottera longtemps ; restent ce crâne chauve, ce vieux pardessus gris imprégné d'une odeur de tabac froid, ce regard de mer, à la fois doux et malin, un silence derrière le silence. Mon grand-père ressemblait à Blaise Cendrars mais un Cendrars sans la poésie, sans les voyages, sans les mots. Il était minéral, d'un seul bloc. Je n'ai jamais su ce qu'il pensait. Il ne parlait pas beaucoup : il était assis, et il attendait que ça passe. C'est passé, bien sûr. Mort il y a plus de vingt ans. Un jour, dans un bureau de poste, je l'ai vu, de dos, j'ai reconnu l'odeur, la silhouette, il était juste devant moi, je n'avais pas du tout envie qu'il se retourne. En sortant, j'ai compris qu'il était parti dix ans auparavant, dix ans jour pour jour. Mon grand-père adore mon inconscient : c'est un théâtre parfait pour lui, flou comme il faut, confortable. Nous nous y retrouvons parfois pour parler foot ou sens de la vie.

 

 

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so bad

Publié le 10 Septembre 2012 par F/.

Chez ces incurables hipsters de Vice, chers petits poulets, une interview passionnante, quoique traduite à la truelle moldave, de Vince Gilligan, le créateur de Breaking Bad (attention : contient trop de spoilers pour votre propre bien). En plus, ça m'évite de rédiger un énième post pour expliquer à quel point cette chronique caméra au poing du Mal américain en tant que chute tabasse tout sur son passage.

 

 

 

 


 

Ce W.E. était fantastique, putain. Chez l'adorable cousin/beau-frère de l'éditeur le plus radicalement discret et successful de Paris, dont la femme fêtait ses quarante ans, il y avait des côtes de boeuf, un étang gigantesque, du gel pour cheveux indestructible, des tentes un peu partout, un chien gentil, du fromage, un livre sur Pierre Perret, un chat, du vin qui ne fait pas mal à la tête, et tout un tas de gens géniaux qu'on a appris à mieux connaître sans même avoir à coucher avec. Le thème était "punk" mais au bout de deux heures de "oï", tout le monde est OK pour étendre la définition du punk à n'importe quoi avec de la batterie. Comme le disait l'éditeur sus-mentionné, la musique keupon est la seule capable de produire, quand elle s'arrête, un silence plus délectable que toute autre musique. N'empêche, je n'avais pas entendu ceci depuis trois siècles. Avec la sono ad hoc, ça prend une toute autre dimension :

 

 

 

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leave R.J. Ellory alone

Publié le 7 Septembre 2012 par F/.

R.J. Ellory pris la main dans le sac : il gratifiait lui-même ses bouquins de commentaires enthousiastes sur Amazon (je ne vous ferai pas l'injure de vous indiquer les liens : vous les trouverez sans peine). Combien de commentaires, en quelle proportion ? "On" s'en tape. Quel est l'impact d'un commentaire sur les ventes ? De dix, de cents ? En France, dans d'autres pays ? Qu'est-ce qui empêche un éditeur de se livrer à semblable exercice, un auteur d'envoyer ses potes au charbon, sa mère, sa grand-mère ? Quid de ces auteurs totalement inconnus dont les ouvrages se voient miraculeusement gratifiés d'une rimbambelle de commentaires 5 étoiles ? Est-ce que c'est OK si on n'est pas connu ? Plus généralement, qu'est-ce qui peut pousser quelqu'un à faire ça ? L'ego ? Le fric ? "On" n'en parlera pas. "On" est simplement ravi qu'un type se soit fait gauler. Un qui vend, qui plus est, ah, ah - cet enfoiré va payer pour les autres, préparez le goudron et les plumes. L'ordre morale a été bafoué, bonnes gens : on peut maintenant noyer l'affaire sous un torrent d'approximations et de jugements à l'emporte-pièce. Attention, hein. Je ne suis pas en train de dire que c'est cool. Voler un truc chez Monop ou mentir à sa copine ou se faire passer pour quelqu'un qu'on n'est pas n'est pas cool non plus mais vous voulez un scoop ? D'après une récente étude, le mâle occidental moyen mentirait six fois par jour - y compris à des sondeurs. Ce qui n'est vraiment pas cool, on le sait tous, c'est se faire choper. Et on est trop content quand ça arrive à quelqu'un d'autre.

 

 

 

Mais revenons à Amazon. A titre personnel - je vous ai assez emmerdé avec ça, je crois -, je me suis récemment pris dans la gueule plusieurs commentaires lapidaires dont j'ai toutes les raisons de penser qu'ils n'émanaient pas d'un lecteur lambda. C'est le jeu, paraît-il, un jeu malsain et idiot qui pue la trouille et la rancoeur mais, comme me l'a gentiment rappelé le site marchand quand je me suis tourné vers lui, c'est un jeu qui n'a "rien d'illégal" tant qu'il n'y pas diffamation. R.J. Ellory n'a pas eu l'occasion de s'exprimer sérieusement sur l'affaire. Il a servi à la presse les excuses plates et piteuses qu'on attendait de lui. Il est coupable, point, qu'on lui coupe la tête. Bon, il se trouve que ce type est mon copain - le copain, je crois, d'un certain nombre d'auteurs et de fans français, un monsieur d'une gentillesse et d'un altruisme proverbiaux doublé d'un excellent écrivain mais, à vrai dire, ça ne change rien, je défendrais n'importe qui de la même façon, ouais, même toi, dans le fond. Parce que c'est quoi, cette pseudo éthique à sens unique ? Est-ce que la presse parle des quatrièmes de couverture comiquement abusives rédigées par la plupart des éditeurs ? Est-ce qu'elle s'étrangle d'indignation quand un jury compare Zeller à Kundera ? Est-ce que les lecteurs savent que les "sélections FNAC" et autres sont payantes ? Est-ce que l'existence de sommités à quadruple casquette, auteur/journaliste/éditeur/juré pose problème à quelqu'un ? Est-ce qu'on a droit à des articles de fond sur les magouilles du Goncourt ? Oui, les amis, le monde de l'édition est une industrie, avec tout ce que ça comporte de bruits de chiotte et de pratiques douteuses. Maintenant, si vous êtes prêts à prendre les commentaires d'Amazon, ou quelque commentaire que ce soit pour parole d'évangile, c'est votre problème. Mais Roger n'a pas à payer pour tout le monde.

 

 

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la neige et le sang

Publié le 5 Septembre 2012 par F/.

Bon, les vacances étant terminées, on va essayer de reprendre un rythme à peu près conventionnel. Je lis pas mal de trucs ces temps-ci, principalement des romans d'auteurs présents au Festival America où j'aurais l'honneur et le plaisir d'animer deux rencontres. Ainsi viens-je de terminer Kuessipan de Naomi Fontaine, un bouquin dont il est fort probable que vous n'ayez jamais entendu parler (vous pouvez néanmoins le trouver chez des marchands en  ligne) mais dont la moindre page - surprise, hein ! - vaut cent fois l'intégrale de Christine Angot. Naomi est (très) jeune, c'est une Innue de la réserve d’Uashat au Québec, elle a été l'élève de François Bon lorsqu'il était professeur invité de création littéraire à l'Université Laval, et voilà pour la partie CV. Le livre ? "Kuessipan" signifie "à toi", "à ton tour" en Innu : c'est une adresse au fils auquel les deux dernières pages, lumineuses, sont consacrées ("Tu dessineras un arbre du bout des doigts sur le sable fin de la baie. pour toute distraction, il y aura le roulement des vagues. L'infini devant toi, l'eau qui suit le courant jusqu'au bleu du ciel.") Avant ça, il aura fallu à peine plus de cent pages - vignettes, flashs, portraits - à l'auteur pour dire et circonscrire la vie de la réserve, une existence rugueuse, pleine d'échardes et de misère. Le fil directeur de l'ouvrage, vous l'aurez compris, c'est la langue, à la fois très simple et très belle, très pure. Naomi écrit avec son sang, sans effet de manche, sans affectation. En ce sens, Kuessipan m'a fait penser au Autour de moi de Manuel Candré, déjà loué en ces lignes, avec lequel il entretient une troublante, quoique lointaine, filiation. Naomi sera donc à Vincennes dans moins de trois semaines et je me réjouis de la rencontrer. Ne la manquez pas.

 

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