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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

bref, je ne m'ennuie pas

Publié le 30 Octobre 2011 par F/.

Retour à Paris demain. Le temps minimal imparti ne nous a pas permis de faire tout ce que nous souhaitions (sorry, Léo H. !) mais nous sommes contents quand même. Disons que nous nous sommes un peu reposés, disons que nous avons un peu trop bien mangé (excellente winstub, s'il y a des amateurs, mais réservation obligatoire) et félicitons-nous d'avoir au moins avancé sur quelques trucs, littérairement parlant. Ce matin, nous étions à Turckheim, un autre de ces villages absurdement plaisants, quasi désert à l'heure du déjeuner & baignant dans une douceur toute automnale. Nous en sommes repartis munis de saucisses, pâtés, fromages et autre boîtes de choucroute. Quand nous avons expliqué au charcutier que nous allions nous arrêter là parce que, quand même, nous devions faire attention à notre ligne, il nous a contemplés avec un mélange de pitié et de résignation. "Chacun son délire", a-t-il lâché. Bienvenue en Alsace.

 

 


 

 

Je ne sais pas très bien si je serai à Beyrouth après-demain (thanks Air France) mais je sais, en revanche, que je ne serai pas à Nantes pour les Utopiales : j'ai annulé - une première en dix ans - pour cause de burn-out potentiel et de protestations familliales intempestives (je ne serai pas à Sèvres non plus). En revanche : je serai bien présent à la Fête du livre de Toulon les 18 et 19 novembre (le dimanche est off) et au Salon du livre de Colmar les 26 et 27 novembre, et à Beauvais le 8 décembre, et à Besançon, et à Montreuil un peu, et à Roanne, et à Laval - nous reparlerons de tout ça le moment venu.

 

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à propos de lenteur

Publié le 27 Octobre 2011 par F/.

Travail ce matin, promenade sur la route des vins cet après-midi, arrêts à Ribeauvillé et Kayzersberg, ravitaillement en pain d'épices & nous respirons un peu. Au retour, une étrange lumière rasante plane sur les contreforts des Vosges. Des clochers percent, métal froid contre le bleu ardoise d'un ciel d'automne et tout semble figé dans le froid qui précède l'hiver. Le long de la plaine, des lumières s'allument l'une après l'autre et, bientôt, des chapelets entiers scintillent à travers les collines. De l'autre côté, au pied des monts, des bancs de brume flottent sur les champs comme si la terre retenait son souffle avant de se livrer à la nuit. A tout instant, d'entre les vignes, on s'attend à voir surgir un feu roux ou une ombre gracile. C'est l'Alsace : noire, puissante et profonde. Nous écoutons la BO de Drive. Tiens, ça me fait penser que j'ai oublié de parler de ce film. Eh bien, je l'ai trouvé merveilleux de violence et de lenteur. Lynch rencontre Tarantino sous prozac et rêve à la fin du monde. Les images me hantent encore, et je ne sais pas trop quoi ajouter - c'est un film qui vous happe (la musique, la lenteur, le fantôme dans la ville désincarnée) ou vous laisse sur le bas-côté, irrémédiablement.

 

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schizo freine

Publié le 26 Octobre 2011 par F/.

Quelques jours au vert (Alsace) puis au... euh, jaune pâle ? Bleu azur ? (Liban). Mais vous pouvez rester connectés : je continuerai ici-même à sévir. En ce moment, une heure par jour, je travaille à la réécriture du cycle d'Arcadia, qui devrait être réédité par Bragelonne. Je le réécris une fois, je le réécrirai une seconde fois, et peut-être que ça commencera à ressembler à quelque chose. Et tu fais quoi d'autre, mec ? Je m'échine sur le tome 4 des Etranges Soeurs Wilcox. Je prépare un nouveau thriller. Je lis des livres sur les massacres de masse, sur l'imposture freudienne, sur la bombe atomique (ouah, quel changement) et je réfléchis à un livre sur la joie (si). Le reste existe. Le reste est secret. Le sujet Colin demeure sous la surveillance de nos services.

 

后会有期 !

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recopie ce message si tu aimes la vie

Publié le 24 Octobre 2011 par F/.

In Utero, Funerals, Hospice, Beautiful Freaks - la liste des albums composés dans la douleur, en réponse à la douleur, regorge de chefs-d'oeuvre. Tant mieux pour nous, hélas. Au bar des vies de merde, Billy McCarthy, chanteur et compositeur des We are Augustines, a sa table réservée : un frère schizophrène, qu'il a essayé de sauver envers et contre tout et qui a fini par se pendre, une mère malade elle aussi, crevée d'overdose après avoir gribouillé au dos d'une carte de pompes funèbres le nom de ses enfants, et un premier groupe tué dans l'oeuf pour faire bonne mesure. Considérant le talent hors-norme du client, toutes les conditions était réunies pour l'opération transcendance idéale. Le résultat ne déçoit pas : il y a du The National chez ces gens-là, du Arcade Fire, une propension admirable à garder la tête haute là où d'autres se perdraient en lamentations geignardes, choeurs country en option. Avançant toutes griffes dehors, porté par le désespoir rugueux de McCarthy, Rise Ye Sunken Ships pourrait servir d'illustration à la page "life-affirming" du dictionnaire. A ce jour, bien sûr, il est passé totalement inaperçu. Mais tout n'est pas question de fatalité.

 

 

 

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éloge du bruit blanc (à propos du masque et la plume)

Publié le 24 Octobre 2011 par F/.

Hier soir, j'étais chargé par mon copain Oliver G. de guetter la recension du Désolations de David Vann dans Le Masque et la plume de France Inter - une émission, faut-il le préciser ? que je n'écoute plus depuis des lustres et dont le seul objectif est, manifestement, de susciter la colère et/ou la consternation des auditeurs, puisqu'il faut bien susciter quelque chose. Le problème du Masque, c'est que ses intervenants ne sont pas des critiques littéraires, seulement des gens qui donnent leur avis comme on parlerait du temps qu'il fait. Pour un résultat identique, autrement dit, on pourrait interroger mon voisin de pallier (on ferait bien, d'ailleurs) : il suffirait de lui fournir un dossier de presse. Une aptitude à la lecture serait un plus appréciable. Il y a quelques années, une chroniqueuse avait déclaré ne pas aimer Cars parce qu'elle "n'aimait pas les voitures". Une autre, à propos de Lunar Park, avait parlé sans rire du mariage de Bret Easton Ellis, qu'elle croyait authentique. Deux exemples parmi des centaines, bien sûr, mais qui donne une mesure de la vacuité du machin. Hier, Unetelle expliquait que Désolations ne lui avait pas plu parce qu'elle n'aimait pas la nature et parce que les livres déprimants, eh bien, ça la déprimait. "En tous cas, ça ne donne pas envie de camper en Alaska", nous a aussi appris l'un de ses comparses. Tout aussi bien, ces gens auraient pu nous faire partager leurs goûts culinaires ("une bonne tartiflette, quand même, c'est sympa") ou nous parler de leurs dernières vacances à Punta Cana. Du coup, quand Oliver m'a demandé si les chroniques étaient quand même "positives", j'ai eu un peu de mal à répondre. Positif, c'est quand on a envie d'acheter le livre, c'est ça ? Bon, mais si un copain a été au Pays de Galles et m'a dit que "c'était cool", ça ne me donne ni envie d'y aller ni envie de ne pas y aller : a priori, je suis content pour lui, et basta. Alors, euh, "positives" ? No sé, señor.

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On sait depuis longtemps que Le Masque et la plume ne fait pas vendre de livres (cent fois moins qu'une chronique de Gérard Collard, par exemple). A la rigueur, il est permis de se demander si un étripage en règle ne constitue pas la seule chance sérieuse de voir ses chiffres grimper. Toute la question, en définitive, est de savoir si "quelque chose" est systématiquement mieux que "rien". En ce qui concerne la tranche 20h/21 de France Inter, j'ai tranché depuis un moment.

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au loin

Publié le 22 Octobre 2011 par F/.

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J'éprouve en ce moment les pires difficultés à boucler le tome 4 des Etranges Soeurs Wilcox. C'est presque une bonne nouvelle : il faut se défier comme de la peste des gens satisfaits. En attendant, je vais devoir tout reprendre, opter pour un autre angle, retrouver l'allant des jours dansants. De telles crises ne sont ni fréquentes ni agréables mais elles restent nécessaires, rassurantes en un sens : elles prouvent que mon baromètre fonctionne. Donc, un peu de patience encore avant de retrouver Amber et Luna pour un dernier tour de piste. En attendant, suivons avec frayeur et intérêt le voyage de Claro. L'animal s'est envolé hier pour Toronto et reviendra quand je partirai, et partira quand je reviendrai - oui, c'est un petit numéro sympa que nous avons mis au point.

 


 

Hier, j'ai essayé d'écouter le nouveau Justice : une vraie purge - j'ai laissé tomber. En revanche, je ne puis que vous conseiller le Gentle spirit de Jonathan Wilson.

 

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révélations

Publié le 20 Octobre 2011 par F/.

Besoin d'un peu de temps pour me réacclimater à la rustrerie made in France, dirait-on : appels à la con ("bonjour monsieur Colin je me présente je suis machine du fonds d'investissement Trucmuche auriez-vous quelques minutes à m'accor - bip), ambiance France - Pays de Galles permanente des transports en commun (primes de victoires en moins), restaurants chers et pas bons, vexations administratives usuelles, sans compter un aréopage inattendu de nuages métaphysiques toxiques - amis en perdition, messages restés sans réponse, autres messages auxquels on ne répondra pas. Vous buvez du café ? m'a demandé le médecin avant-hier. Ouais, et ça sonnait presque comme une mise en garde. Peut-être, dans le contexte, devrais-je lire autre chose que le terrible J'ai réussi à rester en vie de Joyce Carol Oates, pendant méticuleux et d'une sèche humilité à L'année de la pensée magique de Joan Didion sur un thème quasi identique : le deuil irréparable, après plusieurs décennies de vie commune. Soyons clair, je ne sais pas si je vous le conseille. Autre lecture forte, achevée en Chine, celle-ci : le journal du tournage d'Apocalypse Now paru chez Sonatine et signé Eleanor Coppola. L'épouse du maestro livre un récit étonnamment sobre, presque anesthésié (sans doute le seul rempart contre la sauvagerie absolue dont elle est témoin), où le film se révèle à la fois Graal et ennemi mortel, chaos total et révélation nécessaire. Eleanor n'est pas écrivain, elle, mais c'est peut-être ce qui rend son témoignage si vivant.

 

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france (1)

Publié le 19 Octobre 2011 par F/.

Réunion représentants hier avec l'équipe de Sonatine. Blue Jay Way y a été décrit (pas par moi) comme un "polar cérébral". So be it. Pour ma part, je guetterai avec impatience la sortie du  U.S. ! de Bachelder, qui voit de dangereux activistes socialistes ressusciter sans relâche le malheureux Upton Sinclair dans le but de lui faire écrire les nouveaux livres de gauche qu'il est manifestement le seul à pouvoir commettre. Vous avez dit métaphore ? Peu après ça, j'ai été faire un tour en librairie. Au rayon "polars", il y a toujours autant de bouquins parlant de Templiers, de Graal, de R+C, de secrets médiévaux terribles prêts à être exhumés par des mecs droits mais abîmés par la vie. D'autres intéressantes variations concernent les méthodes de meurtre : tarot, Bible, nombres premiers, etc. Pour la première fois, hier, je me suis posé la question : les gens qui écrivent ça, ça les intéresse vraiment, ça leur tient à coeur, ils y croient ? Je veux dire, le type qui évoque un néo-Nazi éviscérant ses victimes selon les hexagrammes du Yi-King, il creuse un sillon personnel ? Bon, il serait temps que je me remette de ce décallage horaire.

 

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chine (10)

Publié le 17 Octobre 2011 par F/.

De retour : crevé bien comme il faut, mais heureux. Hong Kong est vraiment une ville incroyable. Le mélange détonnant New York / Frisco / Chine à la sauce Blade Runner, l'affabilité indéfectible des locaux, l'énergie permanente, les petits marchés, les odeurs de bouffe, le mix flamboyance architecturale / décrépitude urbaine provisoire, le vertige, les soirées de SoHo, la poésie qui surgit n'importe où n'importe quand, les mémés rabatteuses de Wai Chan, le squatt dominical des Philippines - à peu près tout m'a plu, ici, et j'espère revenir au plus vite, accompagné. Vendredi soir, un attroupement s'était formé sur une placette bondée, un type dansait, très concentré, au son d'une lourde techno émanant d'un bar voisin et une fille s'est pointée, une Américaine il me semble, convenablement beurrée, qui s'est lancée dans une étrange chorégraphie rituelle à mi-chemin entre le défi et la séduction lascive. A la fin, elle a fait la roue, le danseur l'a poussée, elle l'a poussé aussi et ça a failli dégénérer gravement mais tout le monde était trop pété pour intervenir. "I don't know what the well happened here, a merveilleusement résumé un Chinois à mon côté, but I know I was part of it." Plus tard, un taxi redouble d'amabilités : "It is my duty to serve you, Sir." On dirait un robot tout gentil. Sur quoi il se plante de chemin. Il faut dire que le lycée, perdu dans les hauteurs de Happy Valley, n'est pas évident à trouver. Avant ça, dans le désordre : Fred Boot, sa femme, et leurs cocktails japonais qui tuent (Fred, à propos, ils adorent tes cartes à la librairie Parenthèse de Wellington - ils t'attendent de pied ferme, va te montrer !), la demi-finale de rugby regardée devant (et non dans) un pub, des kilomètres avalés dans toutes les directions, couché à 00h30 tous les soirs, des nuits de neuf heures derrière, nuits d'une traite ! des mois que cela ne m'était pas arrivé. Photos ? Photos !

 

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Crépuscule tranquille dans le quartier de Happy Valley, à 1/4 d'heure de marche du lycée. Généralement, les gens se déplacent peu à pied : les taxis ne sont pas chers et les trams vont partout. J'ai quand même dû parcourir 15km par jour, fou que je suis.

 

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En haut du lycée, cette fois - vue sur un couple de chopsticks towers. A proximité, des chemins de randonnée partent dans la forêt. La chaleur moite rend leur ascension malaisée, même en octobre. Je m'étais barré entre midi et deux vendredi : j'ai dû prendre une douche avant de revenir en classe.

 

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Je ne sais pas combien les gens qui vivent là louent l'espace publicitaire, mais des écrans de ce genre sont monnaie courante à HK. Ici : à l'entrée du quartier commerçant-chic de Causeway Bay.

 

 

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Vue depuis Victoria Peak, le spot à touristes auquel on accède par un tramway particulièrement pentu. Ici, vue sur la partie nord, vers Kowloon.

 

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Ruelle tranquille, un samedi soir près de Soho. Le contraste avec les rues à bars toutes proches est absolument saisissant. A 200m de là, c'est la dinguerie absolue.

 

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Tiens, des Indignés ! Ils ne sont pas très nombreux à HK, mais toujours plus que chez nous. Ici, le droit à manifester est défendu par principe, du moment qu'il est encadré. En arrière-plan : des squatteuses philippines. Tous les dimanches, par centaines, elles installent leurs cartons près de Central, mangent, discutent, jouent aux cartes.

 

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Vue du toit du studio, où j'étais gracieusement logé. Je sais, je n'étais pas censé grimper là-haut mais hey ! c'était un peu tentant. A gauche, les chopsticks photographiées ci-avant (vue vers l'Ouest, globalement).

 

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Les ponts et les passerelles sont légion à HK : on peut parcourir une partie de l'île, du nord au sud, sans toucher terre, et il y a même un tronçon d'escalators menant aux mid-levels qui fonctionne jusqu'à minuit.

 

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Halloween est la grande affaire de la ville : les commerçants vendent des membres tranchés, des masques, des costumes, il y a des fantômes et des squelettes un peu partout, une soirée zombies est prévue, je suis un peu triste de l'avoir ratée.

 

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Comme NYC, HK (du moins l'île principale - celle des cartes postales car, en réalité, il y en a plein d'autres) est une ôde à la verticalité, une ville où l'on marche la tête en l'air.

 

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Retour à la maison après 3/4 d'heure de taxi dans les bouchons de Paris, et déballage de cadeaux juste avant le réveil de la meute. Nathan a ri en voyant la plaque Nathan Road : "je suis célèbre, là-bas !"

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chine (9)

Publié le 15 Octobre 2011 par F/.

Interventions : done. A moi Victoria Peak, Wellington street, Causeway Bay, la bouffe chinoise, indienne, malaisienne, viet, thai, japonaise, mexicaine (?), le shopping dingo, les ferries, les photos, les posts sans accent, les marches nocturnes, etc. Quand je reviendrai, il y aura un truc plus long qui expliquera tout le WE et les soirs. En attendant, merci Fred pour ce japanese private cocktail bar de la mort. Tu vois, je suis toujours en vie et bien portant, & the next drinks are on me ! 

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