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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

blowing in the wind

Publié le 29 Août 2012 par F/.

Les commentaires, à compter d'aujourd'hui, ne sont plus soumis à ma sinistre approbation, mais je me réserve encore le droit de ne pas les publier si votre contribution commence par un truc semi-marrant du genre "salut, gros débile pédophile" ou si vous avez l'intention de critiquer le début de saison du PSG.

 

 


 

 

Aujourd'hui en librairie :

 

 

282 pages, 6€60, tient dans la poche, divise la critique. Un vrai truc est en train de se passer avec Le Livre de Poche ces temps-ci - on en reparlera d'ici quelques mois.

 

 


 

 

Cet été, je n'ai écouté que des trucs de chochotte : Dead Can Dance (le nouvel album, dans la lignée des précédents - comme un Amélie Nothomb ressemble à un Amélie Nothomb, je suppose), Barbara (je suis tombé sur une émission de France Inter qui m'a rappelé que cette nana était la seule capable de me faire chialer devant un poste de radio en attendant qu'on m'annonce la mort de David Lynch), Beachwood sparks (ouais !), Of Monsters and men (mouais ; dans une interview, les mecs expliquent qu'ils ont beaucoup écouté Arcade Fire. Sans déconner ?), la B.O. de We bought a zoo signée Jonsi (Sigur Ros à la plage) et le dernier Dirty Projectors (ça fait bizarre, les Beatles avec un QI de 180 mais Gun has no trigger est quand même une des chansons de l'année). Et vous ? 

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in utero

Publié le 27 Août 2012 par F/.

C’était un empire sans empereur, un monde écrasé de lumière où murmures et feulements tenaient lieu de langage. Des ombres se mouvaient dans la chaleur, alors, des créatures au pelage d’or abimées dans quelque rêve immense. Les pulsations de la nuit évoquaient les battements d’un cœur trop sauvage pour se soumettre au temps. Des panthères filaient sous l’ouragan, souveraines, et puis c’était des étoiles en averses, la mort dans les tourbières, la vie nauséabonde, et une armée charbonneuse obscurcissait le ciel. Oui ! L’âme de l’empire exultait, grouillait, rampait sous les frondaisons labyrinthiques. Par-delà la boue figée des criques, les arcs grisâtres de la mangrove, par-delà les noirs miroirs des lacs se déchiraient des nuages de mélasse et de sang. Sous la lune roussâtre, l’eau envahissait la plaine, plus visqueuse que du mercure, tandis qu’un vent fou arrachait les palmiers à leur fatale quiétude. Des chênes se dressaient, échevelés sur l’océan vert, des oiseaux au plumes d’huile se détachaient du ciel et rien, rien ne semblait pouvoir troubler cette respiration ample. Un jour (un siècle, en vérité, ou peut-être bien cent – c’était lent, lent comme le poison perdu dans l’écheveau des veines), un jour, donc, vinrent les hommes, les premiers, les debout : hagards et tremblants, prostrés face au tonnerre. Des singes, à peine, des singes avides de mots pour dire la mort ce pendant qu’au cœur des marais troubles, des êtres de dents et de métal s’ébattaient en volupté, capables, d’un claquement de mâchoire, de renvoyer tout le vocabulaire du monde au néant. Les hommes taillèrent des lances, creusèrent des pièges, échafaudèrent des mensonges vibrant de merveilles mais ils comprenaient, confusément, qu’une soumission complète était l’unique recours. Il y avait l’orage et les fauves, les guerres et les tempêtes, des reptiles longs comme un soir d’été vagissaient le long les hummocks en attendant leur heure et les Indiens, les Timucua, Calusa, Tequesta, les Indiens tournés vers l’Est s’efforçaient de déchiffrer les signes avec la certitude paisible qu’ils n’y parviendraient jamais. Mais bientôt, bien trop vite, des voiles autrefois blanches parurent au large, une odeur de poudre se répandit à travers l’aube, de bottes tassèrent le sable et on hurla des ordres, et ce qui restait informulé, mystérieux – le ressac et les oiseaux, les arbres tristes et un mal vague comme une somnolence – se vit impitoyablement nommé, circonscrit & promis à la défaite.

 

 

 

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plus blanc que white

Publié le 26 Août 2012 par F/.

Plongé jusqu'au cou dans la saison 5 de Breaking Bad, qui sera diffusée en deux fois : huit épisodes maintenant, huit autres dans an. What ? Eh ouais. Dans cette première partie, qui a obtenu le score hallucinant de 99% sur Metacritic (à ma connaissance, d'ailleurs, Breaking Bad est la seule série dont les notes n'ont cessé de grimper de saison en saison), le cahier des charges de Vince Gilligan - montrer jusqu'à quel point un homme "normal" pouvait devenir un monstre, s'attacher aux moindres détails de cette métamorphose et, ce faisant, dé-construire la notion même de normalité - est parfaitement respecté : la série ne "remue" presque plus, l'arc narratif se limite à la reprise des activités de Walter et Jesse et au vague halo de terreur qui les entoure, et ce parti-pris résolument anti-spectaculaire porte ses fruits au-delà de toute espérance. L'horreur presque banale, c'est dans le cerveau de White qu'elle est nichée : dans les replis de son esprit, dans les contorsions de plus en plus acrobatiques de son sens moral. Le cancer, lui, reste tapi : c'est ce tigre en laisse qui vous regarde vous débattre avec des chiens et dont la présence même décuple vos forces. Mais la laisse tiendra-t-elle ? Et comment les chiens pourraient-ils cesser d'aboyer ? A ce stade, les épisodes se résument peu ou prou à de magistrales joutes verbales. On attend, on attend et c'est insupportrable. Gilligan aime à laisser planer un doute sur l'avenir de Breaking Bad, la possibilité d'un film. Une série ne se juge pleinement qu'une fois terminée. Espérons que l'été 2013 sera bien le dernier pour Walter White.

 

 

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rentrée en silence

Publié le 22 Août 2012 par F/.

Echange : une bonne partie de la rentrée littéraire française (les premières pages de La Théorie de l'information, par exemple, sont à peu près aussi excitantes que l'éditoriale d'une gazette municipale de Seine-et-Marne) contre ces quelques dernières lignes parmi les dernières de Tarkos :

 

tarkos.JPG

 

Ceci étant, ne soyons pas injuste : le début du Cécile Guilbert, Réanimation, m'a quelque peu scié, ainsi - mais ça devient franchement une habitude - que celui des Désarçonnés de Pascal Quignard. A part ça, Les Inrocks sont rigolos : rendez-nous l'autofiction, implorent-ils. Parce que les romans de la rentrée littéraire, paraît-il, s'appuient trop sur l'actualité (et sur quoi s'appuient-ils, eux, pour l'affirmer ? Sur leur propre sélection : gag). Donc, on n'aurait le choix qu'entre parler de sa bite ou rédiger un édito narratif du Monde Diplo. Je suis content de ne pas vivre dans l'univers débile de Nelly K. et consorts.

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pourtant, que la montagne est belle

Publié le 22 Août 2012 par F/.

Hier, nous avons fait une randonnée nouvelle sur les hauteurs du Plateau de la Croix. Enfin, randonnée, avec les enfants et belle-maman, on se calme, hein, c'est pas non plus la Lée blanche en tongs. Chemin faisant, nous avons croisé un chien, une dizaine de vaches et trois êtres humains, dont PPDA en train de faire son jogging à 1800 m d'altitude. (Ne faites pas confiance aux gens qui n'aiment pas les vaches). Le patron du snack local, qui est devenu une sorte de copain, nous a confirmé que des gens connus venaient ici pour se ressourcer loin des regards. "D'ailleurs, nous a-t-il glissé, vous avez sans doute reconnu Jean-Christophe Ruffin tout à l'heure." Euh, non. Je suis une vraie truffe pour reconnaître les gens qui devraient être reconnus. Ils pourraient chanter leurs tubes à mon oreille ou rejouer une scène culte de leur blockbuster ou laisser négligemment traîner leur Goncourt sur la table, ce serait pareil. Même PPDA, je n'étais pas sûr. Je me suis juste dit : "ce type ressemble à PPDA." Ensuite, ma femme s'est retournée vers moi, sourire aux lèvres, genre "mais si, c'est bien lui !". Patrick, il faut dire, ça fait trois fois qu'on le voit en trois mois, ça commence à devenir assez inquiétant pour que je l'appelle par son prénom. Après ça - ou avant, demandez à ma bière -, on a mangé des beignets au reblochon et un groupe de retraités s'est mis à jouer face au Mont Blanc à un truc assez incompréhensible appelé "jeu du cornichon." J'ai rien pigé aux règles. Mais rien. D'ailleurs, c'était complètement différent de que le site essaie d'expliquer. Ceci étant, j'ai ri, paupières mi-closes. Car à vrai dire, j'essayais de dormir, avachi sur un transat. Voilà : ne rien faire à 1800 m, je m'y emploie depuis dix ans, à cette époque de l'année. Vraiment, ce coin-là est l'un de mes trois ou quatre endroits préférés sur Terre. Le mercredi, j'achète les Inrocks spécial rentrée littéraire pour me réhabituer au monde, et tout retombe doucement, à coups de Christine Angot et de "voici le nouveau Houellebecq."

 

 

A ce propos, mais pas seulement, petit quizz. Qui a écrit : "L’Aryen doit s’extirper de son métissage dégueulasse ou disparaître et pas de façon pépère, tout simplement, doucettement, gentiment… Non ! À coups de supplices ! de tortures infiniment variées ! guerres ! démences très horribles, nécroses ravageantes, terrifiantes, convulsions incoercibles, abominables puanteurs. Des vraies fins vertes de cancéreux. La mosaïque héréditaire de l’hybride européen abâtardi recèle assez de ferments absurdes, d’inclusions anarchiques, de démences imminentes, pour déconcerter vingt enfers, pour engraisser tous les chirurgiens du monde. Le fameux rêve humanitaire du juif c’est un Pandemonium de toutes les nations dissoutes, une fantastique bouillabaisse des races pourries, affolées, perdues en carambouilles grotesques, toutes confondues dans une perpétuelle furieuse catastrophe." Bah, ce n'est pas très dur, y a du style. En revanche, c'est quand même un joli cas de folie clinique, et le fait que l'auteur ait choisi par la suite de renier ce texte (qu'on trouve très facilement sur le net en PDF) n'enlève rien à son coté absolument putrescent.

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sexy motherfucker

Publié le 12 Août 2012 par F/.

Réécrire béatement un truc impossible à réécrire en écoutant Life is simple in the moonlight tandis que les filles sirotent des bières non loin de la piscine et que les derniers nuages de ce que la météo a désigné comme un "important passage orageux" et qui s'est résumé in fine à une série d'éructations lointaines ponctuées de trois vagues gouttes lourdes : si je dois baisser ma garde deux semaines dans l'année, on dirait bien que le moment est venu. La pluie, ici, est un rêve déclaré mort et orphelin avant même d'avoir touché le sol. Pour le reste, bordel, j'ai tellement de mal à écrire deux lignes potables ces temps-ci que je n'arrive plus à savoir si c'est bien le signe de détente attendu ou juste un genre d'inoffensive catastrophe temporaire. Peu importe, en fait. Je lâche prise. Bande-son de l'aube aujourd'hui : Le Black Album de Prince. Quand j'étais en seconde, j'ai acheté une version K7 pirate au seul Noir du lycée - deux cent balles à l'époque, une fortune. Je crois que ce garçon m'a gentiment entubé. La vérité, c'est que j'aurais payé le triple sans broncher. C'était l'époque où le génialissime nabot de Minneapolis, qui avait un peu forcé sur le xeu, voyait les lettres G O D s'allumer dans un champ. Le Black Album officiel, sorti sept ans plus tard dans l'indifférence générale, reste un LP intense et féroce. Je ne le mets pas tout à fait au même niveau que Sign ☮ the times mais quand même : je ne me souvenais pas que c'était aussi puissant. Et dire que ce con est devenu témoin de Jéhovah. Ouvre les yeux, mec : Babylone la Grande, c'est toi qui as signé sa bande-son.

 

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french riviera

Publié le 11 Août 2012 par F/.

Antibes puis Nice hier. Bonjour l'aventure de dingos. Ouais, comme nous n'étions pas en mode "filons dans un endroit improbable assortis d'une préparation minimaliste en espérant qu'il nous arrivera des trucs de oufs", je vous épargnerai l'habituel récit tragi-comique. En revanche : nous avons mangé des pâtes et des pizzas au restaurant du Gésu et c'était plutôt sympa - sobre et qualitatif (à part le Chianti, servi à température ambiante, i.e. 32°). Depuis que nous avons été à Naples, il faut bien le dire, nous sommes devenus redoutablement pointilleux sur la question des pizzas. Si vous connaissez d'autres bonnes adresses, je suis preneur.

 

Capture-copie-5

 

Pour les glaces, en revanche, pas compliqué, un seul endroit, une légende : Fenocchio.

 

Fenocchio-3-SMALL.jpg

 

Bon, ces mecs sont de véritables psychopathes de la crème glacée, hein, restez sur vos gardes. Place Rossetti, il y a toujours la queue. Il faut dire que ce n'est pas tous les jours qu'on peut trouver des glaces parfums thym, tomate-basilic, bière - ou six sortes de chocolat différents. Mode Gros-Con-de-Touriste ON : ce qui est sympa, dans le vieux Nice, celui des murs jaune-orange élimés, celui des couleurs pour lesquelles aucun mot français n'a été inventé, celui du linge qui pend, de petits chats noirs, des façades d'église et de cette bouffe à se damner c'est, en fait, qu'on est en Italie.

 


 

Bon, sinon, chez les gentilles dames du Heidi's bookshop du vieil Antibes, j'ai acheté ça :

 

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Ne me demandez pas pourquoi : c'est la part irrationnelle de mon cerveau qui a décidé.

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disclaimer

Publié le 11 Août 2012 par F/.

Certains d'entre vous l'ont peut-être remarqué, les commentaires du Golden Path sont désormais modérés. Qu'on se rassure, cette précaution est provisoire et ne change rien sur le fond : tout ce que vous pourrez écrire sera automatiquement validé, dans la mesure où vous n'êtes pas l'une des deux personnes visées par cette disposition ou que vous n'essayez pas de m'expliquer la vie en service commandé. Je suppose qu'il existe une galaxie dans laquelle cela fait de moi une sorte de porc fasciste ; à vrai dire, il existe tellement de mondes.

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mon nom est personne

Publié le 10 Août 2012 par F/.

Aujourd'hui, après une quasi semaine puissamment larvesque, nous allons à Antibes : une ville magnifique qui m'avait inspiré, il y a près dix ans, l'idée de Nemo, tétralogie romanesque à base de lune, de camp de concentration, de mythes grecs et de mort. Le projet n'est peut-être pas si enterré que ça.

 

http://www.lecapdantibes.com/Images/street_cap_1.jpg

 


Vu le blog de Lunes d'encre :

 

 

Sortie fin octobre, si j'ai bien compris, avec une préface de qui-vous-savez.

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heart wide open (à propos de Marion Laine)

Publié le 9 Août 2012 par F/.

Jamais aisé de parler du livre ou du film d'un(e) ami(e). Je m'étais essayé à l'exercice il y a peu avec le brûlant Autour de moi de Manuel Candré et je m'étais dit : tu n'es pas critique, raconte seulement ce que tu as sentiA coeur ouvert de Marion Laine est dans vos salles depuis hier. Je l'ai vu il y a plus d'un mois au MK2 Bibliothèque : j'étais seul, c'était un peu triste, ce n'était pas plus mal. Ce que je me rappelle d'abord, ce sont les mains d'Edgar Ramirez, le magicien déchu, les signes tracés dans l'air. Une barbe de prophète souffrant mangeait son visage et le regard mi-hanté mi-joyeux de Juliette Binoche interrogeait sa chute en vain. A coeur ouvert est, me semble-t-il, une ode à l'invisible, à ce qui se passe en profondeur et, partant, à la sensualité. Toucher, palper, malaxer, sentir, c'est appréhender la vie : c'est ce que fait un chirurgien quand il découpe une peau tendre, c'est ce que font des amoureux lorsqu'ils renoncent à comprendre ce qui leur arrive pour se laisser aller à la douleur d'exister. La parole, qui vient avant, ou après, ne répare pas grand-chose. Elle ne dit rien de l'infra-monde, elle ne dit rien de la vraie vie : elle est plainte & litanie, elle est souffle in fine, et nous ne sommes que de grands singes. Je ne vais pas vous raconter l'histoire, je ne pourrais pas, mais il y a du Marion là-dedans, on le sent à chaque seconde, il y a du Claro aussi (il y a même ses livres, comme des clés - si vous voulez savoir ce qui se trame dans les profondeurs, si vous n'avez pas peur du noir alors oui, vous pouvez essayer cette méthode-là aussi), il suffit de les connaître et de les aimer pour savoir mais pour le reste, c'est Au-dessous du volcan, la lave qui couve, l'explosion imminente, le drame et le scalpel : voici l'histoire d'un couple qui s'aime à s'en déchirer, un couple qui surnage au coeur d'un incompréhensible tumulte, des mystères que la pensée ne permet pas de saisir. Plusieurs scènes de disputes traversent et scandent A coeur ouvert crescendo - l'homme et la femme s'empoignent pour se rappeler qu'ils sont là et pas en train de rêver - et la principale, magistrale et absurde comme seule peut l'être une bataille de couple vrai, m'a arraché des larmes. Je ne suis pas critique, disais-je : j'ai juste senti la vie qui saignait, j'ai juste senti le rythme, les ultimes battements, le souffle dernier, et les échos de ces tambours vivent et persistent encore en moi.

 

 

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