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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

à propos de michael jackson

Publié le 29 Juin 2009 par F/.

S'il fallait mesurer l'influence d'un artiste au nombre des pairs qui se réclament de son oeuvre, celle de Michael Jackson serait largement plus faible que, mettons, celle du Velvet Underground ou de Pavement : à part Justin Timberlake et Mariah Carey - autant dire pas grand-monde -, exceptés quelques rappeurs mytho en quête d'illusoire légitimité, personne ne cite Jackson comme inspiration directe. Pour le dire autrement : quiconque prête allégeance au funk (de Outkast à TV on the radio) évoque volontiers Prince, ou James Brown, ou n'importe qui, mais pas notre ami Jacko. L'autisme de Michael est aussi celui d'une musique tellement renfermée sur elle-même que l'arbre épileptique auquel elle s'apparente, l'arbre hystérique, auto-anthropophage et vidéo-dépendant dont les bruissements ont enchanté, au sens nabokovien du terme, notre jeunesse le temps de quelques pas lunaires, n'a jamais porté le moindre fruit comestible. Etymologiquement, "génie" dérive du latin Genius, dieu qui donne la vie à toutes choses. CQFD ?

***

Le ranch de Neverland : échapper au temps, l'éternelle obsession de Michael, échapper aux adultes, perdre le monde dans sa danse. Il fut un moment question que le chanteur joue dans Hook, une suite à l'histoire de Peter Pan en comédie musicale. Le film s'est fait sans Jacko et Jacko a voulu jouer hors du film, incapable de comprendre que les règles avaient changé, et le synopsis avec : Peter revient chercher les enfants perdus mais cette fois, c'est "tu me touches, je gagne 20 millions de dollars". Bienvenu en Amérique. On peut imaginer (et d'une certaine façon, j'avais effleuré le sujet dans ma nouvelle Une autre fois, Damon) que si Peter Pan s'incarnait aujourd'hui dans notre monde, il serait très vite accusé de pédophilie. Oui, il existe deux façons très différentes de toucher les gens : mais si rien ne sépare votre cerveau gauche de votre cerveau droit, vous risquez fort de choisir la mauvaise. Dans Captain Eo, réalisé par Coppola avec Michael dans le rôle titre, le captaine déclare à la méchante reine extraterrestre qu'il est en mesure de voir la beauté cachée en elle et que la clé pour la voir est une chanson. Le seul extraterrestre, évidemment, c'est Michael himself, l'acteur ET le personnage, un type que nul ne connaît, dénué, à l'instar de son modèle, de toute personnalité et seulement mû par une joie innocente qui le condamne par avance aux pires turpitudes.

***

Personne n'a jamais parlé du père de Peter : une ombre trop dense, trop pesante, trop blessante pour être seulement nommée. Quant à Joseph, le père biologique de Michael (mais pas plus, en vérité) qui déclarait, dans une interview, ne "pouvoir supporter les gays", on se contentera de citer une histoire à son sujet, mais combien éclairante ! One night while Michael was asleep, Joseph climbed into his room through the bedroom window. Wearing a fright mask, he entered the room screaming and shouting. Joseph said he wanted to teach his children not to leave the window open when they went to sleep. For years afterward, Michael suffered nightmares about being kidnapped from his bedroom.

***

Des grilles, maintenant fermées sur un mystère. "Le jour où nous sommes venus à Nerverland, raconte une femme à USA Today, j'ai cru que j'étais morte et que j'étais au paradis".

http://www.brisbanetimes.com.au/ffximage/2008/02/27/470neverland,0.jpg
Just beyond the entrance is the only clue of what lies beyond the gate, a small yellow sign that reads: "Caution: Children at Play."

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anniversaire

Publié le 27 Juin 2009 par F/.

Pas le mien, non : celui de Bifrost et d'Actusf hier au 138 - ancienne boucherie reconvertie en bar baroque. Des amis, un air tiède, quelques bières gratuites, difficile de rêver mieux. En revanche, personne n'a vomi, personne ne s'est battu, personne n'a essayé d'expliquer ce qu'était la SF, et aucun détail sexuel ne me vient à l'esprit.
Le sens de la fête se perdrait-il ?
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mendelson 2

Publié le 25 Juin 2009 par F/.

J'ai à peu près mes lecteurs, mais je ne les ai pas contactés encore parce que le texte n'est pas tout à fait lissé comme je voudrais (ça devrait être le cas demain). Ceci étant, je cherche toujours un lecteur ou une lectrice de confession juive : contacter le bureau selon la procédure habituelle.



Ce matin, je me suis réveillé avec l'impression qu'un petit plaisantin avait planté trois couteaux rouillés sur le dessus de mon crâne avant de remplir mon estomac de goudron frelaté et d'installer mon lit sur le pont arrière du Titanic.  Cette sympathique évocation rétropspective de mes années d'étudiant m'a été offerte par la (plus sympathique encore) soirée Lot 49 d'hier, où il y avait plein de trucs à boire mais quasi rien à bouffer. Sinon, rien à voir à première vue, mais Big Fan ne sortira finalement chez Inculte qu'en janvier.

http://blog.reroller.com/wp-content/uploads/2009/02/hangover.jpg



Demain, si Dieu le veut, nous commencerons à parler de la rentrée littéraire.
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dans la nature

Publié le 22 Juin 2009 par F/.

Soyons bien clair : Gallmeister est l'une des meilleures choses qui soient arrivées à la littérature américaine ces dernières années.
Eléments de preuve rassemblés par votre serviteur ici et ici.
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culture, etc.

Publié le 22 Juin 2009 par F/.

Madmen saison 2 : toujours des hommes qui fument, toujours des femmes qui pleurent - douleurs classieuses et stylisées, et les meilleurs dialogues entendus ici-bas depuis les Soprano.



Le nouvel album de Jarvis Cocker, en revanche, évoque tellement David Bowie qu'on ne voit pas très bien pourquoi on n'irait pas réécouter l'original.



Lu enfin, dix ans après tout le monde, le Blankets de Craig Thompson. Eh bien, je me suis emmerdé : Bottomless belly button était dix fois plus émouvant en ce qui me concerne.



Tout le monde répète qu'écrire un pamphlet sur Bernard Werber ne sert à rien. Sans doute. Je passe ma vie à faire des choses qui ne servent à rien. Peut-on rêver plus juste définition de l'existence ? Bref, j'ai emprunté Nous, les dieux à la bibliothèque. L'auteur l'a écrit en écoutant Mike Oldfield. Il est question d'eau gluante, d'une lueur "qui fascine mon âme". Ne nous le cachons pas : ça va être chaud.



A part ça, ça y est : je recherche des lecteurs pour le deuxième tome de la Saga Mendelson.
Les conditions sont inchangées. Je n'imprime pas le texte, c'est pour avant-hier, mais les agréments sont légion.
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un critique, une balle

Publié le 19 Juin 2009 par F/.

Très chouette interview de Bernard Werber sur l'express.fr. Avec la simplicité et l'humilité qu'on lui connaît, l'homme se prête sans tricher au jeu des questions-réponses. On apprend notamment qu'un livre doit avoir un début, un milieu et une fin (putain, je me trompe toujours), que les romans de l'auteur procèdent d'une démarche, que l'auteur aime se mettre en danger dans des situations nouvelles (un peu comme William Gaddis ou Mathias Enard) et que, pour se faire éditer, il faut avoir  : d'abord de l'opiniatreté, ensuite de la chance, enfin du talent (dans cet ordre, précise bien Bernard Werber. C'est dire si le talent a peu d'importance ; voilà qui est somme toute plutôt rassurant). On découvre également que le "il + passé simple" est la choix le plus simple pour écrire. Parmi les autres possibilités, l'auteur évoque notamment l'imparfait : "J'ouvrais la porte et découvrais une femme couchée." Effectivement, ça fonctionne tout de suite moins bien. Des gens qui pensent qu'il écrit mal, l'auteur, lui, pense qu'ils lisent mal. La preuve qu'il est bon : il a eu 17 au bac français (certes, les profs le trouvaient un peu trop "original". Mais c'est de bonne guerre : on sait combien notre société est prompte à étouffer les génies qui s'ignorent). Cependant, et malgré ses performances scolaires hors-normes et le lustre sans pareil de sa production littéraire, Bernard Werber est plus reconnu à l'étranger qu'en France. Pourquoi ? Parce qu'à l'étranger, explique-t-il, on ne juge que la qualité du livre, alors que notre pays est gangréné par le fameux Système Littéraire français - congrégation occulte oeuvrant, on l'imagine, à la destruction systématique de la vraie littérature française de qualité. Bref : on apprend, on se cultive, on s'enrichit - mais est-ce une surprise avec l'Express ? Je vous laisse, je pars me replonger l'Encyclopédie du savoir relatif et absolu, "cocktail détonnant, promet l'éditeur, où chaque information est étonnante mais vraie, où chaque ligne est source de méditation et d'humour", comme ne manquera pas de vous en convaincre la page wikipedia dédiée.

 
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papa j'ai peur

Publié le 17 Juin 2009 par F/.

Voir Coraline avec ma fille était un vrai plaisir. Six ans, fascinée, théâtrale, elle sait parfaitement comment avoir peur : elle se met à trembler, ses yeux s'écarquillent, un murmure s'échappe de ses lèvres : oh mon Dieu, oh non, oh s'il-vous-plaît, oh non par pitié, oh j'ai trop peur.
La dernière demi-heure, elle la passe sur mes genoux. Quelques minutes avant que les lumières ne s'éteignent, j'ai lu que Selick ne recommandait son film qu'aux enfants âgés de plus de huit ans. Trop tard pour quitter la salle ; je sais déjà que ça va être parfait.
Ma fille a peur, authentiquement. Elle se serre contre moi. Pendant quelques années encore, je vais être l'homme de la situation. Celui qui lui caresse les cheveux et qui murmure à son oreille : c'est rien. Tu sais que ça va bien se finir, tu le sais. Elle est courageuse, Coraline, elle ne se laisse pas faire. Et puis regarde ce chat. Il n'est pas comme les autres, hein ? Il est noir, il est très important, tu vas voir : je suis sûr qu'il va l'aider.
Quand nous sortons de la salle, ma fille est ravie. D'abord, elle a a-do-ré le film. C'est bien d'avoir peur, dit-elle. Enfin pas trop. Mais c'est bien parce qu'après, on peut devenir super-courageuse. Maintenant, elle veut rencontrer Neil Gaiman. Tu le connais, papa, Neil Gaiman ? Euh, pas vraiment. Mais on pourrait le voir, non ? Euh, je suppose que peut-être enfin faut voir (il est vrai que nous avons deux éditeurs en commun). Elle opine. Il faudrait que j'apprenne à parler anglais. J'adore son sérieux, sa détermination. C'est sûr, dis-je. Mais pourquoi tu veux le rencontrer, Neil Gaiman ? Elle hausse les épaules : j'ai deux ou trois questions à lui poser.
Comme le roman, le film est un ahurissant catalogue psychanalytique de peurs enfantines - peur des structures qui s'effritent, peur de l'amour maternel dévorant, culpabilité permanente. Telle une araignée au coeur de sa toile, la mère fatale attend : en échange de sa protection, elle exige la seule chose que vous ne pourrez jamais lui donner en quantités satisfaisantes : votre amour. Son amour à elle, son amour gluant et mortifère, il vous étouffe, vous retient prisonnière - elle le tisse sans relâche et le cliquetis de ses doigts métalliques finira, si vous n'y prenez garde, par vous rendre cinglé. 
Coraline apprend aux enfants que les parents ne peuvent être qu'acceptables, médiocres au mieux, et qu'il est nécessaire, voire salvateur, de se débrouiller sans eux. Les parents tapent sur leur clavier d'ordinateur et ne font pas très bien à manger : leur amour réside dans les détails. Grosso modo, ils n'ont pas le temps, ils ne l'ont plus, et surtout pas pour vous. Le temps est l'apanage des enfants. Eux seuls peuvent le perdre.
Oui, peut-être que nous devrions aller trouver Neil Gaiman pour lui demander si sa fille aussi piquait une crise quand il travaillait trop à ses romans, si c'est de cette culpabilité-là qu'est née Coraline - de la certitude que les meilleures histoires, malgré tous nos efforts, ne naissent que des enfants eux-mêmes, de leur solitude, de leur ennui et de nos terribles défauts. Il y avait, dans la sourire de ma fille à la sortie de la salle, quelque chose de cette acceptation sereine : ne t'inquiète pas, papa : je sais bien que tu crains, je l'ai toujours su. Il y avait aussi, dans la douce pression que j'imprimais à ses doigts, quelques grammes de confiance délicate. Ma fille s'appelle Alice, elle adore lire, elle adore avoir peur, l'année prochaine, elle est inscrite à un atelier BD. Qui doit s'inquiéter pour qui ?
Oh, et au cas où vous ne l'auriez pas compris : le film, comme le livre, est un petit trésor empoisonné, une merveille d'onyx et de cendres.

http://www.secrets-de-filles.fr/wp-content/uploads/coraline.jpg
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vraiment sympa

Publié le 16 Juin 2009 par F/.

En effet, je suis le maître Vincent GOMEZ avocat à la cour d'appel de prmeière instance de Cotonou je viens par le présent courriel Vous informer de la part de l'un de vos amis qui est passé par le canal de mon cabinet pour vous remercier de votre gentillesse à son égard vu toutes les aides que vous lui aviez porté dans le passé
Pour ce fait il nous a confié un cheque de 150.000€ (cents cinquante mille euros) qui doit vous parvenir


Cher Maître Gomez,
Je suis ravi, grâce au canal de votre cabinet, de recevoir enfin des nouvelles de ce bon vieux Jean-Désiré. Transmettez-lui, s'il vous plaît, mes amitiés les plus chaleureuses. Pour ce qui est de son offre : c'est très gentil, mais je ne puis accepter. Vous devez comprendre que les choses ont changé ici en France et que ce genre de transaction est désormais assez mal vu. Soyons honnête : il ne s'agissait après tout que de simples armes à feu.
Dites à votre client qu'il existe d'autres filières, et que des jours meilleurs s'annoncent.
Bénin, désormais que tes fils tous unis,
D’un fraternel élan partagent l’espérance.
De te voir à jamais heureux dans l’abondance.



Bien cordialement,
Votre grand ami, FC.

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hors du bois

Publié le 15 Juin 2009 par F/.

Le Veckatimest des Grizzly Bear n'est peut-être pas le chef-d'oeuvre annoncé ici ou là, mais c'est un chouette album - dans la roue du Fleet Foxes de l'année dernière ou du Trials of Van Occupanther des merveilleux Midlake. En matière de pop rurale, comme de nature writing d'ailleurs, les Américains ne pas seulement intouchables : ils sont seuls, intrinséquement. La seule chose qu'on pourrait reprocher à nos ours préférés, au final, c'est leur calme - leur sérénité studieuse. On attendait d'eux un grand disque malade, on obtient seulement un bel album.
A présent, j'essaie de digérer le Bitte Orca de Dirty Projectors - une affaire d'une toute autre trempe dont j'essaierai de parler bientôt si je trouve les mots.


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saga mendelson : graphiste wanted

Publié le 14 Juin 2009 par F/.

Dans le tome 2 des Mendelson, Walter, l'un des fils de David, se met en tête de peindre. L'un de ses tableaux s'appelle "1960-1965".
Je cherche un graphiste capable de réaliser ce tableau afin de le reproduire dans le livre.
Le propos ? Résumer graphiquement les années 1960- 1965 aux Etats-Unis, voire dans le reste du monde. Le style ? Collage à, disons, la Rauschenberg (c'est le premier exemple qui me vienne à l'esprit)- ou tout autre parti pris vous paraissant approprié, sans perdre de vue l'époque, le côté pédagogique, et le fait que Walter n'est pas un grand artiste (même s'il se débrouille). Le résultat ? Une oeuvre malgré tout crédible, un tant soit peu lisible, susceptible d'être reproduite en noir et blanc sur une double page, et dans laquelle on pourrait reconnaître plusieurs "événements", faits marquants et autres symptômes culturels de la période concernée. On pourrait y discerner, par exemple, un satellite, Elvis Presley, l'assassinat de Kennedy, un shoot au LSD, Pyschose, la Guerre du Vietnam, etc. Le tableau servirait de base, dans le roman, à un rapide passage en revue des années concernées, avec des numéros placés sur la toile, et renvoyant en de petits paragraphes explicatifs rédigés par mes soins.
Attention : il n'y a pas de budget de la part de l'éditeur pour ce travail (je ne lui en ai même pas parlé). Vous seriez évidemment crédité(e) dans les remerciements, vous recevriez un ou plusieurs exemplaires du livre, etc. Si vous êtes intéressé(e), je vous invite à me contacter directement : nous verrons ce que nous pouvons faire.
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