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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

one year in the merde

Publié le 28 Mai 2009 par F/.

L'édition va mal. J'ai essayé de ne pas y penser ces derniers temps mais la multiplication des signaux a eu raison de mon flegme légendaire. Les chiffres baissent, incontestablement : placements, sorties caisse, bientôt avances - le seul indicateur en hausse est bel et bien celui des retours. Lorsque les communicants du microcosme arrêteront de brandir les ventes de Fascination, d'Eragon ou de Millenium en guise de cache-misère, on commencera peut-être à prendre la mesure de la situation et à admettre que la surproduction actuelle fait plus partie du problème que de la solution.
Sans aucun doute, il va y avoir des morts : il y en a d'ailleurs déjà. C'est le moment de serrer les dents. Quand le feu est à la maison de ton voisin, disaient les Grecs, la tienne est en danger. 
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big fan (2)

Publié le 26 Mai 2009 par F/.

http://www.londondailypicture.com/images/october_2007/english-breakfast-blackpudding.jpg 

Je rencontre Karen en décembre 1999 au Tesco de Cowley Road - une horreur parallélépipédique en brique rouge où je tue le temps en triant des paquets de chips au vinaigre. Elle est grosse, énorme même, son visage rieur est criblé de taches de rousseur et sa chevelure roussâtre évoque une usine de matériel pyrotechnique en attente d'incendie.

« Je m'appelle Karen, dit-elle. On va travailler ensemble. »

Je repose mon étiqueteur. Salut, fais-je. Bienvenue en enfer.

Elle a noué le tablier réglementaire autour de sa taille. « C'est si terrible que ça ? »

C'est pire, dis-je. Mais avant que nous poursuivions cette intéressante conversation, Karen, je voudrais te poser une question.

Elle m'écoute.

Quel genre de musique écoutes-tu ?

Elle ébouriffe sa chevelure avec un hennissement. « T'es un marrant, dit-elle. On dirait que tout va dépendre de ça. »

Exact.

Eh bien, mon groupe préféré, c'est Radiohead.

Un flash de surprise empourpre mon visage. La Terre vacille sur son axe avant de se ressaisir. Je tends une main à Karen. Soyons amis, dis-je. Alliés, associés, partenaires.

Elle acquiesce gravement.

Je pourrais décrire de long en large cette journée légendaire, chanter les délices du travail dans les stocks, le crissement comblé des emballages plastique ou la danse ferrailleuse des haricots en boîtes.

Je pourrais dire les sourires, les bourrades, les pincements au cœur, je pourrais décrire l'alignement parfait des fromages en tube ou la course essoufflée de l'aiguille des minutes sur l'horloge du vestiaire. Mais projetons-nous plutôt trois semaines en avant : en cette veille de Noël 1999, dans ma chambre sous la mansarde où, sous le doux crépitement d'une averse nocturne et le regard alcoolisé d'un Homère Simpson en mousse gagné deux mois plus tôt lors d'une mémorable fiesta locale, nous célébrons la naissance du Christ en position 69.

« Eh bien, Bill Madlock, tu es plutôt du genre rapide. » Je lui tends la boîte de mouchoirs et elle attrape mon poignet au passage, me fixant de ses grands yeux couleur Wimbledon. « Dis-moi. Dis-moi que ce n'était pas la première fois. »

La première fois que quoi ?

Elle se renverse sur mon lit, ses seins énormes rebondissant joyeusement, et croise ses mains sur son ventre rebondi : « Oh Seigneur. Tu es puceau ? »

Elle rit, m'attire à elle, étouffe mes protestations sous des baisers de vache folle. « Merci, murmure-t-elle. Merci de m'avoir fait ce cadeau. »  

Le lendemain matin, nous descendons pour le breakfast. Ma mère se tient droite, en robe de chambre, les mains crispées sur son bol de café.

Karen la salue d'un hochement de tête. « Mes hommages, madame Madlock. » Regard effaré de l'intéressée.

Naturelle, ignorante, Karen pose une poêle sur le gaz, prend quatre œufs dans le frigo, et une assiette de lard. Puis elle ouvre le placard et sort un troisième bol, tout en sifflotant les premières mesures d'une version militaire d'Airbag.

Ma mère me fusille du regard : je me sers une double rasade de café noir et plonge le nez dans mon bol sans demander mon reste. Une minute plus tard, les œufs crépitent. Mon Dieu, me dis-je : l'avenir est en marche.

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aller voir ailleurs

Publié le 26 Mai 2009 par F/.

La Ligue de l'imaginaire est un collectif de dix auteurs français qui défendent et font la promotion « des littératures de l'imaginaire par le biais de conférences, rencontres, mais aussi d'un prix et d'œuvres de fiction collectives ». Elle compte notamment dans ses rangs Maxime Chattam, Henri Loevenbrück et Bernard Werber.



"On voit l'honnêteté d'un homme au délai qu'il lui a fallu pour se rebranler après le 11/09. Moi ça a été avant que la 2e tour ne tombe."
Merci Henry Michel.


 http://www.leconcombre.com/bax/new/img32/dessin-sempe-03.jpg


Lu sur un forum : Looking at the fantasy section of my bookshelves, most of the shit that's on them is shit I bought in the '90s.  This is mainly because I grew out of the "lol elves" shit the genre churns out on a grand scale.  The only new fantasy series I've gotten into in the past few years is Jacqueline Carey's first Kushiel trilogy, and I readily admit that it ain't for everybody.
What I've actually done is go back and start reading the classics.  Michael Moorcock, Robert E. Howard, Edgar Rice Burroughs, etc.  If you can't find something new, you can at least appreciate what the genre used to be like.



Quand les vieux de chez Pitchfork collent un 3.3 au dernier album de Patrick Watson, vous savez qu'il est temps de revoir un peu vos bookmarks.

 
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circonstance

Publié le 25 Mai 2009 par F/.

You’re sorta stuck where you are But, in your dreams you can buy expensive cars, or live on mars and have it your way And you hate your boss at your job well in your dreams you can blow his head off in your dreams show no mercy And all your bad days will end And all your bad days will end You have to sleep late when you can And all your bad days will end.
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l'art de lars

Publié le 25 Mai 2009 par F/.

Le mépris dont l'a accablé le très sage et conventionnel jury cannois (une palme à Charlotte G. pour évacuer le sujet - imparable), les sarcasmes et les injures dont l'abreuvent déjà, sur la seule foi d'une déclaration d'intention et d'une bande-annonce assez traumatisante, les contempteurs habituels du figaro.fr & Co., la haine générale que semble s'attirer sans effort son réalisateur misanthrope à qui on reproche pêle-mêle sa violence, sa dépression, sa misogynie et sa solitude volontaire me rendent d'emblée Antichrist, la dernière oeuvre de Lars Von Trier, extraordinairement sympathique.
Voilà un film que j'irai voir les yeux fermés. Voilà un homme qui n'a jamais eu peur de creuser son sillon.
On avait parlé, à l'époque de Dancer in the dark, de chantage émotionnel. Personnellement, j'avais chialé volontiers : ce film m'avait à moitié détruit, et j'en étais resté immensément reconnaissant à son auteur. The Kingdom, vu au cinéma dès sa sortie, avait été un choc à peu près équivalent au Lost Highway de David Lynch : quinze ans plus tard, impossible de chiffrer la dette. Je ne parle pas du reste.
Un certain nombre d'êtres humains semblent penser qu'un film, comme un roman d'ailleurs, doit délivrer un message propre, clair et rassurant - qu'un film n'a pas le droit de tromper son spectateur, de le brutaliser, de lui donner le vertige ou de lui cracher à la gueule. Evidemment, je pense exactement le contraire. Rendez-vous dans dix jours.

http://www.europe1.fr/var/europe1/storage/images/decouverte/talents-et-personnalite/cinema/antichrist-de-lars-von-trier/2102783-2-fre-FR/Antichrist-de-Lars-von-Trier_img_234_199.jpg
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big fan (1)

Publié le 21 Mai 2009 par F/.

Si la musique ne te transporte pas, si la musique ne te rend pas meilleur, alors n’en écoute pas. Je pourrais admettre que tu sois fan de Portishead, à la rigueur. Je pourrais accepter Of Montreal, ou American Music Club. Je serais même prêt à tolérer Grandaddy, Midlake ou Massive Attack – c’est dire à quelles frontières s’étend ma mansuétude. Mais The Cure ? As-tu déjà essayé d’écouter Bloodflowers dans son intégralité, mon ami ? Ou Wild mood swings ? Je veux croire que tu t’es égaré. Je veux croire que tu n’as pas la moindre idée de ce dont nous sommes en train de discuter. La musique, bon Dieu. Pas seulement trois ou quatre connards en studio : la musique.

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couleurs

Publié le 20 Mai 2009 par F/.

Il me reprend ces jours-ci de terribles envies d'albums jeunesse : désir de voir se déployer en guirlandes, autour de mes mots, les paysages et les figures d'un(e) autre.
Je vois mes petits grandir, je vois leurs doigts effleurer les pages. Je traîne beaucoup à la bibliothèque, j'emprunte, je raconte. J'essaie de comprendre pourquoi je n'ai pas été foutu de faire aboutir le moindre projet d'album en dix ans. Bon, je n'ai pas souvent essayé non plus. Je crois, en vérité, que j'attends une rencontre. Quelqu'un qui me donne envie d'écrire et à qui je donne envie en retour, simple as that : une communion naturelle et tranquille.
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poids des mots

Publié le 19 Mai 2009 par F/.

Reçu hier : Le Cinquième évangile, de Michel Faber - un type publie un manuscrit antique trouvé dans les décombres de Bagdad et totalement dépourvu d'intérêt, et se met évidemment à en vendre des charettes. J'avais lu le texte sur épreuves il y a quelques semaines et je ne crois pas que Faber suivra le chemin de son personnage : le pitch est juteux mais la démonstration est poussive.
Reçu aussi : Des poupées et des dieux de Paul West, visiblement d'un tout autre calibre (mais trouverai-je le temps d'en parler de façon plus approfondie ? C'est toujours un peu le problème).
Les livres s'accumulent, m'encombrent, me hantent : ceux que je lis, ceux que j'écris, ceux que j'ai écrits et que je reçois, par un curieux mouvement de balancier, en retour, ceux qui me restent à écrire, ceux, aussi, que je n'écrirai jamais - plus envie, pas le temps, plus le moment.
Des murailles se forment, des fossés se creusent, le lecteur que je suis arpente un territoire mouvant, agité de convulsions imprévisibles (il faut, parfois, se décider à lire un livre comme on se déleste d'un fantasme. Faire place nette) et l'écrivain, pareillement, se débarasse de ses peaux mortes.
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terre brûlée

Publié le 18 Mai 2009 par F/.

Revenu des Imaginales un peu plus tôt que prévu : à la place, l'anniversaire de Claro, où je retrouve Mathias E., parti lui aussi de façon précipitée, et la plupart des copains habituels. Minute d'auto-célébration indie-geek : j'ai enfin pu dire à Arnaud Viviant que je l'écoutais il y a quasi vingt ans chez Lenoir et que j'aimais terriblement ça. Le reste se perd dans la fumée des merguez et les volutes du Vanina de Dave, passé littéralement en boucle vers 3h du mat et dont, non, je ne vous épargnerai pas l'écrasante vidéo.  


Sur le salon lui-même, que dire ? D'abord, les amis étaient là : Audrey, Bénédicte, Catherine, Johan, Olivier, Xavier, et les lecteurs aussi, souvent adorables. Ensuite : l'organisation des rencontres scolaires se résuma à un bordel sans nom (une rencontre totalement non prévue, un local totalement non ouvert, et la stagiaire comme fusible - very nice, very nice). Enfin : les littératures de l'imaginaire sont toujours (plus que jamais ?) refermées sur elles-mêmes. Dès la pelouse, le visiteur innocent, s'il existe, découvre des meufs peintes en bleu et des mecs avec des oreilles en pointe - ne manquent plus que Dark Vador et les Teletubbies - et, face à l'entrée, deux ou trois auteurs de littérature générale, dont notre pauvre Mathias donc, sans doute censés conférer à l'ensemble un soupçon de crédibilité transfictionnelle. Ce qui serait gênant, c'est que les auteurs et les éditeurs aillent ensuite se plaindre que les médias généralistes ne leur offrent qu'une visibilité médiocre. Heureusement, ça n'arrive pratiquement plus. 



Sur ce, et sous l'égide vague du dangerous writing d'Amy Hempel et de Tom Spanbauer, je retourne à mon Big Fan. Vivement St Malo.   
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d'accord, allons-y

Publié le 14 Mai 2009 par F/.

Demain, Epinal - le salon pour dire bonjour aux copains et solder les vieux comptes. Il y a deux ans, je me cassais la cheville là-bas : je vais essayer de ne pas trop faire le malin.



Tenté de lire Crack de Tristan Jordis (ma bibliothèque a rouvert ses portes, j'y emprunte les livres que je suis sûr de ne jamais acheter). Décousu, pas très bien écrit, pas spécialement intéressant : un pur produit de rentrée littéraire. Ai donc enchaîné sur Le soldat et le gramophone : déjà beaucoup mieux, putain.


 
Radiohead, radiohead, radiohead, ces temps-ci. Et Ok go.


 
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