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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

la boue et l'or

Publié le 29 Mai 2013 par F/.

Mud : chef-d'oeuvre de simplicité et d'élégance, direction d'acteurs étincelante (ces gamins ! merveilleux !), simplicité et retenue, encore - et l'Arkansas toujours en mouvement capturé à la Steadicam. Un vrai plaisir de retrouver Sam Shepard en ex-marine faux-facho, par ailleurs, ainsi que le très étonnant Ray McKinnon que j'avais littéralement adoré dans Sons of Anarchy. Oh, et Reese Witherspoon est trop craquante dans son incarnation de l'Amérique paumée, et Matthew McConaughey éclipse, par sa sexytude brutale, tous les petits minets blondinets-poupins du monde, suivez mon regard. Mud parle d'amour, bien sûr, de choix & de fatalité, d'entrée forte dans l'âge adulte. C'est un film auquel il sera bien difficile de trouver des défauts (99% d'avis positifs sur Rotten Tomatoes, du quasi jamais vu). Un rappel : Jeff Nichols est né en 1978. Mais le monde n'est pas à ses pieds : il est à la hauteur de son regard.

 

 

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sans Tabou

Publié le 28 Mai 2013 par F/.

Vu Tabou hier soir : film de 2012 signé Miguel Gomes, globalement salué par un concert de louanges mais dont le recours systématique au contrepoint formel s'apparente plus à mes yeux à un système qu'à une réelle nécessité narrative. Une première partie soporifique (une vieille femme perd lentement les pédales à Lisbonne, en dépit des soins attentifs d'une gentille voisine et de sa bonne noire ; il s'avère, à sa mort, qu'elle possédait une "ferme en Afrique" - ça alors ) ouvre sur un second volet supposé enchanteur, et qui s'avère résumable en deux lignes (la belle Aurora, fille de colons portugais, trompe son ennui africain et son mari avec un vaurien blasé, et puis l'amour frappe - tout ça tourne mal). Alors certes, les paysages chatoyants filmés en n&b paisible, les hits pop live qui surgissent comme des gags, la langueur intemporelle des chants et des bruissements d'Afrique et cette voix OFF qui se substitue aux dialogues au point de composer un genre de faux film muet, tout cela est assez inattendu, et même plutôt beau, il faut bien le reconnaître, mais bon : je pensais tout de même qu'on allait nous raconter quelque chose. "Le film atteint son sommet avec la révélation progressive de cette histoire secrète d'adultère et de transgression", explique Télérama. Je ne sais pas ce qu'a pris le journaliste mais j'en veux bien trois grammes, pour le jour où j'essaierai de lire Finnegans Wake d'une traite. Art du décalage, ultra-moderne solitude, Tabou joue sans accroc la partition du film smart et bien habillé, si on est prêt à admettre qu'une histoire peut être un ruisseau gentil et pas nécessairement un fleuve.

 

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le courage des oiseaux

Publié le 27 Mai 2013 par F/.

 

Le Silbo (« sifflement » en espagnol) est le langage sifflé des Gomeros - les habitants de l'île de La Gomera aux Canaries (thanks Wikipedia). Il semble que les Guanches, aborigènes locaux, utilisaient autrefois une forme sifflée de leur langue d'origine berbère. L'espagnol sifflé d'aujourd'hui ne serait qu'une adaptation de cette pratique dans la langue des colons. De nos jours encore, les Gomeros communiquent en sifflant à travers les larges vallées de l'île. Il s'agit d'une langue dans laquelle les différents éléments significatifs sont obtenus grâce à des sifflements de différentes tonalités et de longueurs variables. Malgré un vocabulaire restreint, des conversations entières peuvent être sifflées. C'est la forme de communication au niveau sonore le plus élevé sans aide extérieure (amplification) ; la portée de ces sifflements atteint, dit-on, 8 à 10 km. Tapez "Silbo Gomero" sur youtube et vous tomberez sur quelques reportages édifiants. Par ailleurs, et c'est bien là où je voulais en venir, une chanson enchanteresse signée Féloche est née de ce langage. Pas de meilleur moyen à ce jour d'invoquer l'été.

 

 

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barbares éclairés

Publié le 26 Mai 2013 par F/.

Beaucoup de monde aux Imaginales d'Epinal cette année malgré le temps semi merdique, beaucoup de très chouettes rencontres aussi (hello, Julien, re-salut, Yvan - sans compter tou(te)s ces lect(rices)eurs adorables avec qui j'ai adoré papoter, you know you are, et tou(te)s ce(lles)eux que j'ai raté(e)s ou qui m'ont raté, je suis assez ratable, dirait-on). Plein de copains chez les auteurs aussi, les éditeurs et les attachées de presse. Tel que vous me lisez, en vérité, je m'efforce de résister à mon penchant convulsif pour le name-dropping, mais mention spéciale, quand même, à Marie P., Cassandra O. et Emmanuelle K., que je ne connaissais que de nom, et avec qui j'ai vraiment bien rigolé. A part ça : La Côte de boeuf reste un des meilleurs restaus du centre, Lionel Davoust est un excellent modérateur (on jettera un voile pudique sur d'autres prestations beaucoup moins convaincantes) et je serai curieux de savoir ce que les gens vont penser de cette anthologie Elfes et assassins (oui je sais : snob snob snob) que je ne lirai probablement jamais, attendu que j'ai acheté ceci, qui m'a fout par terre :

 

 

Honte à moi : je n'avais carrément jamais entendu parler des étonnantes éditions Anacharsis, que le toujours très aware François Place m'a fait découvrir par l'entremise de son chatoyant directeur éditorial, Charles-Henri Lavielle. "En hommage à la figure mythique d’Anacharsis, barbare éclairé frotté de philosophie et mis à mort par les siens parce qu’il était soupçonné de vouloir pervertir leurs mœurs ; en hommage à tous ceux qui, au fil des siècles, voulant changer d’œil pour observer leurs prochains, l’adoptèrent pour pseudonyme, les Editions Anacharsis se sont donné pour vocation de publier des ouvrages qui rendent compte des rencontres entre cultures." Le vrai coup de coeur, il était là, en ce qui me concerne - je ne sais pas qui a eu l'idée d'inviter cet éditeur dans les Vosges, mais il/elle a rudement bien fait. Allez faire un tour sur leur site et commandez chez votre libraire, siouplaît, ce ne sont pas les trésors qui manquent.

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comètes

Publié le 26 Mai 2013 par F/.

Une grande actrice est morte il y a quelques mois dans une indifférence quasi générale. Besedka Johnson avait 87 ans ; elle avait été découverte deux ans plus tôt dans le vestiaire d'une salle de gym de Los Angeles. Son seul fait d'armes : un rôle dans un film ayant rapporté moins de $100 000 au box-office américain. Et quel film ! Tourné en grande partie à Van Nuys, Starlet met en scène deux femme que tout, en apparence, oppose. Jane (jouée par le mannequin Dree Hemingway, sidérant de grâce et de naturel) loue une chambre dans l'appartement de Melissa et Mikey, qui fricotent gentiment avec l'industrie du porno. Son meilleur pote, in fine, est un Chihuahua : le Starlet du titre, un peu indolent. Désireuse de redécorer sa chambre, la jeune femme chine des objets dans les vide-greniers du quartier. Au fond d'une thermos achetée trois fois rien à une vendeuse atrabilaire (Sadie, jouée par Besedka Johnson), elle trouve dix mille dollars en rouleaux de billets. Curieuse sans doute, coupable peut-être, elle essaie de gagner le coeur de la vieille femme - quitte à s'imposer dans sa vie. Filmé comme un rêve, Starlet est un petit miracle de légèreté et d'émotion, une ode à la fragilité et à la pudeur portée par deux actrices qui ne savent pas ce qu'elles font. Je n'aime rien tant, je crois, que ces pépites ultra-indie tournées avec trois bouts de ficelle. Sous le ciel vert-filtré de la cité des anges, deux solitudes s'apprivoisent et il est déjà trop tard.

 

 

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back to black

Publié le 24 Mai 2013 par F/.

Je pars à Épinal ce matin. Dans ma tête, vous imaginez bien, c'est déjà l'été.

 

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Ceci étant dit, si vous passez me voir et que vous me dites que vous avez lu ce post, je vous offrirai un bonbon, ours ou crocodile, je ne sais pas encore ; ça nous permettra de briser la glace, et ça mettra un peu d'inter-activité IVL/IRL dans nos vies - elles en sont tant dépourvues.

 


A ce propos, merde - je me demande si je ne vais pas être obligé de revenir sur Facebook. Pour une raison toute simple, en somme : les stats de mon blog ont baissé. Je veux dire, on écrit pour être lu, non ? et force est de constater que ce machin génère du trafic de façon absolument mécanique - à supposer, bien sûr, que vous puissiez vous prévaloir de 4650 amis chers. Autant vous dire que je suis bien embêté. Je suis parti parce que j'en avais marre de me taper des trucs d'écrivains contents d'être entrés dans le Top 100 d'Amazon, des analyses politiques comparant pour la 1794e fois notre président à un produit laitier, des photos fleuries me souhaitant  une merveilleuse journée dans la lumière du Christ-notre-Sauveur et des saillies tongue-in-cheek plus drolatiques que les miennes. En gros : je voulais bien être lu, mais je n'avais plus trop envie de lire les autres. J'ai récemment appris que ce phénomène portait un nom : le vingt-et-unième siècle. On va bien s'amuser.

 

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georges

Publié le 23 Mai 2013 par F/.

Que dire ?

 

 

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sans fond

Publié le 22 Mai 2013 par F/.

Rectify est une nouvelle série américaine terriblement prometteuse qui, allez savoir pourquoi, me rappelle dans l'esprit certains romans de Denis Johnson. Emprisonné à l'âge de 16 ans pour le viol et le meurtre de sa petite amie de l'époque, Daniel Holden est libéré pour vice de procédure après avoir passé dix-neuf ans en prison dans le couloir de la mort. Son retour à Paulie, Georgie, ne se fait évidemment pas sans mal. Difficultés d'ajustement, dira-t-on. Sa famille, qui tente de faire bonne figure, est partagée entre doute, amour et incompréhension. Certains habitants de la ville, par ailleurs, restent persuadés de la culpabilité de Daniel. Série gothique au sens sudiste du terme (la quête de rédemption du personnage central n'est rien d'autre, semble-t-il, qu'une tentative de réappropriation du réel, qui le conduit à mélanger passé et présent, quotidien et fantasmes), Rectify prend son temps et lacère la perception du nôtre. La première saison ne compte que six épisodes. Une seconde vient d'être signée.

 

 

 


 

 

Synchronicité involontaire : il y a quelques jours, j'ai pu enfin regarder Into the abyss de Werner Herzog. Le cinéaste interviewe deux détenus (l'un condamné à mort, l'autre à quarante ans de prison) inculpés pour un triple meurtre au Texas, ainsi que les familles des victimes, le père d'un détenu, sa femme, un bourreau, etc. Les derniers entretiens menés avec Michael Perry, le condamné à mort, sont enregistrés huit jours avec son exécution par injection létale. Le jeune homme a trouvé Dieu, semble-t-il. Il laisse un trou béant derrière lui, une sorte de soleil noir auquel personne ne semble en mesure de donner un sens. Filmé d'une main presque tremblante, Into the abyss vaut avant tout par les questions du cinéaste et les silences qui leur succèdent. Ce n'est pas vraiment un film contre la peine de mort. C'est un film sur l'incompréhension, le néant, l'irréductibilité d'un certain mystère. Dans une interview à Paris Review, le metteur en scène ne dit pas autre chose : "I had a discourse in London, a public discourse, and the title of it was “Filming the Abyss: Paleolithic Caves and Death Row.” In a way, both are looking deep into abysses. A cave is looking into an abyss of time that is unfathomable, or almost unfathomable, and filming on Death Row really was filming into the abyss of the human soul."


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téléphone maison

Publié le 21 Mai 2013 par F/.

Mince, les gens, je crois que j'ai besoin qu'on soit gentil avec moi quand je regarde un film. Je crois que j'ai besoin que le film m'explique clairement de quoi il parle - bien que, dans le même temps, je sois désespérément amoureux de l'état de confusion provoqué par n'importe quelle série B merdique foulant allégrement cette règle d'or du pied. On sait bien que la vie n'est pas simple.

 

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Bref, hier après-midi, on a regardé Dark Skies, film qui raconte l'histoire d'une famille qui pourrait être la vôtre, si vous étiez assez cinglés pour prendre un crédit sur trente-cinq ans dans l'espoir de vous fondre dans la middle-class républicaine du trou du cul du monde (libre). La famille Barret possède donc un chouette pavillon dans une banlieue résidentielle nickel, bourrée de voisins fachos et ultra-soupçonneux, ainsi que de chiens nécessairement germaniques. Problème : des extra-terrestres lui rendent visite. En tout cas, c'est ce qu'on s'emploie à nous faire croire, à grands renforts de signes et de présages bien lourds - atelier d'art plastique improvisé dans la cuisine à la Rencontre du 3e type, pluie d'oiseaux morts, crises de somnambulisme filmées-mais-fuck-la-caméra-ne-marche-pas, etc. Au bout d'un moment, les enfants se réveillent même avec des marques sur le corps. Alors ça, ça craint, c'est bizarre, et ça sent les services sociaux (qui sont annoncés, d'ailleurs, mais ne se pointent jamais - le scénariste avait cours de krav-maga). Le père ne gère pas la situation comme le ferait un honnête homme blanc. Précisions qu'il est au chômage et que les factures s'accumulent. Ah, le nul. Aurait-on affaire à la chronique d'une mauvaise intégration sociale, suivie de la dépression réglementaire et de son inéluctable dénouement, le meurtre au fusil à pompe ? (La mère s'en tire à peine mieux mais au moins, elle a un boulot : elle est donc moins suspecte.) Au bout d'une trentaine de minutes, tandis que l'aîné des kids commençait à mater des films porno-soft et à parler mal à ses parents, je me suis dit : d'accord, c'est une métaphore sur l'adolescence, et comment les enfants vous échappent, et comment ils deviennent des saloperies d'E.T. incompréhensibles malgré le fait que vous ayez passé quinze ans de votre vie à leur lire des histoires d'oursons gourmands et à confectionner des muffins pour la fête de l'école. ATTENTION : SPOILER AHEAD ! Eh bien en fait non : il y avait vraiment des extra-terrestres. Vraiment, j'ai de plus en plus de mal à comprendre le cinéma américain d'aujourd'hui.

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Miny Pointue n’a peur de rien

Publié le 20 Mai 2013 par F/.

Miny Pointue n’a peur de rien : ni des dragons, ni de la nuit,

Ni des fantômes qui braillent au loin

Et encore moins des chauves-souris.

 

Pour une petite fille vampire, elle porte déjà très bien son âge :

Toutes ses dents, ça va sans dire.

Et pas une trace de bronzage.

 

Ses deux parents l’aiment beaucoup et à vrai dire on les comprend

C'est chouette quand elle vous saute au cou

Et boit votre sang en ricanant.

 

Souvent, hélas, la demoiselle prend un petit peu trop de place,

Et on a beau être immortel

Au bout de trente ans on se lasse

 

Allongé dans son grand cercueil, le père de Miny réfléchit

Et si pour pallier cet écueil

On l’envoyait en Roumanie ?

 

En Roumanie, quelle bonne idée ! se réjouit aussitôt la mère

On aura qu’à lui annoncer

Pour son centième anniversaire !

 

Trois jours plus tard, au crépuscule, notre Miny fait sa valise,

Le voyage s’annonce assez nul,

Elle aurait préféré Venise.

 

Ne t’inquiète pas, disent ses parents, tu vas voir, tu vas adorer,

Et puis on s’écrira souvent

Mille ans vraiment c’est vite passé.

 

Et voici Miny dans son train, en route pour la Transylvanie,

Un coin où d’après les Roumains,

La nuit jamais ne se ternit.

 

Dans sa valise, une seule adresse : celle du grand-oncle Dracula

Celui qui lui tapait les fesses

Quand elle volait des chocolats.

 

Heureusement, songe la fillette, tout ça c’est quand j’étais bébé,

Maintenant je suis mega-choupette

Je suis sûr qu’il va m’adorer.

 

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