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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

three days in the life

Publié le 29 Janvier 2014 par F/.

A Lausanne pour une soirée de présentation éditeur. More on this later, comme on dit. Sur ma table de travail, deux livres : Le Poète de Michael Connelly (jamais lu celui-ci ; 200 pages déjà, intéressant, disons, distrayant, moral) et Le dernier amour de Kafka, consacré à Dora Diamant - pour un projet futur que je préfère ne pas évoquer encore. Oh, l'amour de cette femme pour son Franz ! L'absolu déchirement des derniers jours à Berlin, l'odeur des cerises, le regard trop clair. Et puis le soupir ultime, l'immobilité, la fin. La femme blessée, perdue, abandonnée près de la tombe dans le cimetière - terrible ! Et la question de la foi, lancinante. La question de l'abandon de Dieu, si pregnante chez Kafka.

 

 

Hier, cinquième journée dans des collèges de Cholet, plutôt marrante. C'est la première fois de ma vie que je récite l'alphabet à l'envers, que je chante "ô mon bateau" en public, que je répète dix fois panier/piano et que j'explique à des élèves l'utilité de la formule (a-b)(a+b) = a2-b2. Demain : passage au collège de ma fille, à deux pas de chez moi, pour un atelier d'écriture. Vendredi : autre collège, autre projet, puis PSG - Bordeaux au Parc avec fiston pour décompresser un peu. WE à Tours pour boire et manger des trucs en famille. Deux jours à la Rochelle ensuite. And so on.

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all about her

Publié le 27 Janvier 2014 par F/.

 

Je me disais que je connaissais un peu cette ville : moitié Los Angeles, moitié Hong Kong, les deux endroits au monde où j'aimerais vivre, où je rêverais de vivre - où je vivrais de rêver. En vérité, Spike Jonze a glissé des vues de Shanghai dans sa métropole alanguie, je n'étais pas fou, et her, en cet écrin, palpite telle une sidérante histoire d'amour du 21e siècle avancé. Fraîchement divorcé, Theodore Twombly, concepteur ennuyé de lettres factices, tombe amoureux at first sound d'une OS qui n'est qu'une voix (celle de Scarlett Johansson). On le voit couché, au balcon, dans son salon, au bureau, ou déambulant dans une ville sans fin, parlant seul - comme tout le monde désormais -, souriant et courant pour personne en apparence, tourné vers elle, en fait, nichée dans son oreille - la voix rauque, sensuelle & doucement amicale, la déesse omnisciente mais si fragile et potentiellement éphémère. On peut créer un monde de SF plus convaincant, plus intense que celui de n'importe quel blockbuster inepte avec dix fois moins d'argent. On peut écrire une histoire autour d'un homme, les images dans sa tête, les souvenirs, et la voix au milieu de rien, et le rien autour qui s'étend. On peut produire du vertige et de la mélancolie en laissant simplement respirer les choses. Tout fonctionne au ralenti à présent, la ville, le monde, la joie et la terreur d'être en vie n'ont plus leur place et si angoisse il y a, c'est l'inquiétude insidieuse du vide infini qui palpite entre les mots, entre les gens, les buildings - un vide sidéral et une beauté foudroyante, l'essence même de ce film quasi idéal. Les travellings paisibles empoisonnés à l'ennui, le visage apeuré de Theodore qui découvre l'amour, sa moustache tremblante, sa solitude complète et la musique, quelques notes - Arcade Fire, Karen O, gouttes de piano et griffures de guitare - tout compose une ode à la fin du monde et à l'exil abstrait.

 

 

Il y aurait tant à dire sur ce film troué d'échappées lumineuses (la mer, la nature, un ailleurs filtré, l'existence sans nous) qui nous montre en creux ce que nous sommes, tant à dire sur les voix qui nous illusionnent, et comment nous avons créé cet univers second et terrible qui n'a rien à nous offrir sinon l'écho de nos vides - mais les mots qui pourraient décrire notre futur n'existeront jamais, et c'est bien là le problème, et c'est en ce manque lancinant, cette poétique de l'impossible que réside la déraisonnable splendeur de her.

 

 

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bientôt...

Publié le 23 Janvier 2014 par F/.

 

 

 

 

 

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tu aimes les glaces, canard ?

Publié le 23 Janvier 2014 par F/.

Plutôt déçu par Room 237 en fait : sans en attendre monts et merveilles, j'espérais tout de même quelques analyses éclairantes. Las ! A deux ou trois exceptions près, les élucubrations des intervenants brillent moins par leur imagination délirante que par la conviction un peu inquiétante avec laquelle ces derniers tentent de les défendre. Moi aussi, je peux *prouver* que Shining est une métaphore éclairée de la politique intérieure américaine des cinquante dernières années. Par contre, j'aurais aimé un peu plus d'explications sur ça :

 

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ce qui ne vous tue pas

Publié le 20 Janvier 2014 par F/.

Un jour, il faudra réellement que je prenne le temps de dresser l'éloge collectif de la collection Terres d'Amérique, dirigée par Francis Geffard, dont je reçois les livres avec avec une plaisante et métronomique régularité. Rien à jeter parmi ces titres, et certainement pas Toutes les choses de la vie de Kevin Canty, petit bijou d'élégance et de simplicité qui dit la vie (les échecs, le cancer), l'amour (la mort, le Montana), et les combats (la rédemption, le doute) tissant la trame d'existences périlleuses et douces. "La sensation de rêve ne le quitte pas même dehors, dans le parking, même sur l'autoroute. Les phares allumés, l'après-midi qui s'assombrit, il a l'impression qu'il pourrait tendre le bras et le percer de sa main, comme du papier mouillé." Une histoire grande comme une cause perdue.

 

 


"Les publications mentionnées à l'article 1er ne doivent comporter aucun contenu présentant un danger pour la jeunesse en raison de son caractère pornographique ou lorsqu'il est susceptible d'inciter à la discrimination ou à la haine contre une personne déterminée ou un groupe de personnes, aux atteintes à la dignité humaine, à l'usage, à la détention ou au trafic de stupéfiants ou de substances psychotropes, à la violence ou à tous actes qualifiés de crimes ou de délits ou de nature à nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral de l'enfance ou la jeunesse", prévient une superbe loi française de 1949. Heureusement, Nos étoiles contraires n'est pas un roman français. On pourrait croire qu'il parle de cancer et d'amour encore mais non, bien sûr que non : il parle de joie. C'est un bijou - & le livre préféré de ma fille.

 

 


 

"En revanche, tout ce que j'ai écrit d'autre (textes imprimés dans des revues, manuscrits, lettres), tout cela sans exception, pour autant que cela puisse être accessible ou récupéré en demandant aux destinataires (tu les connais pour la plupart, il s'agit de Madame Felice M. , de Madame Julie née Wohryzek et de Madame Milena Pollack, surtout n'oublie pas les quelques cahiers qui sont entre les mains de Madame Pollack) - tout cela doit, sans exception et de préférence sans être lu (je ne t'interdis pas d'y jeter un coup d'œil, même si je préférerais que tu ne le fasses pas, en tout cas personne d'autre ne doit y jeter un coup d'œil) - tout cela sans exception doit être brûlé et je te prie de le faire le plus tôt possible."

Franz Kafka

[Et heureusement, en matière de dernières volontés, Max Brod n'était pas trop un homme sur lequel on pouvait compter.]

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old story

Publié le 19 Janvier 2014 par F/.

(Re)vu avec plaisir le Rebecca du grand, de l'immense Alfred H., le premier film de sa période américaine sur lequel plane l'ombre envahissante de David O. Selznick. Il est clair que le maître n'avait pas encore les pleins pouvoirs sur ce coup-là, que le script lui a quelque peu échappé. La fin du film, pour des raisons, disons, morales, est notamment différente de celle du roman de Daphné Du Maurier. Joan Fontaine, qui a quitté ce monde il y a quelques semaines seulement, obtint une nomination pour l'Oscar du meilleur rôle dans son interprétation de la nouvelle Mrs. de Winter ; elle ne le remporta pas (Laurence Olivier non plus), au contraire du film lui-même (le seul film primé du grand Hitch, un fameux scandale). Judith Anderson, qui incarne la gouvernante, offre une interprétation saisissante et fut nominée elle aussi, pour le meilleur second rôle. C'est une femme de théâtre au terrifiant visage d'albâtre et à la filmographie assez irréprochable.

 

 

La partition sirupeuse de Franz Waxman (qui a signé les B.O. d'innombrables films, notamment Sunset Blvd.), est terriblement présente, envoûtante, même - on aime ou on se crispe, personnellement, j'adore. Et puis il y a quelque chose d'incurablement magique dans ces vieux films, les truquages, le jeu outré des acteurs, leur diction parfaite, leurs gestes au millimètre, qui vous rappellent que tout ceci est faux, que tout ceci est une création minutieuse, un jeu féérique et presque parfait (il y a plus de poésie et de grâce dans un seul de ces "presque" que, au hasard, dans les 161 minutes du Hobbit de Peter Jackson.)

 

 

Et la maison, bien sûr, Manderley, loin de tout, la maison qui brûle, sépulcre de "feue" Mrs. de Winter, coupable d'avoir trop aimé la vie, la maison rêvée où l'on ne revient pas, parce qu'on ne l'a jamais quittée.

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"et puis je voulais te dire" : un point.

Publié le 15 Janvier 2014 par F/.

Rappel : le principe du projet "parlez à vos morts" est résumé ici. Il n'est pas gravé dans le marbre mais, pour des raisons de cohérence, j'aimerais autant qu'il soit respecté. Les morts doivent être humains et réels, je le précise. Pas d'animaux ni de récits imaginaires. Quant au fait que les textes soient réécrits (une déclaration mal accueillie par certaines personnes sur FB), il s'agit, de mon point de vue, d'une nécessité absolue. Je rappelle que ce projet est destiné à publication, et je rappelle qu'écrire est un métier. Ici, c'est moi l'éditeur, et je dois gérer un certain nombre d'auteurs "débutants", peu familiers avec l'exercice - la plupart, par ailleurs, sont ravis à l'idée d'avoir un retour, comme je le suis moi-même lorsque j'envoie un roman ou une nouvelle. La question de l'authenticité de la "voix" me semble superfétatoire dans la mesure où on se trouve ici dans le domaine de l'écrit, de la transposition d'une pensée, fût-elle adressée à un(e) autre. Certains textes seront très peu retouchés, d'autres plus, c'est le jeu et, si cela ne vous convient pas (je peux le concevoir), rien ne vous oblige à participer. Ceci étant posé, j'ai reçu une douzaine de contributions fermes à ce jour, et des dizaines de propositions et de déclarations d'intention pour la plupart très touchantes. J'espère qu'elles vont se transformer en textes définitifs dans un avenir proche. Pour être honnête, je n'ai fait pour l'instant que survoler la plupart des contributions. Bien souvent, les larmes me sont venues aux yeux. Merci, merci vraiment à ceux qui m'ont contacté.

 

 

Maintenant, j'ai besoin de plus de textes, bien sûr. Beaucoup plus. Plusieurs éditeurs se sont déjà manifestés : des petits, des gros. J'en ai deux en tête, actuellement, mais je garde ça pour moi, et je communiquerai sur le sujet quand j'aurai des éléments concrets à présenter. En attendant, passez le mot. Si le principe vous semble intéressant mais que vous n'avez pas envie d'écrire - pour quelque raison que ce soit - peut-être connaissez-vous quelqu'un que l'aventure tentera. Plusieurs participants ont souligné qu'écrire les aidait et participait d'un certain processus cathartique. Tant mieux. J'espère que ce livre sera à la hauteur de la confiance qui m'est témoignée.

 

Une adresse : projet_morts@yahoo.fr

Une deadline : 1/4/2014.

 

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death and all his friends

Publié le 15 Janvier 2014 par F/.

Passeurs de mort sort le 5 février chez Flammarion. "Lorsqu’elle chausse les lunettes léguées par son oncle, Angel n’en croit pas ses yeux : elle peut maintenant voir le passage de la vie à la mort. Mais qui sont donc les étranges membres de la famille Cooper ? Et qu’ont-ils à voir avec les inquiétants employés qui accompagnent les esprits aux portes de la mort ? Il lui faudra accepter les conditions du jeune et énigmatique Brandon Cooper pour trouver ses réponses." Oh, et vous pouvez lire le début (voire le télécharger, si vous êtes du genre foufou) ici-même.

 

Passeurs-de-mort.jpg

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trois P●ints c'est tout

Publié le 15 Janvier 2014 par F/.

J'étais à Cholet hier et lundi, j'y poserai mon sac encore la semaine prochaine et la suivante itou pour des rencontres fort intéressantes (de mon point de vue du moins) consacrées à un travail d'écriture - avant d'enchaîner sur deux jours à La Rochelle, trois/quatre interventions dans le collège de ma fille, une réunion à Lille, une autre en Suisse, une plaisante rafale de déjeuners pro et le début du projet A l'école des écrivains autour du Syndrome Godzilla et de John Fante, le tout d'ici fin janvier. L'avantage des voyages en train, quand un cadre de 36 ans rasé de frais n'essaie pas de se convaincre - et le reste de la rame avec - que sa vie professionnelle a un sens en beuglant comme un putois dans son smartphone (auquel cas je passe au casque et Win Butler prend le relais, ou Fever Ray, ou Feargal Sharkey, ou n'importe quel chien fou préférant les arbres ou le sexe ou quoi que ce soit de vivant au cac 40 et ne sentant pas obligé de prononcer les mots "power point" entre chaque inspiration nerveuse), c'est qu'on peut lire, et bien, et longtemps. Quelques conseils de mid-week chez P●ints : d'abord, et à prix amical, la sortie en poche du monumental La Symphonie des spectres, dont je vous ai déjà chanté les louanges en ces pages (chef-d’œuvre hanté, messieurs-dames, le genre d'autobiographie grimée qui met son personnage principal à la torture et convoque à la surface les esprits des profondeurs), ainsi que celle d'A l'Ombre du mont Nickel, *roman pastoral* moins connu et moins ambitieux peut-être mais qui, sous ses atours de simplicité trompeuse, met en évidence le précieux savoir-faire de Gardner et rappelle, si besoin était, que le sujet préféré des Américains demeure eux-mêmes, leurs béances & leur pesanteur, leur volonté farouche d'avancer et le paysage dressé autour - le jugement minéral de Dieu. Si vous ne connaissez pas Gardner, précipitez-vous, et revenez m'en dire des nouvelles : c'est l'un des auteurs américains majeurs des années 70-80, un "descendant désaxé" de Hawthorne travaillé d'intuitions philosophiques aussi brouillonnes que passionnantes. P●ints toujours : la très belle édition du Karoo de Steve Tesich, un grand livre cynique et tordant initialement paru chez Monsieur Toussaint Louverture, dont le discernement littéraire n'est plus, et on s'en réjouit, le secret trop bien gardé d'antan. "C'est un peu comme si j'avais été tiré au sort pour servir de refuge aux maladies", déclare en ouverture le terrible et délicieux Saul Karoo. Et le lecteur, ravi, de se renfoncer dans son fauteuil sourire aux lèvres tandis que son double franchit gaillardement les portes de l'hôpital...

 

 

 

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Pour l'amour d'Ethan Jokes

Publié le 11 Janvier 2014 par F/.

C'était dans les tuyaux depuis pas mal de temps, et voilà : je suis bien content que le diptyque Arcadia connaisse une seconde vie chez Bragelonne grâce à Stéphane Marsan, l'homme sans qui je n'écrirais sans doute pas aujourd'hui - l'homme à qui, donc, vous pouvez envoyer vos lettres d'insultes. Arcadia a été réécrit deux fois, mais pas modifié en profondeur. C'est toujours le même roman dingue et baroque, un poème vibrant, coloré et glorieusement naïf, composé en 1998 dans une cave du 5e arrondissement entre rades étudiants, voyages éclairs à Londres et achats compulsif d'ouvrages consacrés à l'art préraphaélite. Je garde une tendresse infinie pour ce roman et pour cette époque - David C., Mathieu G. & tous les autres, quelque chose était en train de grandir, de mûrir, de mourir, ceux qui ont connu la période Multisim savent de quoi je parle. Les autres - je croise les doigts - découvriront un monde de peintres fous et de chevaliers hallucinés, un monde tendrement désespéré où fermentent, difficile de ne pas le voir, les germes de mes obsessions futures : pulsions créatrices, fin du monde et transmutation douce.

 

Arcadia

 

Sortie le 19 février dans le cadre du Mois du Cuivre Bragelonne.

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