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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

couleurs

Publié le 30 Septembre 2010 par F/.

L'écriture du tome 3 des Etranges Soeurs Wilcox est quasi terminée, du moins en ce qui concerne le premier jet. Comme (presque) toujours, les périodes de satisfaction intense ont alterné avec les phases de doute morose. Je crois que j'envie les écrivains capables de servir, à leur éditeur, un manuscrit "fini" sur un plateau : moi, j'ai besoin qu'on me dise qu'il y a des problèmes, qu'on me mette des coups de pieds au cul. Certainement, quelque chose d'assez infantile  palpite au coeur de ce besoin. Mais je ne peux m'empêcher de penser qu'ici, en France, les romans de nombreux écrivains "pour adultes" manquent cruellement d'un regard extérieur - de même que certains albums manquent d'un producteur digne de ce nom. Sont-ils censés être du-premier-coup-parfaits ? Cette constatation me ramène à une discussion sur le numérique que j'ai pu avoir hier soir avec une sympathique journaliste : en termes de travail éditorial, la perspective d'être seule maître à bord ne me stimule nullement et, en vérité, n'est pas loin de m'horrifier. 

 


 

April Smith sans filet, c'est quand même autre chose que Carla Bruni :

 

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age of adz

Publié le 28 Septembre 2010 par F/.

J'y reviendrai bien sûr si je trouve le temps <rires du public, cymbales> mais posons d'emblée le constat : The Age of Adz, le nouvel album de Sufjan Stevens, est bien à la hauteur des espoirs qu'on avait fini par - ahem - oublier de placer en lui. Une merveille, rien de moins, qui reprend les choses là où Illinoise les avait laissées, electronica et fanfares déglinguées en sus. Kid A + choeurs angéliques, si vous préférez : ce type plane toujours cent coudées au-dessus de la concurrence.

 

http://www.thefrontloader.com/imagesforblogs/album_covers/Sufjan%20Stevens%20Age%20of%20Adz.jpg

 


 

Période onirique intense, ces temps-ci : un bateau fait naufrage, je suis dans un autre bateau, nous recueillons des rescapés, je les alligne un à un sur le pont et à un moment, il n'y a plus de place, alors je dois laisser les gens se démerder, i.e. mourir. Peut-être que j'écris trop de livres. Peut-être que je ne fais pas assez attention à certaines personnes. Signalez-vous.

 


 

Enthousiasme très réconfortant des gens d'Albin Michel jeunesse pour Bal de Givre..., à paraître en janvier. Marion J. m'appelle pour me parler de ce qui se passe, de ce qui est en train de se passer, de ce qui va être fait. Contrairement à ce qu'elle semble croire (mais on connaît mon don naturel pour la jubilation), j'apprécie énormément ses coups de fil : cette femme a un don avec les auteurs, avec moi en tout cas et la pudeur - ainsi que la quasi certitude qu'elles vont tomber sur ces lignes à un moment ou à un autre - m'empêchent de m'étendre ici sur les sentiments de respect et d'amour mêlés que m'inspire également mon éditrice. Un beau roman, je ne sais pas, mais une belle histoire.

A propos : si quelqu'un est très motivé par ce livre et veut en parler absolument avant tout le monde, il me reste un jeu d'épreuves.

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des ailes

Publié le 26 Septembre 2010 par F/.

Marrant de se retrouver à animer une table ronde Los Angeles à Vincennes avec Richard Lange et Dan Fante (tous deux réellement adorables) alors même que je me trouve en pleine réflexion pour Cut, mon polar-to-be chez Sonatine, à propos de cette ville, justement, si méconnue dans l'ensemble et si mal-aimée des Français. Marrant et éclairant : le lien particulier qui m'unit à L.A.., imbibé d'intuitions rêveuses et d'investigations littéraires, paraît plus fort que jamais, à tel point qu'il n'est pas impossible que certaines questions posées à mes invités, je m'en rends compte à présent, me fussent en réalité prioritairement destinées.

 

http://farm3.static.flickr.com/2161/2312736476_e3732bda4b.jpg?v=0

 


 

Je n'ai pas fait grand-chose à ce festival à part ça. Quelques mots échangés avec l'adorable Claire Messud, un dîner partagé avec - entre autres - le fantastique Craig Johnson, qui est en train de devenir un copain... et basta. L'idée même d'aller aborder Bret Easton Ellis pour l'interviewer en 10 mn chrono m'a soudain paru épuisante, pour ne pas dire plus. Autre délire : jeudi, je serai à Atout Livre pour aller voir Billy Corgan.

 


 

Je pose la question : que peut-on attendre de ce monde si les Gunners se mettent à perdre à domicile ?

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habillé pour l'hiver

Publié le 25 Septembre 2010 par F/.

Eh bien donc, finalement, un certain journaliste très influent d'une certaine radio très connue aurait aimé Bal de givre à New York, ce qui augure du meilleur pour la suite. Je dis "finalement" parce que les prémices du roman, semble-t-il, peuvent déconcerter. Ceci étant, je suis assez content d'être parvenu à écrire une histoire que certains réévalueront à l'aune de ses quatre dernières pages. Si, comme moi, vous avez la détestable habitude de lire la fin d'un livre avant toute le reste, cette fois, s'il vous plaît, abstenez-vous.

 

baldegivre.jpg

 

 


 

Cet Allemand - et son ahurissant premier album - gagnent définitivement à être connus.

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anges et disparition

Publié le 24 Septembre 2010 par F/.

Ami parisien ou affilié, tu aimes la littérature, tu aimes l'Amérique, tu aimes les auteurs américains, tu rêve d'échanger trois mots avec Bret Easton Ellis ou d'aller fumer une clope avec Dan Fante (comme je tenterai moi-même de le faire ce soir lors de l'inauguration, bien que je ne fume pas) ? Le festival America te tend les bras.

Moi-même qui te parle, j'y animerai une table ronde sur Los Angeles dimanche midi, au lieu de bruncher comme un crevard. Tous les détails ici et ici.

 

 


 

 

J'étais à Strasbourg hier soir, et je suis allé voir Simon Werner a disparu, un petit film français assez honnête qui brille surtout par sa bande-son (on est dans un lycée, en 1992, les jeunes écoutent Sonic Youth et Killing Joke, c'est quand même beau, l'imagination) et se présente avant tout comme un jeu / une réflexion sur la narration : à partir de la disparition éponyme, le spectateur est invité à élaborer une multitude de scénarios, que les récits, les présentations subjectives des personnages impliqués rendent bien entendu successivement caducs. Quelqu'un, ici, en parle beaucoup mieux que moi.

A part ça, j'ai un cousin qui s'appelle Simon Werner et qui est au collège, c'est ce qui s'appelle ne pas avoir de bol. 

 

http://nerdalors.fr/wp-content/uploads/2010/08/Simon-Werner.jpg

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eh bien si

Publié le 23 Septembre 2010 par F/.

Bibliothèques idéales - Table ronde à Strasbourg : « Vive la littérature fantastique » avec Anne Plichota, Cendrine Wolf, Bernard Werber et Fabrice Colin, à la médiathèque Malraux, à 15h. Inutile, je pense, de vous faire un dessin.

 


 

Dîner en famille avec Mike hier soir. Restaurant indien assez incroyable. Nous apprenons beaucoup de choses intéressants sur les femmes en général, et Josiane Balasko en particulier - qui est fan de SF et héberge un auteur connu. Un producteur / réalisateur célèbre veut prendre une option sur Elric (my lips are sealed). Marrant comme ce genre de choses revient régulièrement sur le tapis.

 


 

On m'invite en Asie. Enfin, je sais pourquoi j'écris.

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super / ordinaire

Publié le 21 Septembre 2010 par F/.

Devant l'afflux immodéré de demandes pour l'édition coquillée de La Vie extraordinaire des gens ordinaires (je constate au passage que certains préfèrent un livre gratuit à un livre payant, fût-il dépourvu de fautes, bravo, merci, vive la France), la procédure devient la suivante : vous m'écrivez un mail (on trouve mon mail sur mon site - même moi, j'y arrive), je vous envoie mon adresse, vous m'adressez une enveloppe A4 affranchie à 3 15 et, avec un peu de chance, vous recevez le livre, clap-clap, cymbales et tout ça.

http://adalana.files.wordpress.com/2010/07/fabrice-colin-la-vie-extraordinaire-des-gens-ordinaires.jpg

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help me i'm in hell (Bret Easton Ellis n'en a pas terminé)

Publié le 21 Septembre 2010 par F/.

Parution il y a peu dans l'Express d'un article d'une rare indigence consacré au Suite(s) Impériale(s) de Bret Easton Ellis. Autant on pourrait ergoter sur le plébiscite inconditionnel et souvent pauvrement argumenté (et pour cause - mais nous y reviendrons) dont le dernier opus du soi-disant "enfant terrible" des lettres américaines semble être parfois l'objet, autant ce style de papier torché à la va-vite en dit largement plus long sur son propre auteur que sur le roman incriminé. De toute évidence - le premier paragraphe en témoigne - André Clavel n'a jamais pu sentir et encore moins comprendre B.E.E., la coqueluche des yuppies (sic), dont le Moins que zéro aurait fait en son temps les délices d'une génération "définitivement perdue". Hasard, fatalité ? Ce que Clavel se plaît par la suite à fustiger en termes, on le suppose, soigneusement choisis, est de façon assez précise le thème même du roman : les personnages sont fadasses - des zombies (le titre français, faut-il le rappeler, d'un précédent recueil de nouvelles de l'auteur) - et l'intrigue passablement confuse. Dans le même ordre d'idées, on pourrait sans doute reprocher à Raskolnikov ne pas être "très sympathique", ou à la trame du Procès de ne pas donner "beaucoup d'indices" au lecteur. Clavel, on l'imagine, aurait préféré un bon petit polar à la Agatha Christie ou, au minimum, des protagonistes combatifs, habités de valeurs, prêts à défendre des idéaux. En même temps, ne l'oublions pas, on est dans l'Express - le journal qui ne cède jamais au "matraquage publicitaire", lui, et les fans auto-proclamés d'Ellis ne lui rendent pas toujours de meilleurs services.

S'il est si difficile, pour le meilleur ou pour le pire, de parler sans cliché des romans de B.E.E., c'est parce que leur sujet - le présent déréalisé, l'affaissement d'un certain Occident, prenez une ligne, cochez la case - informe en permanence nos existences (Informers : le titre américain duquel Zombies a été tiré, on notera la différence de point de vue) avec une accuité presque lassante. Oui, les personnages, en général, vieillissent mal. Ancienne icône Disney métamorphosée en mama trash, Britney Spears est, vingt ans plus tard, accusé de harcèlement sexuel par l'un de ses gardes du corps. Bret Easton Ellis, assurément, aurait pu créer cet archétype bi-dimensionnel ; d'une certaine façon, et par la grâce d'une prophétie auto-induite, il l'a fait. Aujourd'hui, la remplaçante de Britney s'appelle Lady Gaga et affirme, avec une sorte de méta-cynisme candide, qu'elle n'en a "rien à foutre de l'argent". The (freak) show must go on. Bret Easton, lui, déclare ne plus s'intéresser à la jeunesse.

Soyons honnête : la première réaction, à la lecture de Suite(s) Impériale(s), ne peut être qu'une légère déception. Le vertige métaphysique sécrété par Lunar Park s'est transformé en simple vestige horizontal. Les personnages n'ont pas changé, les dialogues non plus : le monde est simplement devenu un peu plus paranoïaque, un peu plus violent et un peu plus dangereux. La noirceur, progressivement, avale le monde, se substitue à lui. Le discous, en contre-attaque, se dépouille jusqu'à l'os. Personne ne sait, comme Bret, conférer à des échanges du type "- Des amis m'ont amené. - Des amis ? Félicitations" le soupçon de terreur émotionnelle requise pour dire la banalité du mal. Il y a, dans Les Lois de l'attraction, une scène où un médecin incompétent, appelé au chevet d'un garçon en OD, replie son stéthoscope et prononce avec assurance la mort du patient, alors même que le patient en question s'efforce de protester. "Si, t'es mort, réplique alors un personnage. Boucle-la." B.E.E. n'ausculte pas le cadavre de l'Amérique : il prend acte qu'en dépit de toutes les apparences, la bête parvient à remuer encore. A donner le change.

 

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Comme Fitzgerald, qui savait souffrir lui aussi, Bret Easton Ellis creuse inlassablement le même sillon. Les variations subtiles de sa prose, le malaise lynchien de la vacuité par ses soins mise en scène (les premières minutes de Lost Highway - cassette mystère, échanges maléfiquement stériles - auraient pu être écrites par ou par B.E.E.), ne sont détectables que par ceux que le sujet et l'auteur intéressent. Les autres restent sur le quai, ou se délectent en aveugle des innombrables imitateurs ou suiveurs - de Beigbeder à Coupland - qui, par leur présence même, accréditent l'importance majeure du phénomène. Bret n'écrit pas de grands livres : il écrit des livres importants décrivant une spirale descendante, et personne mieux que lui ne se chargera de ce job maudit.

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with a little help from my friends

Publié le 20 Septembre 2010 par F/.

L'écrivain éprouve, de temps à autre, un violent besoin d'amour. Dans le meilleur cas, l'éditeur compatissant lui affirme que ses livres se vendent. Pas autant qu'avant, bien sûr - c'est la crise, tu comprends, et il y a vraiment beaucoup de titres - mais quand même. Hélas, trois fois hélas ! Quand l'ego souffre, les chiffres ne sont rien. Dressé face à l'océan démonté, l'écrivain hume le vent du large, pressentant le fumet de l'inévitable désaveu. Qu'un lecteur critique son oeuvre et le fragile muret par lui-même édifié volera, il ne sait bien, en éclats. Une solution existe ; elle passe par facebook. Interceptez le document assassin et mettez-le en lien sur votre page. Fendez-vous, en guise d'accompagnement, d'un commentaire laconique prouvant votre courage et votre humilité : "eh bien non, figurez-vous, tout le monde n'aime pas ce que je fais." Voilà, c'est dit. Silence ébahi. Les messages de soutien, en toute logique, ne devraient pas tarder à affluer ; le pauvre gus qui aura cru judicieux de dénigrer votre oeuvre se fera refaire le portrait en deux temps trois mouvements : il sera taxé d'aigreur, d'incompétence, d'un mélange des deux qualités rehaussé d'une pincée de mauvaise foi consternante (ou de racisme, ou de misogynie, si vous avez de la chance). Fourches et torches seront rapidement brandies. On vous rassurera. On vous tapera sur l'épaule. On vous indiquera des pages plus clémentes et des tueurs croates bon marché. Expédition punitive, qui en est ? Un pâle sourire aux lèvres, vous tenterez de minimiser la gravité de la situation : "ne vous énervez pas les copains, ce n'est pas si important. Et puis, vous savez, si on y réfléchit bien : ce type a peut-être un peu raison." Protestations farouches des friends, irrités par votre passivité coupable. Keu-wah ? Ce connard décérébré ? Vous vous retirerez sur la pointe des pieds, auréolé d'une aura de génie inconscient, atrocement doué pour le martyre. Les autres continueront à s'exciter sans vous. Des commentaires anonymes seront postés sur le site ennemi ; un hackage sauvage sera peut-être perpétré. Vous ne serez déjà plus là. Vous aurez raison. Une oeuvre vous attend. De nouveaux amis. 

 

http://www.webcarnews.com/ressources/articles_dir/article_id4159/lunettes-noires-homme-audi-copie.jpg

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merci nancy

Publié le 20 Septembre 2010 par F/.

Super salon du livre à Nancy : le public, venu en masse, était excessivement amical, voire chaleureux, voire, euh, eh bien, super, and I mean it. Les Soeurs Wilcox se sont trouvées de nouvelles amies et moi itou, en la personne, notamment, d'Elisabeth Sebaoun de Bayard, et de Claire Clément, de Bayard aussi - j'ai promis de ne pas donner les noms. J'ai mangé du foie gras, puis j'ai couru, puis j'ai couru encore, avant de remanger du foie gras. On pourrait penser que tout ceci ça n'a guère de sens ; je ne vais pas essayer de vous convaincre. Mais il y avait du soleil, et la place Stanislas brillait. Merci aux libraires de l'Autre Rive, à Claude notamment, à Erik, à Stéphane, à la merveilleuse Caroline W., et à Laurence G., bien sûr, pour son hospitalité.

 

http://www.ici-c-nancy.fr/site/images/stories/fruit/livre%20sur%20la%20place.jpg

 


Ah ouais : les super-excitants XX ont remporté le Mercury Prize (alors que The Wild Beasts figuraient dans la sélection, mais passons) avant d'annoncer qu'ils n'étaient pas très sûrs de faire un nouvel album. Ne vous forcez surtout pas, les gars.

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