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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

ozons

Publié le 17 Juin 2010 par F/.

J'ai différé, autant que possible, le moment où s'achèverait le merveilleux et terrible voyage. CosmoZ fait partie de ces romans trop rares que vous ne lisez pas mais qui se racontent à vous, malgré vous, à travers vous, vous laissant au coeur, une fois l'ultime page tournée, la marque brûlante de leur absence. La vie est dite, la grande messe païenne, cinq décennies barbares vues, subies, chantées et souffertes par une poignée de martyrs condamnés aux rêves, à l'errance et aux embrasements inéluctables. Il va me falloir un peu de temps pour digérer tout ça. Une fois terminé, CosmoZ réclame d'être posé. Ferme les yeux, lecteur, ferme les yeux et respire tant que tu le peux encore. Tu ne sais plus où tu es, et ce lieu où le grand vent t'a déposé, ce nulle part au provisoire silence, c'est le monde où nous vivons. Ce roman n'est pas une carte, il est le territoire : indéchiffrable, empli de ténèbres. Bonne chance aux critiques ; partir les yeux bandés ne serait pas moins sûr. 

Cliche-2010-06-04-12-23-56.jpg

De quoi parle-t-on ? De tout. Rien ne saurait, dans ce Kansas-là, se réduire à la stricte recension, à l'analyse pseudo pertinente, aux dithyrambes de rigueur : nous nous trouvons, rappelons-le, au coeur d'une tornade, tour à tour dispersés, écrasés, transportés, étourdis. Une chose est certaine : le dernier roman de Claro, à paraître le 18 août chez Actes Sud, est un chef-d'oeuvre littéraire comme on n'en voit éclore, peut-être, qu'une fois tous les dix ans. C'est l'histoire d'un voyage, le voyage de l'Histoire, un poème truculent, d'une tendresse insupportable, procèdant par convulsions, reptations et folles métamorphoses ; on reconnaît très vite, bien sûr, le sceau mortel des grands livres, des livres-monstres, écrasants d'intelligence et de courage. Mais ne vous leurrez pas : vous pleurerez, plus souvent qu'à votre tour, vous pleurerez en riant, vous chanterez, vous avancerez au hasard, gorge serrée, et vous pleurerez encore et toujours, sur le siècle, sur les hommes, sur la folie de ce monde - le seul qui nous reste, semble-t-il, le seul que nous soyons capables de réinventer et de détruire sans cesse au son d'hymnes dissonants, brisés, de préférence chantées en c(h)oeur. Certains romans vous donnent envie de crier "bravo", d'autres de dire "merci" mais quand un livre est les deux à la fois, c'est la gratitude qui l'emporte, et vous savez qu'elle restera, comme son objet, comme l'auteur de son objet.

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g@rp 19/06/2010 21:43


Et la version de 1910 est dans le domaine public. On la trouve ici :
http://www.archive.org/details/The_Wonderful_Wizard_of_Oz


g@rp 19/06/2010 21:40


Allez, cadeau : un aperçu.
http://www.youtube.com/watch?v=UFpVsTuOpK8


g@rp 19/06/2010 21:33


Il y en a qui n'ont jamais vu le Magicien d'Oz ???


Jérôme 18/06/2010 20:21


J'ai cru comprendre qu'il y avait pas mal de références au Magicien d'Oz. Si oui, est-il préférable de le lire (ou voir) avant CosmoZ ?


Anne Sophie 18/06/2010 10:26


j'attend de pouvoir le lire avec impatience :)