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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

La Réunion (6)

Publié le 18 Avril 2014 par F/.

Fin de mes interventions hier soir. Je ne vais pas décerner des bons points, mais mon passage au collège Le Bernica, à Saint-Paul, était tout bonnement un prodige d'organisation et d'enthousiasme.

Pour fêter la fin de mon périple, l'incomparable Gino - qui en vérité est bien plus qu'un chauffeur : un ami - nous a invités à dîner chez sa copine, dans les hauteurs de Trois-Bassins. La copine en question, une pré-sexagénaire alsacienne d'une gentillesse assez surnaturelle, habite une case labyrinthique où s'épanouissent chatons, margouillats et Nephila inaurata placides (je vous laisse chercher sur Google, ça vous fera la surprise). Nous avons mangé un carry aux patates douces qui avait apparemment mijoté toute la journée. Ah, le plaisir de déambuler nuitamment sur l'herbe mouillée du jardin de Marie-Paule, parmi les phasmes et les étoiles ! Et le fantôme de Pierre Bottero était là, quelque part, souriant comme à son habitude.

Retour à minuit. J'espère qu'on pourra bien continuer à écouter Free Dom en métropole. Dès qu'on monte en voiture, les enfants réclament la radio, désormais. Je peux vous dire que c'est autre chose que France Inter.

Aujourd'hui : glandouille masque-tuba à l'Ermitage. Demain : départ pour Salazie, le nord et l'est de l'île. J'ignore si je pourrai poster de là-bas.

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Hugo. 27/04/2014 00:03

Hello. Je ne suis pas encore un de vos lecteurs passionnés mais ça ne saurait tarder. Mes multiples voyages entre ces milliards de liens internets m'amènent sur ce blog par hasard. Enfin, pas exactement. Je regardais la vidéo de l'hommage rendu à Pierre Bottero le 29 novembre 2009 au salon de Montreuil, 21 jours après sa mort. Envie soudaine de partager une nouvelle fois ma peine toujours aussi présente avec d'autres lecteurs en détresse. L'émotion est toujours aussi intense. Votre nom et votre prise de parole lors de ce salon m'ont particulièrement interpelé, allez savoir pourquoi. Je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer Pierre. Je m'en voudrai toute ma vie. J'ai 17 ans, je n'ai pas acquis une culture littéraire digne de ce nom, mais je sais pertinemment que son œuvre continuera de marquer ma pensée, ma vie. Alors je vous écris, ce soir, par nostalgie oui, mais aussi par besoin. Le besoin de partager avec quelqu'un qui l'a connu, qui a connu son sourire, son humour, qui possède la trace indélébile que Pierre laisse en nous. De laisser ces mots naître sur ce clavier en sa mémoire. Vous le connaissiez bien, et sans doute vous a-t-il confié quelques-uns de ses secrets. Peut-être même se pourrait-il que vous possédiez des réponses à certaines des innombrables questions que nous, communauté intime et fière de plus ou moins jeunes lecteurs perpétuant sa mémoire, nous posons. Sur lui, et sur ses livres. Sur le personnage du Pacte des Marchombres auquel Pierre présentait l'envie de consacrer un livre, par exemple.

Il n'est pas mort, nous le savons tous. Tant qu'Ellana, Ewilan, Shaé, Nawel et tous les autres continueront à dévoiler leurs aventures à travers les livres de Pierre, il vivra.
Voilà, il est minuit, je ne sais toujours pas pourquoi j'ai exprimé le besoin de libérer tout cela ce soir en particulier, mais cela m'a fait du bien.

Merci infiniment d'avoir pris le temps. A bientôt à travers vos livres. Bonne soirée.


Putain de moto.

F/. 27/04/2014 09:30

Hugo, j'étais à La Réunion il y a deux jours encore - un endroit où Pierre est venu deux fois, où nous avons passé 10 jours ensemble. J'ai beaucoup discuté avec mon chauffeur (c'est ce que j'explique dans mon post), qui était aussi le sien et qui a très mal vécu sa mort, si je puis dire. Nous avons parlé du fait que ni lui ni moi n'avions effacé le nom de Pierre de notre répertoire téléphonique. Et de tout le reste.
La Vie extraordinaire des gens ordinaires est dédiée aux filles de Pierre. Je préfère les vivants. Les morts vivent leur vie de mort dans un continent lointain auquel nous n'avons pas accès. Mais Pierre est différent. Pierre a créé son propre continent. Pour cette raison, je ne me suis toujours pas fait à l'idée de sa mort.
Je suis hélas au regret de vous dire que je ne suis dépositaire d'aucun secret, sinon ceux empruntés à d'autres - je pense à Nabokov, notamment : "le peu que je sais ne pourrait être exprimé à l'aide de simples mots."
Dans une librairie de Saint-Denis j'ai rencontré deux autres jeunes fans, guère plus âgés que vous. Je suis heureux et admiratif de la façon dont Pierre a ainsi pu peupler son monde. Et heureux aussi que vous ayez pu trouver l'occasion d'exprimer ici votre tristesse, votre joie, votre considération pour ce grand bonhomme.
A bientôt ici ou ailleurs - vous savez que vous pouvez aussi m'écrire en privé.