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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

la nuit et l'aurore

Publié le 9 Janvier 2014 par F/.

 

Et puis je voulais te dire, la suite : je suis ravi, et plus qu'étonné, à vrai dire, de l'intérêt suscité par le projet lancé hier ici-même. A ce jour, j'ai déjà reçu trois messages d'éditeurs et d'autres vont arriver, j'en suis certain. Surtout, de nombreux amis, amis d'amis, anonymes, connaissances, vieilles connaissances parfois m'ont témoigné leur soutien avec une gentillesse insigne et fait part, pour certains, d'un engagement de principe (qui, je l'espère, verra le jour sous une forme plus aboutie) et pour d'autres, de propositions concrètes. Les textes fermes qui m'on été envoyés sont, comme prévu, bouleversants. Pour nombre d'entre vous, c'est l'occasion, sans doute, de dire quelque chose qui n'a pu l'être et qui reste difficile à formuler. L'anonymat, le fait de participer à un projet plus vaste, tout cela peut aider, il me semble. Parfois, c'est l'occasion d'en finir avec le mort en tant qu'objet de colère ; à d'autres moments, c'est l'espoir d'entamer une relation nouvelle.

 

 

"D'ici quelques heures, il allait se réveiller du rêve de cette vie. [...] Peut-être allait-il renaître sous un autre aspect, séparé des autres comme il l'était maintenant. Ou bien - un espoir qu'il n'osait envisager - en mourant, en sautant de l'autre côté, il allait réaliser que le temps n'existait plus ; et il allait se perdre dans le courant de l'existence." Voici un extrait du livre que je lisais et sur lequel je méditais au moment où j'ai eu l'idée de Et puis je voulais te dire. Il parle de Leon Tolstoï et de sa relation à la mort. Cette lecture n'est pas fortuite. Il y a, au coeur de mon projet, l'intention à la fois vaine et suavement indispensable de poursuivre un dialogue interrompu, tranché net par une lame blanche. Mais une discussion peut se passer de réponse comme elle peut s'inscrire "hors" du temps. Les morts ne s'embarrassent pas de début et de fin. Ils sont, tout simplement, et c'est parce que nous ne savons pas trouver de nom à cet ailleurs a-temporel qui est leur royaume que leur disparition nous paraît si désespérante & définitive.

 

 

Continuez, s'il vous plaît, de faire connaître cette initiative sur les réseaux et ailleurs : plus j'aurai de textes, plus le livre sera beau, chatoyant - un diamant noir. Les textes, questions et propositions peuvent être envoyés sur mon adresse mail, pour ceux qui la connaissent, sur FB, ici-même (le "contact" au bas de la page) ou sur projet_morts@yahoo.fr

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vers chez les morts

Publié le 8 Janvier 2014 par F/.

 

J'ai eu une idée de livre étrange, cette nuit. Je ne sais pas encore à quel éditeur je la destine, je ne sais même pas si elle est viable. En fait, ça ne dépend pas de moi : ça dépend de vous. Je m'explique :

Il s'agit, dans les grandes lignes, d'un projet participatif. Titre provisoire : "Et puis je voulais te dire..." L'idée est de s'adresser aux morts. A la cohorte silencieuse et anonyme des morts qui gisent au fond de nous, avec lesquels des liens existent encore, et à qui nous n'avons pas tout dit.

Le principe est le suivant. Vous choisissez un mort. Peu importe qui, peu importe quand il est mort. Il peut s'agir d'un parent (ex. : votre grand-père). D'un ami (ex. : une camarade d'école). De quelqu'un de connu (ex. : Fiodor Dostoïevski). D'un parfait inconnu (ex. : ce clochard que vous voyiez tous les hivers). Vous racontez : 1) quel est votre lien à ce mort, votre histoire commune. 2) les circonstances du décès. 3) où vous étiez à ce moment-là, ce que vous étiez en train de faire, comment vous avez appris la nouvelle. 4) ce que vous voulez dire au mort (attention : le texte doit être rédigé à la seconde personne).

Exemple avec ma grand-mère : 1) J'ai passé un grand nombre d'étés chez toi, je me souviens d'une certaine journée, dans le jardin de ta maison, je revois la lumière dorée, les papillons, je sens encore l'odeur des tomates fraîches. 2) Tu es morte à 96 ans à l'hôpital, quelques jours après que je t'ai rendu visite - les causes de ton décès sont peu claires, disons : arrêt cardiaque consécutif à un épuisement général. 3) Je devais dormir quand c'est arrivé ; je m'apprêtais à partir en vacances, c'est ta fille - ma tante - qui m'a appelé en pleurs. 4) J'avais plein de questions à te poser dont je vais devoir imaginer les réponses, maintenant. Et tu me manques plus souvent que je l'aurais pensé. Dis donc, c'est comment, là où tu es ? Tu sais, je ne te vois pas comme un fantôme. Je te vois comme une personne qui aurait déménagé sur une île inacessible.

Evidemment, j'ai grandement résumé. Vous pouvez prendre la place que vous voulez. Vous pouvez écrire comme vous voulez. De toute façon, sachez-le, je réécrirai. C'est l'une des idées centrales du projet, sur laquelle je ne transigerai pas : le livre doit pouvoir se prévaloir d'une unité de style. Il doit ressembler, in fine, à un vaste chant polyphonique.

 

 

FAQ

 

- Quelle forme doit prendre ma contribution ?

Celle d'un simple fichier Word ou RTF adressé à l'adresse suivante : projet_morts@yahoo.fr.

 

- Est-ce que ma contribution sera anonyme ?

Oui, et non.  Votre prénom apparaîtra en ouverture de votre contribution, et celui du mort sera mentionné dans le corps du texte (y compris s'il s'agit d'une personne connue ; chacun pourra alors deviner de qui il est question, et peu importe.)

 

- Est-ce que j'ai toute la place que je veux ?

Disons qu'une "bonne" longueur est comprise entre 5 000 et 10 000 signes, mais tout se discute. Je me réserve le droit de couper.

 

- A quel point mon texte sera-t-il réécrit ?

Tout dépend de la façon dont vous l'écrirez vous. Peut-être que je réécrirai quasiment tout. Peut-être que je laisserai pratiquement comme c'est. Mais j'y toucherai, c'est certain.

 

- Et si ça ne me convient pas ?

Je vous présenterai le texte final avant, et vous serez libre de vous rétracter si vous ne vous y retrouvez pas.

 

- Est-ce que je serai payé ?

Non. Mais vous recevrez un exemplaire du livre, et l'avance que je percevrai sera reversée à un organisme caritatif - a priori une association de lutte contre le cancer.

 

- Qui peut participer ?

Tout le monde. C'est-à-dire pas seulement vous, mais quelqu'un de votre famille, un ami, éventuellement un enfant, etc. Spread the word ! Plus l'éventail des propositions sera large, plus le livre sera bizarre et beau.

 

- Est-ce que je peux vous parler de mon idée avant ?

Oui. Et même, je préfèrerais. Quelques mots suffisent - une sorte de déclaration d'intention.

 

- Est-ce que ma contribution sera nécessairement prise en compte ?

A priori, oui. Sauf si elle est hors-sujet, ou totalement inintéressante, ou qu'elle ressemble trop à une autre - d'où l'intérêt d'en parler avant.

 

- Et si aucun éditeur n'est trouvé ?

Je vais attendre de recuillir quelques textes et je parlerai très vite du projet aux éditeurs que j'ai en tête. Si je vois que ça ne mord pas du tout, je l'annoncerai ici-même le plus rapidement possible.

 

- Et si je suis éditeur et que ça m'intéresse ?

Parlons-en.

 

- Quels sont les délais ?

J'aimerais recueillir TOUS les textes avant le 1er avril 2014.

 

- Où est-ce que je peux vous parler de ce que j'ai en tête, ou vous poser des questions ?

Sur Facebook, sur Twitter ou en cliquant sur "contact" tout en bas de cette page.

 

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se faire des films

Publié le 6 Janvier 2014 par F/.

Vus ces derniers jours, par ordre croissant de préférence :

 

4. Les Fils de l'homme, d'Alfonso Cuarón. Adapté d'un roman de, wait, P.D. James ???, un film linéaire et brouillon, ai-je eu le temps de noter entre deux bâillements, doté d'un argument aussi épais qu'un contrat d'édition de nouvelle : le monde est frappé de stérilité, une femme est enceinte, il faut confier l'enfant au groupe Renouveau Planétaire qui saura quoi faire, lui. A part ça ? Cours, Forrest. Certes, le plan-séquence quasi terminal où Theo (coucou le sous-texte catho) se faufile à travers les ruines en évitant les balles est assez hallucinant, mais tout se passe précisément comme si Cuarón (qui ne se privera pas d'enfoncer le clou avec Gravity) ne cherchait qu'à sidérer le spectateur. Accessoirement, le Theo en question aurait pu ramasser une arme.

 

3. Prisoners, de Denis Villeneuve. Dans un quartier résidentiel très (euh, trop) pluvieux de Pennsylvanie, deux fillettes disparaissent à deux pas de chez elles. L'inspecteur Loki, mal secondé, mène l'enquête. Un suspect un peu arriéré est rapidement arrêté, puis relâché faute d'éléments probants. Persuadé qu'il sait quelque chose, Keller Dover, le père de l'une des gamines, le séquestre pour le faire parler façon Guantanamo. Hé, les gars, il y a Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal dans ce truc, ça devrait vous suffire, non ? Moi, en tout cas, ça m'a suffi : Prisoners est un film noir et lent comme un serpent sous morphine, hanté par la permanence du mal et traversé de questionnements éthiques pas simples. Tendu, poignant, efficace.

 

2. Le Congrès, d'Ari Folman. Cet OFNI-ci, j'aimerais pouvoir le résumer de façon exhaustive, mais ça impliquerait de ma part une compréhension totale. Or, j'ai lâché l'affaire aux 2/3. Pas grave. Adapté d'un roman de Stanislas Lem et co-produit par cinq pays courageux, Le Congrès parle d'amour et de réalité (d'amour de la réalité, aussi), d'immortalité et de renoncement, usant d'un étonnant mix entre animation et prises de vue réelles. Oh, et la partie animation est un trip visuel à faire passer Lewis Carroll pour un sénateur UMP spécialisé en financement intermédié. Bras écartés, Robin Wright plane sur cette rêverie déchirante avec un spleen d'impératrice. Autiste et génial - comme si Matrix rencontrait Le Roi et l'oiseau et lui faisait un gosse.

 

1. Frances Ha, de Noah Baumbach. OK, j'étais déjà platoniquement amoureux de Greta Gerwig après l'avoir vu galoper comme une tordue sur le Afterlife d'Arcade Fire (la vidéo la plus bêtement revigorante de l'année écoulée), et ça ne s'est pas du tout arrangé avec cette petite merveille sucrée, à mi-chemin entre le Woody Allen des débuts et la magie noir & blanc des meilleurs films de la Nouvelle Vague. C'est l'histoire d'une amitié qui se délite, c'est l'histoire de Frances Halladay qui traverse la vie comme une comète sans rien brûler - en l'illuminant seulement. D'elle - et du film - il se dégage une grâce légère et tout à fait irrésistible. Une ode désinvolte à la jeunesse, sur fond de Bowie, Modern Love, quoi d'autre ?

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in it for the money

Publié le 4 Janvier 2014 par F/.

Ainsi, tout ou presque ce que raconte Le Loup de Wall Street - les bacchanales corporate, le yacht qui fait plouf (seul le nom a changé : le Nadine est devenu le Naomi), l'addiction aux Quaaludes, serait vrai, serait possible : le film est basé sur les mémoires de Jordan Belfort, écrites après son inculpation en 1998 et l'emprisonnement subséquent - 22 mois de prison et $110.4 millions à rembourser, siouplaît. Formellement, le nouveau Scorsese est un chef-d'œuvre, quelque part entre Casino et Tarantino, une succession de morceaux de bravoure le plus souvent hilarants traversée de brefs éclairs glacés, comme ce moment où l'une des employées de Stratton Oakmont accepte de se faire raser la tête en échange de quelques milliers de dollars. A l'instar d'American Psycho, LLWS souligne le lien fondamental entre libéralisme et prédation, entre flux monétaire et flux sanguin (la scène où le personnage principal pleure des larmes de sang est, à cet égard, presque convenue), et montre à quel point l'argent peut, non seulement déshumaniser les hommes (ça arrive assez vite) mais, surtout, les rendre étrangers à tout : la justice, et l'amour sous chacune de ses formes. Magistralement incarné par Leonardo di Caprio, qui prouve, si besoin était encore, qu'il est l'un des plus grands acteurs américains en activité, Belfort doit prendre des drogues en permanence pour booster son système, autrement dit : il doit tricher, et c'est ce qu'il fait sans relâche, avec tout le monde, parce que, très simplement, il n'existe plus d'autre façon pour lui de fonctionner. Scorsese maîtrise son opéra baroque comme on lance un navire rutilant sur une mer démontée : d'une main sûre, mais en sachant exactement comment l'histoire va se terminer. Si le spectateur jouit, si le spectateur aimerait, lui aussi, ne plus prendre le métro, si le spectateur estime qu'il peut vendre n'importe quel stylo à n'importe quel trouduc et que ça va rendre sa vie meilleure (la scène finale, sidérante, avec ce lent travelling sur une assemblée d'agneaux prêts à se transformer à leur tour en petits carnassiers minables), c'est son problème, assurément, et pas celui du film. En un sens, Le Loup de Wall Street est un grand porno moraliste, qui préfigure l'effarante partouze des années 2000 - aux dernières nouvelles, la plupart des protagonistes vont bien, merci pour eux. Que ce bijou ait été mal "compris" ou, mieux, ait pu être interprété comme une glorification du mode de vie yuppie en dit évidemment bien plus sur ses récipiendaires (qui ne s'attendaient sans doute pas à ce que les personnages prennent autant leur pied) que sur un réalisateur qui, film après film, poursuit avec un talent immense son travail de ténébreux magicien.

 

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manger (1)

Publié le 3 Janvier 2014 par F/.

Au 27 rue Descartes dans le 6e, à un jet de pierre du lycée Henri IV (quartier dans lequel j'ai longtemps trainé mes guêtres mais dans lequel je ne mets presque plus les pieds - hier soir, j'ai pu constater que La Bodéga était toujours là, ainsi que l'inoxydable bar des Pipos), le Saigon Pantheon a ouvert en septembre dernier à la place d'un autre restaurant vietnamien visiblement trop cher et forcé pour cette raison de mettre la clé sous la porte. Son successeur ne connaîtra pas le même sort. Depuis quelques semaines (et une spectaculaire 14e place au classement Trip Advisor, sur près de 11 000 tables, quand même), il ne désemplit pas. Succès amplement mérité pour ce qui s'avère, en toute simplicité, l'un des meilleurs restaurants asiatiques de Paris. Aux fourneaux, la mère concocte des merveilles délicates aux saveurs surprenantes (recettes secrètes - a priori, vous n'arriverez pas à faire ça chez vous), tandis que le fils, au service, conseille des vins plus qu'honnêtes. Deux menus, l'un à 19€ (entrée, salade, plat, dessert), l'autre à 25€ (deux entrées et deux salades) permettent de goûter à un large éventail de saveurs - la carte change toute les semaines. A la fin du dîner, la cuisinière, charmante, vient faire le tour des tablées pour recueillir les avis. Eh bien, c'est un régal - on conseillera notamment le rouleau de printemps au magret de canard, la salade de lotus et crevettes et l'inévitable bœuf La Lot.

 


 

Portions parfaites, déco chic mais pas ostentatoire, service très agréable, un peu d'attente par contre mais largement récompensée - vous l'aurez compris, la réservation est quasi obligatoire.

 

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off with his head, man

Publié le 2 Janvier 2014 par F/.

 

Rappel : en souscrivant au  Rituel de décapitation du pape, non seulement vous apportez votre contribution à une œuvre qui s'annonce spectaculairement unique (relecture de l’histoire de la contre-culture américaine à travers le récit des Freaks de Los Angeles, dont le message sera par la suite transfiguré dans l’œuvre de Frank Zappa - plus de détails if you dare to click) mais, de surcroît, vous mettez la main sur le munificent coffret du Dispositif, soit 4CD de 52 épisodes que vous ne trouverez jamais en vente nulle part (vous comprendrez pourquoi, à double titre, une fois que vous aurez plongé), une fresque mouvante et indescriptible qui ouvrira le champ de votre perception au moyen d'un couteau en flammes, ouaip.

 


 

Si vous trouvez un truc pop-rock plus convaincant, ces temps-ci, que le Minotaur des Thee oh sees, à mi-chemin entre les Shins et les Pixies d'un Temps Rêvé, merci de vous adresser à Dieu, qui transmettra.

 

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